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Entrevue avec l’équipe du Carrefour Carrière

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Le Service des stages et placements de Polytechnique (SSP) fusionne avec le service de la formation continue et est rebaptisé « Carrefour Carrière » © Polytechnique Montréal

Nous avons rencontré M. Allan Doyle, directeur du service de stage et placement de Polytechnique (rebaptisé « Carrefour Carrière ») et Guylaine Dubreuil, responsable en service carrière à Polytechnique Montréal.

Propos recueillis par Francis Lepage

P : Le service de stage et placement a changé de nom pour « Carrefour Carrière ». Ce changement s’inscrit-il dans une modification plus large du mandat ou des méthodes du service?

Allan Doyle : On voulait avoir un guichet unique autant pour les étudiants que pour les employeurs. L’idée du Carrefour Carrière, c’est la fusion de la formation continue et du service des stages. Ça permet d’avoir une interface unique avec le marché extérieur. On a des gens en développement des affaires qui ont des contacts avec des employeurs et des ingénieurs en exercice. Oui pour les stages, mais pourquoi pas pour la formation continue aussi?

Guylaine Dubreuil : À travers tout ça, on a renforcé l’équipe du service conseil. Cette vision-là, c’est de dire qu’on a beau faire du démarchage auprès des entreprises pour générer des offres de stages et des offres d’emplois, il faut s’assurer que nos étudiants sont performants lorsqu’ils rencontrent des employeurs, qu’ils soient aussi en contrôle de leur carrière. Ce qu’on vise, c’est de développer l’autonomie des étudiants. C’est sûr que c’est exigeant, mais en même temps l’étudiant est en train de développer des compétences qui vont lui être utiles toute sa vie.

P : Quels sont vos projets pour le service?

AD : On préfère vous parler de tous les projets qu’on a faits depuis quatre ans, parce que je ne suis pas sûr que tout le monde connaît tous les changements qu’il y a eu. Il y a la nouvelle application web conviviale pour gérer les stages La Ruche. Ça date de novembre 2011. Avant ça, c’était un irritant, l’ancien logiciel plantait souvent, les étudiants n’étaient pas contents, les employeurs n’étaient pas contents. Pour le service des stages, c’était aussi un irritant car ça représentait beaucoup d’ouvrage manuel sans valeur ajoutée. Polytechnique a investi plusieurs centaines de milliers de dollars pour se donner une plateforme performante.

Il y a aussi une série de nouveaux ateliers qui ont été développés, particulièrement sur comment réseauter efficacement, et ça c’est un besoin qui avait été exprimé par les étudiants. On offre beaucoup plus d’ateliers. Il y a aussi des ateliers sur le marché de l’emploi personnalisés à chaque programme.

Il y a eu une refonte complète du site web du service de stage. Ça aussi, c’était un irritant. En fait, on est allé par clientèle : employeur, étudiant actuel, diplômé. C’est comme huit sites en un. On a beaucoup d’informations, c’est très complet. Il y a deux ans, un étudiant est venu se plaindre des frais de stages. On lui a expliqué que ce n’est pas nous autres qui fixait ça. Il nous a dit : « Nulle part c’est indiqué sur votre site ». Il avait raison, on l’a ajouté. L’idée du site web c’est d’avoir le maximum d’informations autant pour les étudiants que pour nous, parce que ça devient un outil de référence.

On a passé des règlements pour avoir plus de flexibilité au niveau de certains stages, qu’on appelle « non traditionnels ». Des stages en humanitaire, marketing, enseignement, entrepreneuriat… Ça, avant, ce n’était pas accepté parce que l’Ordre des ingénieurs donne quatre mois de juniorat pour le stage obligatoire. On a créé des stages obligatoires équivalents. Ce type de stage rencontre les critères de Polytechnique, mais pas ceux de l’Ordre.

P : Donc ces stages permettent l’obtention du diplôme, mais ça rallonge le juniorat de 4 mois?

Oui, mais si tu t’en vas en Haïti pour faire un stage humanitaire, pour ton CV et pour toi c’est fantastique. Donc, les étudiants ça ne les dérange pas. Ce n’est pas beaucoup de stages pour le moment (NDLR, 17 stages non traditionnels en 2014-2015), mais on met beaucoup l’emphase sur les stages entrepreneuriaux. On a un partenariat avec le Centre entrepreneuriat Poly-UdeM. On a commencé à faire de la publicité et de la promotion là-dessus. La nouvelle génération d’étudiants, on aimerait ça qu’elle soit plus entrepreneuriale.

Tout ça, ce n’est pas pour trouver 300 stages de plus, mais c’est une demande des étudiants. Les étudiants ne peuvent pas faire n’importe quoi, il y a un plan d’encadrement, il faut que ça soit dans un contexte technique et en lien avec le domaine d’étude.

GD : Ça répond au fait qu’il y a toutes sortes de carrières en génie et toutes sortes de profils d’étudiants. Ça leur permet de tester des choses et que ça soit encadré et reconnu.

(toujours sur les projets)

AD : Il y a aussi une série de nouveaux outils qui ont été développés parce qu’on s’intéresse beaucoup à s’assurer de la qualité des stages. On a introduit des fiches de suivi après quatre semaines qui n’existaient pas avant. On s’est rendu compte que dans les cas problématiques, après quatre semaines, le superviseur n’était pas satisfait du stagiaire, mais il ne lui avait pas dit. Maintenant, on envoie une fiche au superviseur, une fiche à l’étudiant et ont leur dit « parlez-vous ». On a réglé pas mal de problèmes comme ça. Qu’est-ce qui est nouveau aussi, c’est le formulaire d’appréciation du stage par les étudiants complété à la fin du stage.

P : Vous avez aussi introduit la convention de stage?

AD : Oui, c’est nouveau. On avait commencé par une convention à l’interne parce que malheureusement certains professeurs ne connaissaient pas toutes les règles à suivre. Ensuite, on s’est rendu compte que ceux qui trouvaient leur stage par eux-mêmes, des fois, ils oubliaient de négocier ou de clarifier certains aspects de leur stage. La convention de stage définit les rôles et responsabilités de tout le monde et les modalités du stage.

P : Pourriez-vous envisager d’offrir d’autres programmes COOP (autre que géologie et mines)?

Ce sont les deux programmes qui ont le plus de problèmes présentement, parce qu’il y a eu beaucoup d’étudiants qui ont été admis lors des dernières années, et quand tu as trois stages à trouver et que le marché de l’emploi régresse… Civil, on a eu de la misère, mais il n’y avait qu’un stage à faire. Imagine s’ils avaient été COOP? Sherbrooke, c’est COOP, mais ils contingentent. Le service de stage dit : « Dans tel programme, je ne peux pas en prendre plus que 40 ».

P : Mais l’ÉTS a survécu avec génie de la construction en programme COOP…

AD : Oui, ils ont réussi, mais ils ont une grosse équipe. Ils sont deux fois plus nombreux que nous. Il n’y a pas de plan d’offrir d’autres programmes COOP. Dans le passé, il y a eu deux programmes COOP d’abandonnés. Les étudiants comparent toujours notre système au système COOP, mais ne regardent que ce qui fait leur affaire. Mais chaque système a ses forces et ses faiblesses.

P : Il faut dire qu’à l’ÉTS, environ le tiers des stages se font l’été, le reste l’automne et l’hiver. À Poly, un stage en automne veut souvent dire une session de plus au bac. Il n’y pas de possibilité de faire une vraie session d’été complète.

AD : Oui, quand je suis arrivé en février 2011, il y avait environ 78 % des stages qui se faisaient l’été. On est rendu autour de 68 %. On aimerait ça avoir au moins 60 % l’été, pour être moins vulnérables. D’un autre côté, nos coordonnatrices au développement des affaires trouvent plein de stages l’automne et l’hiver qui ne trouvent pas preneurs. Depuis cinq ans, on fait beaucoup de représentation auprès des programmes pour dire : essayez d’offrir des cours intéressants l’été. Si chaque programme pouvait offrir une session pleine l’automne, ça réglerait beaucoup de problèmes.

(toujours sur le système COOP vs le système de Poly)

AD : Tout ça pour dire qu’on a quand même un bon système, avec ses avantages et ses inconvénients. Et le taux de placement des finissants est toujours très bon. Au bout de 12 mois, la plupart (NDLR : 96 %) sont placés. On a aussi de bons résultats sur l’appréciation des superviseurs de stages et des étudiants. Tout le monde est content. Ce n’est pas toujours facile de trouver un stage, mais quand on trouve un stage, tout le monde est content car il se déroule à la satisfaction des employeurs et des étudiants.

GD : On a des échos d’autres universités où on nous dit : « Oui j’en ai eu un stage, mais il n’était pas intéressant ». Il y a une qualité de l’offre de stage. On n’accepte pas n’importe quel stage, on ne force pas l’étudiant à prendre un stage. Notre système a cette flexibilité-là, qui permet à un étudiant de refuser. Si on était COOP : tu t’en vas là, et tu n’as pas toujours le loisir de choisir.

AD : Il y a certains employeurs qui aiment beaucoup les systèmes COOP, d’autres qui détestent ça. Certains nous disent Poly et Laval, ne tombez surtout pas COOP, ça va être trop compliqué à gérer. COOP, oui, ça déresponsabilise jusqu’à un certain point l’étudiant. Il est moins stressé parce qu’il a une grosse équipe qui lui trouve des stages, mais dans la vraie vie, il n’y a personne qui va venir vous trouver une job.

Quand l’économie va bien, tu peux quand même faire un deuxième, un troisième stage, ou bien des stages doubles ou triples. Quand l’économie va mal, tu en as juste un à trouver. C’est pas mal moins stressant que trois.

P : Le nombre d’étudiants augmente à Poly, est-ce que le nombre de stages offerts sur La Ruche réussit à suivre cette cadence?

L’été, c’est sûr que c’est saturé, mais on a quand même établi un record de stages réalisés l’été passé, de 1006 stages. Peut-être que les étudiants ne le savent pas, mais on ne les abandonne pas. À chaque année il y a une trentaine d’étudiants qui, pour toutes sortes de raisons, ne réussissent pas à trouver de stage. Nous, on ne les met pas à la porte. Le premier trimestre, ils ont une dérogation et ils ont le droit de continuer d’étudier. On essaie de les encadrer plus spécifiquement. Il y en a qui trouvent des stages la session d’après, d’autres n’en trouvent pas. À ce moment, on communique avec l’étudiant et le programme et si l’étudiant a démontré qu’il fait des efforts pour se trouver un stage, les départements vont lui trouver un stage à l’interne. Ce n’est pas l’idéal, mais c’est mieux que rien. Et souvent, à cause que ces étudiants-là vivent des problématiques particulières, c’est bien correct pour eux. (NDLR : ce sont des stages non rémunérés). On ne les laisse pas tomber.

P : Est-ce que le service des stages a subi des compressions à la suite des coupes dans le réseau?

AD : Oui, on a eu une compression de 1 % cette année, comme tout le monde. Mais on a réussi quand même à augmenter [la taille de l’équipe] de trois personnes depuis deux ans, grâce aux stages à 9 crédits (NDLR, voir texte page 6). On a rationalisé il y a quelques années nos visites de stages, on a limité nos visites de stages physiques dans un rayon de 50 kilomètres, ce qui nous a permis de réduire nos dépenses.

Pour joindre le

Service de stage

et placement

(Carrefour Carrière) :

service.placement, polymtl.ca

(514) 340-4730

http://www.polymtl.ca/sp/

Du lundi au vendredi

8 h 30 à 16 h 30

Mots-clés : Dossier Stage (15)

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