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Phytophages d’un mois

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Le Polyscope s’en met plein la panse à la Panthère Verte durant le Défi-Végé de PolySphère en octobre dernier. Photo © Maxime Callais

Dans le contexte du Gala de l’Implication qui arrive à grands pas, la réflexion concernant les accomplissements polytechniciens nous a tous fait plonger dans la dernière année, et ce, pas sans une certaine nostalgie. Retour sur le Défi-Végé 2015, évènement marquant organisé par Polysphère en octobre dernier.

Diète végétarienne et Polytechnique ne semblent pas, à première vue, faire bon ménage, car là où l’ingénieur va, le bacon va aussi. Pourtant PolySphère, le comité environnemental étudiant de l’université, a eu l’idée, si ce n’est l’audace, d’encourager la meute carnivore polytechnicienne à essayer le végétarisme dans leur assiette pendant un mois. Évidemment, le défi n’a pas été conçu uniquement pour les beaux yeux d’un bovin, mais pour la planète tout entière, car les nombreux impacts négatifs reliés à la consommation de viande n’ont maintenant plus à être démontrés. Émission élevée de gaz à effet de serre, épuisement des sols, déforestation, et j’en passe, se révèlent de bonnes raisons d’adopter un régime phytophage.

Replaçons-nous en fin septembre dernier, quelques jours précédant le début du défi, dans les corridors. Il n’est pas rare d’entendre des « j’aime tellement la viande, je ne serai jamais capable de m’en passer » ou encore « où vais-je trouver mes protéines bordel de m…? » Polytechnique se réveille d’une torpeur qui a trop duré, les tensions sont palpables. Tout au long du mois pourtant, discussions sur le végétarisme et recettes se sont échangées avec joie de vivre, pas une semaine ne passait sans entendre « pois chiche », « lentille » ou « moussaka ». Ainsi, l’expérience n’a pas été aussi souffrante qu’anticipée. C’est d’ailleurs ce que nous révèle une enquête post-Défi-Végé effectuée sur une cinquantaine de participants.

En chiffres

D’abord, l’évaluation de la difficulté rencontrée s’est avérée très encourageante pour les organisateurs dans l’optique d’une version 2.0. En effet, plus de 60 % des répondants ont évalué à moins de 2/5 la difficulté de modifier leur régime alimentaire. Une seconde question, s’intéressant à la diminution de la consommation de viande des participants suite au Défi-Végé, présente des résultats qui épousent la forme d’une belle courbe normale autour de 3/5. C’est donc que près de 70 % des participants ont changé significativement leurs habitudes alimentaires en y intégrant des substituts à la viande.

En prise de conscience

Comme disait si bien Victor Hugo, « La liberté commence où l’ignorance finit. » L’initiative de Poly-Sphère possède certainement le mérite d’avoir libéré plusieurs préjugés à l’égard de cette diète herbacée! D’ailleurs, les commentaires concernant l’apprentissage acquis par les participants abondent dans cette direction. Ils ont réalisé à quel point la viande peut être prépondérante dans l’assiette, mais qu’il y a heureusement une pléthore d’alternatives et que manger végé, eh bien, ça coûte moins cher aussi. Et le tofu dans tout ça? Il demeure grand champion de cette saine compétition, comme un ange descendu du ciel de forme carrée et de texture spongieuse pour fournir les protéines nécessaires aux amateurs de gros muscles.

En conclusion

Malgré les dérives potentielles reliées aux équipes composées d’un grand nombre de joueurs ainsi qu’à l’absence de moyens pour vérifier la bonne foi de chaque participant, le défi a plu. Que quelques-uns se soient laissés aller à une tranche de baloney n’est finalement pas bien grave en comparaison à l’apport positif que le défi a eu sur bon nombre de gens!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.