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Après quelques ingénieurs, c’est au tour des médecin$

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Graphique 1, chiffres tirés de la Base de données nationale sur les médecins – Institut canadien d’information sur la santé (ICIS)

Sensibles au sarcasme et à la démagogie s’abstenir! Oui, c’est au tour des médecins de s’abreuver (encore plus) agréablement des fonds publics. En effet, on prend carrément l’argent des contribuables pour de l’argent poussant dans les arbres. On sait que le gouvernement libéral du Québec sous Jean Charest, tel un Robin des Bois, a, d’une part, extirpé les subventions aux universités des super-riches étudiants de gauche et d’autre part, avant la Commission Charbonneau, a généreusement laissé quelques miséreux ingénieurs et miséreux gens de la construction aller piger allègrement dans la caisse de l’État. En fait, il l’avait fait dans l’ordre inverse.

Qu’est-ce que Robin des Bois penserait?

Maintenant, c’est au tour du gouvernement libéral de Philippe Couillard de refaire son Robin des Bois, en extirpant les subventions aux petites écoles, c’est-à-dire, aux écoles primaires et secondaires, ainsi qu’aux organismes communautaires venant en aide aux démunis. Ainsi, avec la richesse si bassement récupérée auprès des gens sans défense, incapables de manifester dans les rues du Québec, il laisse maintenant les pauvres médecins piger allègrement dans la caisse de l’État, en toute légalité cette fois-ci.

Qui travaille pour qui?

M. Gaétan Barrette, médecin et ex-président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, avait travaillé fort pour obtenir des hausses salariales pour les médecins spécialistes du Québec, puis rendu Ministre de la Santé et des Services sociaux, il travaille (encore) pour les médecins. Et le premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard, aussi médecin, ne peut veut rien y faire… « [L’austérité] n’est qu’une vue de l’esprit », disait-il. En effet, le point de vue est différent quand tu n’es pas médecin. Est-ce que tout cela est dans l’intérêt du peuple québécois qui a élu le Parti démocratiquement ou seulement dans l’intérêt d’une élite économique?

Le salaire des médecins

Le revenu annuel d’un médecin généraliste (c’est-à-dire « médecin de famille » ou « omnipraticien ») peut atteindre facilement un nombre dans les six chiffres entiers. De plus, c’est la profession qui rembourse le plus facilement ses prêts étudiants, parait-il. Considérant que la RAMQ, l’assurance publique des soins de santé du Québec, paie environ 50 $ au médecin de famille par patient consulté, faites le calcul vous-même pour constater le salaire annuel. Qu’en est-il des médecins qualifiés de « spécialistes »? C’est pire, car leur service coûte (beaucoup) plus cher! Le salaire moyen de différentes spécialités médicales au Québec peut atteindre le million chez une minorité de médecins spécialistes. Rendu là, pourquoi faire payer des frais accessoires au patient quand le médecin s’enrichit déjà si vite avec les fonds publics? Ça ne lui suffit donc pas?

Hausse de salaire justifiée?

Pourquoi est-ce que les médecins ont besoin d’une hausse salariale s’ils sont les plus aisés de la société québécoise, voire canadienne? La crainte que des médecins québécois désertent le Québec parce que ça ne paie pas assez, d’après certains? Voyez l’égalité et l’uniformité dans le graphique 1 (Rémunération des médecins) ci-contre; la différence est négligeable! Si c’est le cas que des médecins désertent le Québec d’abord pour une question d’argent, quel genre de personne pareil a l’honneur de s’appeler « médecin »? Le médecin a des obligations légales, morales et éthiques, et de ce fait, a un rôle et des responsabilités importants dans la société. Dans le serment qu’il a prononcé en devenant médecin au Québec, rien ne lui empêche toutefois d’avoir des considérations monétaires de vouloir encore plus d’argent. À vous d’en juger.

La cible est au mauvais endroit

Est-ce qu’élever le salaire pour se rapprocher arbitrairement d’une moyenne canadienne, améliore l’efficience des services? Non! Nos chers médecins québécois ne souffrent pourtant pas de pauvreté, ni de chômage au Québec. Oh non! Qu’en est-il quand on prend le salaire moyen des médecins pour l’incorporer au prorata du nombre d’habitants de la province? Le Québec se trouve proche de la médiane, d’après le graphique 2 (Rémunération des médecins par habitant) ci-contre. Rien de considérable, il me semble. Aucune crise n’existe donc là non plus. Les politiciens tirent donc très bien leur épingle du jeu pour faire dire aux chiffres ce qu’ils veulent, et les médias traditionnels sont tellement débordés pour filtrer ce grand flot de débilités politiques. Or, avec le peu de paliers d’imposition, autant provincial que fédéral, dont le principe n’a pas changé ces dernières années, cette nouvelle hausse de salaire peut inciter des médecins à vouloir maintenir leur revenu au même stade que les années précédentes, mais avec moins d’efforts et donc, moins de service à la population. Et on remercie qui pour ça? « Merci Dr. Barrette! »

Je crains que la société démocratique ne mérite actuellement et collectivement que des politiciens à la hauteur de son intelligence (ou stupidité), et non pas mieux, pas ceux qui ont une vision d’avenir, qui réalisent des projets de société novateurs et bénéfiques pour le bien de tous, qui sont honnêtes. Peuple, réveillons-nous!

J’invite les lecteurs qui trouvent que la hausse salariale des médecins québécois est justifiée de m’en faire part par écrit, de façon bien argumentée. Je serai très content qu’on m’en apprenne plus sur le point de vue adverse.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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