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Plaidoyer d’un mangeux de luzerne

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Le végétarisme c’est pas seulement manger de la nourriture pour lapin. Il s’agit juste de ne pas manger le lapin. Photo © Karen Johanson

Cet automne s’est tenu le Défi-Végé, organisé par Polysphère. Des dizaines de membres des différents comités de Polytechnique se sont pour l’occasion initiés aux joies du végétarisme (si si, aux joies!). Quel est le lien entre végétarisme et environnement? Pas seulement le fait que ce soit des trucs de hippies! En fait, de plus en plus de personnes réduisent leur consommation de viande par souci écologique.

Les bienfaits du végétarisme pour l’environnement sont faciles à prouver. Il faudra par exemple, plus de 15 000 litres d’eau pour produire un kilo de bœuf contre 1650 pour un kg de céréale, 1020 pour un kg de lait et 325 pour un kg de carottes. Il est aussi évident que la production de viande produit généralement plus de GES que la moyenne de la production de légumes, de légumineuse et de céréales. Je ne m’avancerai cependant pas à chiffrer la différence : une revue de littérature sur la question suffirait à m’occuper pendant une bonne session. Finalement, c’est au niveau de l’utilisation des terres que la consommation de viande est la plus problématique. Un hectare de terre peut produire 18 tonnes de légumes contre 33 kg de viande. Comme la consommation totale de viande rouge ne cesse d’augmenter, on assiste à de la déforestation intensive à fin d’élevage dans les pays en voie de développement. Cette déforestation et le rejet du CO2 emprisonné dans la biomasse qu’elle entraine ont un impact majeur sur l’environnement et le climat.

Je crois donc que l’équipe de Polysphère a eu une idée de génie avec le Défi-Végé. Les membres des différents comités étaient invités à s’engager à ne pas manger de viande, pour une période d’une semaine à un mois. Évidemment, le but de l’opération n’était pas de transformer tous les participants en végétariens convaincus, mais de les encourager à réduire leur consommation de viande. J’ai été très impressionné par la réponse enthousiaste des polytechniciens, en particulier des membres du Polyscope, qui ont été nombreux à se prêter au jeu. Étant moi-même végétarien depuis quelques années, je n’aurais jamais cru assister à une sortie du Polyscope dans un restaurant végétalien.

D’après mes discussions avec certains participants, il semble que le défi a bel et bien atteint ses buts, puisqu’ils m’ont dit avoir réellement réduit leur consommation de viande. En fait, participer au défi permet de réaliser qu’il est à la fois, facile, santé, économique et délicieux de se passer de viande à l’occasion. Facile et délicieux parce que même le plus grand des carnivores ne pourra pas souffrir de manger une bonne lasagne aux légumes ou un pita aux falafels de temps en temps. Santé parce que souvent, pour un apport protéinique semblable, le plat végétarien contiendra moins de gras saturé et de cholestérol que le plat avec viande, surtout dans le cas de la viande rouge. Économique parce que si on passe outre certaines manies des foodies à l’américaine, genre chou kale à outrance et orgie de graines de chias, le régime végétarien permet d’éliminer les éléments les plus chers du panier d’épicerie, surtout considérant la flambée des prix de la viande dans les dernières années.

J’invite donc nos lecteurs essayer, s’ils ne le font pas déjà, de se priver de viande quelques fois par semaine. Si les arguments écologiques, diététiques et économiques ne vous convainquent pas, je vous laisse sur mon top trois des MEILLEURES raisons pour tester le végétarisme :

3. Pour les moins talentueux en matière de gestion de frigo, on se dit que des légumes passés date, c’est moins dangereux que de la viande passé date.

2. Moins de choix au restaurant, c’est moins d’angoisse et un esprit libre pour se consacrer à autre chose, comme la domination du monde.

1. Ça permet d’être prêt pour le prochain Défi-Végé.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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