Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Les stages à Polytechnique : l’herbe est-elle plus verte ailleurs?

Aperçu article Les stages à Polytechnique : l’herbe est-elle plus verte ailleurs?
Cliquer pour agrandir
 (lien ouvrant dans une nouvelle fenêtre)
© École Polytechnique de Montréal — http://www.polymtl.ca/sc/sc_services_comm/norme/logo.php, marque déposée

Dans le cadre de notre dossier spécial « Stages », nous avons voulu comparer la situation en matière de stage à Poly avec ce qui se fait à l’École de technologie supérieure. Nous avons eu la chance de rencontrer les directeurs des deux services de stages. Les entrevues sont d’ailleurs présentées en pages 4 à 7. On y décèle des points communs entre les services, mais aussi de bonnes divergences d’opinion. De plus, nous avons obtenu de nombreuses statistiques, dont un aperçu est également offert en page 3. Alors, quelle est ma conclusion ? Les étudiants de Poly sont-ils moins bien servis que leurs compatriotes de l’ÉTS en matière de stages ?

La réponse courte est « oui  ». Les chiffres sont sans équivoque : l’ÉTS dépense, relativement à son budget total, près de trois fois plus dans son service de stages que Poly (2,36 % contre 0,83 % du budget total des institutions selon les chiffres obtenus par la CRÉIQ). On peut peut-être attribuer une partie de la différence par la part (qu’on suppose plus grande) du budget allouée aux cycles supérieurs et à la recherche à Poly qui gonflerait son budget d’opérations total. Toutefois la différence de financement transparaît aussi clairement dans la taille des équipes : le SSP emploie 17 personnes, contre 34 au service de l’Enseignement coopératif de l’ÉTS. Évidemment, cette différence de moyens se fait principalement sentir lorsqu’on considère le nombre de stages obtenus par l’affichage d’offres sur les plateformes des deux écoles (La Ruche et son pendant). Environ 70 % des stages effectués à l’année à l’ÉTS proviennent d’offres affichées par le service de l’enseignement coopératif, alors que La Ruche est à la source de 42 % des stages effectués par les polytechniciens. Cela sans compter le fait que les stages facultatifs trouvés en dehors de La Ruche ne sont souvent pas déclarés à Poly afin d’éviter les frais de stage. Considérant que tous les étudiants de l’ÉTS doivent, système COOP oblige, effectuer trois stages obligatoires, on se rend compte de l’immense gouffre qu’il y a entre le nombre de stages offerts par les deux services.

Qu’est-ce qui explique la différence de moyens? Probablement le système COOP. Comme il y a trois fois plus de stages obligatoires à l’ÉTS, il faut déployer des efforts importants pour permettre à tous de faire ces trois stages. D’ailleurs, parlons-en de ce fameux système…

Le système COOP n’est pas une panacée

En vertu du système COOP, les étudiants doivent alterner, de façon continue, entre des sessions d’études et des sessions de stages pour effectuer trois stages obligatoires au cours de leur bac. Certains, à Polytechnique idéalisent ce programme. Je me rappelle moi-même avoir été attiré par l’idée au cégep, lorsque, jeune et fringant, je planifiais ma carrière. Cependant, bien que je sois retourné les étés subséquents dans l’entreprise où j’ai fait mon premier stage, je comprends ceux qui, l’espace de quelques mois, souhaitent décrocher du génie. Qu’ils s’envolent vers la Thaïlande ou qu’ils travaillent dans un café, ils suivent le même réflexe qui nous pousse à écrire des articles de journaux entre deux séances d’études. Je ne peux pas m’empêcher de trouver un peu déprimant l’idée que l’école impose à ses étudiants son rythme pendant quatre années, sans interruption. Du génie douze mois par année, jusqu’au diplôme!

De plus, la nécessité d’effectuer trois stages obligatoires en génie met une pression considérable sur les épaules des étudiants, particulièrement en période économique difficile. Cela a été le cas, par exemple, en génie civil, où l’unique stage à trouver a causé bien des sueurs froides.

Dans le cas de l’ÉTS, on est beaucoup plus durs avec les étudiants qui ne trouvent pas de stage qu’à Poly, allant même jusqu’à suspendre complètement les études de certains d’entres eux, qui doivent rester à la maison et chercher un stage à temps plein. (Pour plus de détails je vous invite à lire la suite du dossier.)

Pour ces raisons, je ne crois pas que le système COOP soit l’unique solution. La façon de faire actuelle à Poly offre une réelle flexibilité, et après tout, rien n’empêche les polytechniciens de faire trois stages eux aussi… mais encore faut-il les trouver. Pour que vraiment, on puisse affirmer que notre système est aussi performant, tout en étant plus flexible que le système COOP, il faudrait le financer davantage. Certes, la situation à Polytechnique est loin d’être catastrophique. Tout le monde (ou presque) finit par trouver un stage, et nombreux seront ceux qui en feront plus d’un. Toutefois, les chiffres ne mentent pas: il est plus difficile de trouver un stage à Poly, et on comprend facilement que cela soit un irritant pour les étudiants. Augmentons les moyens et trouvons plus de stages à afficher sur La Ruche. Ceux qui rêvent de travailler à trois endroits différents trois années de suite y trouveront leur compte, et ceux qui préfèrent se consacrer à l’ascension du Machu Pichu pourront toujours le faire.

Et finalement, la question des sessions d’été…

Il reste un autre point à aborder, et il est de taille. Une cause du succès de l’ÉTS en matière de stages, c’est le fait qu’une grande proportion de ceux-ci s’effectue à l’automne et à l’hiver (ils visent la parité entre les trois sessions). Ces sessions offrent le double avantage d’une compétition moins féroce et de stages souvent bien plus intéressants (plus gros projets, patron qui n’est pas en vacances, etc.) À Poly, c’est près de 70 % des stages qui se font l’été. Plusieurs offres sur La Ruche ne trouvent pas preneurs durant les autres saisons. Oui, il est vrai que les étudiants préfèrent généralement travailler l’été, mais ce n’est pas la principale raison. Car avouons-le, dans bien des programmes, l’offre de cours d’été est famélique. Impossible à Polytechnique de faire une session complète, de 15 crédits suivant le plan d’étude, en été. Résultat : un stage en automne ou en hiver veut presque systématiquement dire un allongement du bac, et on ne peut reprocher à personne de vouloir éviter de prolonger leur temps d’études. La première étape, pour améliorer l’accès aux stages à Poly, est donc évidente : offrir une véritable session d’été dans tous les programmes. Et pas question non plus de chambouler le plan d’étude en offrant seulement des cours d’option et de mathématique. Je parle ici d’une véritable session d’été qui remplacerait complètement une session de troisième année.

Je vous invite à consulter le reste de notre dossier et à vous faire votre propre idée. Les équipes des services de stages de Poly et de l’ÉTS ont bravement accepté de répondre à nos questions, et les entrevues abordent plusieurs sujets très intéressants.

Mots-clés : Dossier Stage (15)

Articles similaires

Stage : Quoi savoir avant la fin de la session

20 mars 2009

Par Julien Grenier Depuis la venue du projet de formation (nouveau programme) en 2005, les étudiants de Polytechnique doivent au cours de leur cursus effectuer un stage obligatoire. Actuellement, le règlement 9.10.7 stipule que : « L’étudiant qui n’a pas effectué et réussi son stage obligatoire (ou le premier des 3 stages obligatoires dans le cas des programmes coopératifs) alors qu’il a réussi 80 crédits de cours de son programme de baccalauréat n’est pas autorisé à...

Entrevue avec Maryse Deschênes, Directrice du Service de Placement de l’École Polytechnique

23 octobre 2008

Quel est le mandat du service de placement? Permettre aux étudiants d’acquérir de l’expérience dans leur domaine d’étude De favoriser l’intégration des finissants en collaboration avec les associations étudiantes De développer et de maintenir les relations avec les entreprises et les finissants Plus spécifiquement au niveau des stages, l’école a une obligation morale de placer ces étudiants lorsqu’elle rend obligatoire les stages. Notre rôle est donc de générer le plus d’offre de stage possible…...

Tout sur les stages à Polytechnique

23 octobre 2008

Le point sur les stages. Quelle est la problématique? Comment en est on arrivé là? Qui sont les intervenants? Des réponses et bien plus encore... Le mois dernier, en marge d’une entrevue avec Etienne Couture, le président du RéseauIQ, le Polyscope faisait echo à une enquète sur la rémunération des ingénieurs. Selon ladite enquête, l’ingénieur fraichement diplomé en 2006 pouvait gagner entre 38000$ et 58 000$, toutes disciplines confondues. D’après Gilles Huot, coordonateur de stage...




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

Retard et dépassement de coûts

30 janvier 2015

Ça semble être la norme au Québec. Il est très rare que les projets soient livrés selon les chiffres donnés à la populations lors du démarrage. La vitrine en est malheureusement un bon exemple. Je n’ai toujours pas eu les chiffres exactes quant aux dépassements de coûts (le projet n’est pas terminé), mais pour les retards, nous sommes tous témoins de la lenteur des travaux. Je ne veux blâmer personne, que ce soit Poly, les...

Politiquement vôtre

2 février 2007

Boisclair est en chute dans les sondages et les libéraux reprennent le dessus. Qui aurait cru que la balance changerait si près des élections. En fait c’était prévisible. Le nouveau chef du Parti Québécois a, il faut se l’avouer, le charisme d’un genou et, comparativement à Marois, en a également le talent. Ce dernier a d’ailleurs cru bon de se payer un voyage en France question de se faire un peu de capital politique...

Quand la vague déferle sur le samourai

18 mars 2011

Les images laissent sans voix. Ce qui n’avait pas été envisagé est arrivé. Populations délocalisées, tremblements de terre, menace nucléaire, tsunami ravageur... le Japon fut touché la semaine dernière par une série d’évènements des plus tragiques aux conséquences désastreuses. Personne ne peut rester insensible devant de telles photographies rapportées par les journalistes de tous les médias. La vision d’une déferlente s’engoufrant à travers champs et lotissements, fauchant tout sur son passage, balotant d’inonbrables voitures...