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Magali Marcheschi est chargée d’enseignement au département de mathématiques et de génie industriel

Magali Marcheschi est chargée d’enseignement au département de mathématiques et de génie industriel

«C’est l’histoire de comment j’ai commencé à travailler dans les arts de la scène. Je travaillais dans une compagnie qui faisait de la forge et j’étais une contractuelle envoyée par le Collège Lionel-Groulx. J’étais avec le directeur de la formation continue du collège lorsqu’une personne a appelé et a demandé : « Je cherche pour le Cirque du Soleil un ingénieur mécanique qui est pédagogue et qui connait les arts de la scène. » À un moment donné, le directeur s’est énervé et a dit : « Comment tu veux que je trouve un ingénieur mécanique… » et voilà, c’est là qu’il a répété « ingénieur mécanique » avant de raccrocher. Je lui ai dit : « Mais, moi, je suis ingénieur mécanique, mes parents ont un théâtre, et j’ai une maîtrise en pédagogie ! » Donc, en fait, j’ai démarré au Cirque du Soleil comme ça. Je suis entrée par le Collège Lionel-Groulx parce que mon collègue s’est énervé. Sinon, je travaillais en forge, en industriel. J’étais ingénieure mécanique à la forge. Ça l’a été rigolo, quoi ! J’étais professeure de mécanique au collège et on donnait des cours comme ça. Ce que j’aimais, c’était que j’allais dans différentes entreprises et j’étais à mon compte. Mes parents ont un théâtre, mais je n’avais jamais voulu travailler là-dedans. Ce qui était marrant, c’était que mes parents trouvaient ça bien, ce que je faisais et tout, mais ils ne comprenaient rien. Mes parents ont un théâtre, mon frère était directeur technique, mon petit frère était traducteur de films. Enfin, je n’ai pas du tout le même profil que la famille. Donc, après, j’ai appelé mes parents en disant : « Vous ne me croirez pas, mais il y avait un budget du Cirque du Soleil pour le Collège Lionel-Groulx, il m’est attribué et c’est moi qui vais monter le programme de gréage. » Je suis devenue la spécialiste de gréage au Québec. Je suis devenue ingénieur spécialiste et c’est juste parce je cherchais un contrat et que j’étais face avec la personne qui a dit : « Je ne trouverai jamais ça ! » et que j’ai dit : « Mais ouais, je suis là si tu veux ! ». Nous avons regardé le site web de mes parents, il a vu ce que faisait ma famille et il a dit que « C’est exactement ce dont on a besoin ! » Après, on a lancé le gréage. Il y a un certificat qu’on fait ici, à Polytechnique, en Technologies des Arts de la Scène. Je reviens de là justement, je donnais un cours là-dessus. On a lancé un mouvement qui est maintenant super fort ! On est dans les meilleurs gréeurs au Canada. On réussit toutes les certifications. Chaque fois, on obtient 100 %, alors que la moyenne de réussite d’examen au niveau nord-américain est de 60 %. La certification, c’est le ETCP et c’est environ 70 % des gens qui la réussissent du premier coup. On a vraiment développé une compétence ! C’est devenu ma spécialité, alors que je n’avais pas prévu faire ça du tout. J’étais ingénieure manufacturière et j’avais toujours fait des automobiles ou des camions. Je travaillais chez Paccar avant. C’est vraiment différent ! C’est une histoire triste, mais je m’étais blessée au dos là-bas, donc je me suis dit que j’allais faire ma maîtrise en pédagogie et profiter de ce congé de maladie pour finalement me transformer en un nouveau truc. Paccar m’a laissé partir parce qu’il y avait une réduction de personnel. Finalement, j’ai trouvé ça bien : le Cirque du Soleil est venu à un bon moment du Cirque. En 2007-2008, c’était merveilleux ! »




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.