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Les bienfesses du sexe

Le sexe c’est bien, c’est le fun et c’est crissement bon. En plus, c’est bien pour entretenir des relations sociales qui durent (enfin, je l’espère). De tous les bienfaits dont nous avons tous déjà su nous délecter tel le fruit défendu, étonnamment, il en est un peu commun : le sexe serait, tel un marabout africain, la cure de nombreux maux. Ou plutôt, c’est ce que Google, Buzzfeed et les autres sites semblent nous dire. Infos fondées ou intox? Il est temps d’aller au fond des choses pour démêler le vrai du faux.

Idée N°1 Le sexe serait bon contre le rhume et la grippe

Je dois bien vous avouer que quand j’ai lu cette news sur mon mur d’actualité, je me suis dit qu’on avait été encore nous prendre pour des gens bien crédules. Et pourtant, il semblerait que des chercheurs de la Wilkes University of Pennsylvania (bon, on peut déjà leur apporter le crédit qu’il y a pire comme sujet d’études non?) confirment cette information. Selon eux, l’acte sexuel, carnassier comme il est en calories lorsqu’il est bien fait (au moins deux fois par semaine), favoriserait la circulation sanguine et la qualité du sommeil : mesdames, ne pensez-vous pas toutes à un bel étalon fougueux bien vite endormi une fois l’acte consommé?

Le sérieux de cette étude est quant à lui incertain. Bien que l’information ait été relayée dans la presse médicale, l’étude s’attache uniquement au rapport entre le nombre de relations sexuelles et la quantité d’anticorps présents dans le sang. Le rapport met alors en évidence un nombre plus élevé d’immunoglobuline A dans le sang des personnes déclarant faire l’amour très souvent.

Verdict : statu quo Cette étude ne met pas en avant d’autres facteurs pouvant expliquer cette concentration élevée d’anticorps et elle ne s’attarde pas non plus sur les pratiques sexuelles des participants. Toutefois, je ne suis pas un expert dans ce domaine donc dans le doute, faites l’amour dès maintenant, cela vous évitera de tomber malade dans les prochains jours. Et puis c’est tellement bon, alors pourquoi s’en priver?

Idée N°2 Le sperme, bon pour la santé des femmes?

Cela fait déjà quelques années que j’entends la rumeur selon laquelle que le sperme serait bon pour la santé. Qu’en est-il réellement?

Selon des chercheurs de l’université d’Albany aux États-Unis, le sperme, composé en grande partie d’eau, présenterait des qualités nutritives du fait de la présence de minéraux tel que le potassium, le magnésium (reconnu comme médicament pour calmer les hyperactifs) ainsi que l’alcaline (reconnu comme un brûle-graisse). Cette dernière, particulièrement active en présence d’autres composants du sperme, permettrait aux pratiquantes de la séminophagie (l’acte d’avaler le sperme) de maigrir deux fois plus vite que leurs consœurs.

Par ailleurs, les femmes en contact avec le sperme de leur partenaire se déclarent moins anxieuses et plus heureuses que celles ayant des rapports protégés. Cet état de fait serait dû à des molécules antidépressives tel que la sérotonine.

Enfin, le sperme serait un bon moyen de lutter contre la maladie d’Alzheimer (selon une étude autrichienne de Tobias Eisenberg et Franck Madeo), le cancer du sein (on observe une réduction de 40 % du risque avec une pratique du sexe oral deux fois par semaine) et le vieillissement des cellules. Cela proviendrait d’une molécule, appelée la spermidine, qui se retrouve dans des aliments tels que le soja.

Verdict : statu quo Bon, ok, on ne va pas se le cacher, y a pleins de mots pompeux et de trucs qui ont l’air sérieux et sûrement vrais, mais de là à aller nous sortir que c’est le « Saint Graal » de l’antivieillissement ou à nous faire des livres de recettes pour cuisiner le sperme (j’vous niaise pas), y a pas quand même qu’un pas.

Idée N°3 Le sexe, insatiable consommateur de calories

Une autre idée reçue veut que le sexe vous permette de maigrir, étant donné qu’il vous fait consommer des calories. D’autant meilleur(e)s vous êtes au lit, plus vous dépensez de calories : les études s’entendent à l’heure actuelle sur un 200 calories pour une demi-heure de sexe bien fait. À ce compte, il est avéré que le sexe est bon pour le cardio, car c’est sûr qu’il faut tenir la cadence. De plus, il vous fait travailler des muscles dont vous n’avez même pas conscience et cela en libérant de la testostérone : avez-vous déjà eu une élongation fessière? Moi oui, c’est vous dire.

Une étude réalisée par l’université Queen’s de Belfast conclut que faire l’amour trois fois par semaine réduit le risque d’accident cardiovasculaire de moitié, que ce soit pour les femmes ou pour les hommes.

Enfin, les femmes connaîtront sans doute les exercices de Kegel, qui consistent à les faire pratiquer leurs muscles du bassin afin de les préparer aux contraintes de la grossesse. Or ce renforcement se pratique aussi lors de diverses positions sexuelles auxquelles je laisse votre imagination débordante accoler une image.

Verdict : VRAIE J’avoue, celle-là était facile, mais je pense que l’on a tous déjà expérimenté ces petites crampes ou ce sentiment de bien-être semblable à celui d’une bonne heure de musculation après une bonne heure de sport de chambre. Donc n’hésitez plus, si vous devez choisir entre du gainage et contenter votre chéri(e), contentez votre chéri(e)!

Idée N°4 Sexe ça sert contre le cancer

Le sexe, on l’a vu, est un outil de musculation révolutionnaire, car il fait travailler tous nos muscles. Pourtant, cet outil antédiluvien n’a pas pour seul coup d’éclat que de vous rendre plus shape, il est de coutume aussi de croire qu’il est un remède efficace à nombre de cancers (la maladie bien sûr). Une étude réalisée en Californie du Sud rapporte que le cancer du sein peut être réduit de 40 % si les femmes pratiquent une moyenne de deux fellations par semaine (comparaison entre 6246 femmes pratiquantes depuis 5 à 10 ans contre 9728 abstinentes, toutes âgées de 25 à 45 ans). Les hommes aussi peuvent être atteints de ce type de cancer mais une pratique orgasmique régulière peut drastiquement réduire les risques selon une étude publiée dans le British Journal of Cancer (ça n’a pas l’air d’être de la gneugneu non plus, ce journal). Chez les hommes, il est aussi possible lutter ainsi contre le cancer de la prostate puisque l’éjaculation nettoie (comme certains diraient : au Kärcher) les pathogènes présents dans l’urètre. Enfin, on peut prévenir des cancers de la peau puisque les « hormones de l’amour » sécrétées agissent directement sur la peau pour la rendre plus jeune de façon indirecte durant l’acte. Ce dernier nous fait suer, ce qui permet alors le nettoyage de la peau en profondeur.

Verdict : STATU QUO Comme pour les autres études, on fait dire un peu ce que l’on veut aux chiffres. Dès lors, mettre en avant des liens de cause à effet entre le sexe et des maladies aussi lourdes que des cancers me semble quelque peu réducteur. Je laisse donc à nos lecteurs du génie biomédical le soin de nous éclairer.

Idée N°5

Faire l’amour dans l’espace sera bientôt possible

Comme moi, vous avez sans doute entendu parler de ce projet de financement participatif un peu foufou de Pornhub pour envoyer deux acteurs porno en apesanteur afin de tourner le premier porno spatial. Intitulé Sexploration (le cinéma pornographique est décidément très créatif), ce dernier devrait mettre en scène l’actrice Eva Lovia (on en tomberait presque in love) et l’acteur Johnny Sins (sûrement un pêcheur du dimanche) dans un maelström de positions sexuelles. Pour cela, rien de moins qu’un budget de 16 milliards de dollars avec différents paliers allant de la scénarisation de certaines scènes par les contributeurs à la donation des combinaisons des deux pratiquants pour faire du cosplay : vous imaginez cela au Comiccon de Montréal, vous? Bon, il leur faudra quand même se pratiquer six mois avant de pouvoir s’envoler avec Space X pour ce vol du 7e ciel : avouez Pornhub, vous avez fait exprès de choisir cette compagnie?

Verdict : INTOX Tout d’abord, la campagne n’a pas abouti malgré la médiatisation exceptionnelle dont elle a su user : on avouera tous en avoir entendu parler non? De plus, les nombreux spécialistes du domaine, bien qu’aucun astronaute n’ait eu la chance de pratiquer ce sport, restent très sceptiques, affirmant que les pratiquants ne feraient que « rebondir sans relâche sur les murs » (Athena Andreadis) et que « sans gravité, il n’y a pas de traction, pas de friction, pas de résistance » donc pas d’éjaculation pour les mecs et encore moins de plaisir avec un micropénis pour une femme. Par contre, j’avoue qu’avec le développement du tourisme spatial, il va bien falloir se poser la question à un moment ou à un autre.

Mots-clés : sexe (5)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.