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Les microbes envahiront le monde…à Poly d’abord

Qui dit rentrée scolaire, dit microbes. Les germes n’ont pas chaumé cet été et en profitent, en ce moment même, pour envahir Poly. Mais s’il-vous plaît, parlons des vraies choses. Oubliez toute la propagande autour de la grippe A (H1N1) que les médias utilisent pour vous faire acheter du Purell alors que vous aviez seulement l’intention d’acheter du déodorant et une nouvelle brosse à dents lors de vos commissions. Préparez-vous ! L’éclosion de la flore microbienne est imminente.

D’abord, durant l’été, nous avons vu apparaître les distributrices de savon rince-mains antiseptique. En passant, par souci de désigner ce produit par la marque la plus populaire en vente dans une pharmacie près de chez vous, je vais désigner ce savon à base d’alcool par Purell tout comme il m’est beaucoup plus instinctif de dire Kleenex au lieu de papier-mouchoir*. Bref, l’installation des distributrices de Purell est une mesure d’hygiène que l’École a entreprise dans l’optique de se conformer aux recommandations du MELS (Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport). Cependant, je ne crois pas que du Purell soit la turbo** solution pour satisfaire le parano qui dort plus ou moins dur en nous.

Bon, pour continuer mon explication, je vais devoir insister sur une tranche de vie. Il y a deux semaines, un nouveau m’a bien fait rire alors qu’il revenait d’une manifestation amicale en état d’ébriété. En traversant lourdement les portes de l’entrée des étudiants, il s’est précipité sur les distributrices de Purell en proclamant que les microbes ne prennent jamais de vacances. Les autres personnes à proximité n’osaient certainement pas déplaire à cet officier de le la santé publique et ont tous suivi son exemple. Avec un recul sur la situation, nous observons que cet hygiéniste s’est lavé les mains en entrant à Poly comme suggère les instructions sur les fameuses distributrices, mais qu’il est ensuite allé s’effondrer sur un sofa miteux pour dormir la face première dans un écosystème de champignons pathogènes.

Vous vous croyez plus intelligents que le protagoniste du paragraphe précédent ? J’espère alors que vous n’êtes pas du genre à vivre une expérience sensorielle de haute qualité avec un clavier d’ordinateur de Poly tout en mangeant votre sandwich que vous agrippez à deux mains. Oui, oui, je sais pertinemment que nous ne pouvons pas amener de nourriture dans des locaux d’ordis, mais comme la mise en pratique n’a rien à avoir avec la théorie… En passant, ce n’est pas parce que vous êtes habiles avec C++ que vos ports d’entrée de votre système immunitaire filtrent les microbes des centaines de personnes qui ont passées avant vous sur votre ordinateur. Oups, désolé, j’avais oublié que vous vous êtes servis des distributrices de Purell en arrivant le matin.

Quel serait l’impact sur la santé de la communauté polytechnicienne si le service informatique décidait d’acheter des claviers lavables pour les laboratoires du pavillon Lassonde versus l’installation des distributrices de Purell ? Après tout, n’êtes-vous pas capables d’appliquer normalement des règles d’hygiène de base, notamment de laver vos mains une fois de temps en temps avec de l’eau chaude et du savon qui se trouve depuis toujours dans les toilettes. Pour ceux qui croient que je divague en parlant de claviers lavables, j’ai trois mots pour vous : « Google that shit ! ». Bon, c’est une mesure assez coûteuse, mais je vous en prie, pensez-y la prochaine fois avant de devenir trop intime avec un clavier d’ordi de Poly.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, une deuxième vague de propagation de la grippe A (H1N1) frappera l’hémisphère Nord prochainement. Au fait, ce virus devient rapidement la souche grippale dominante dans la plupart des régions du monde. Je ne crois pas que c’est une raison pour sonner l’alarme puisque cette grippe demeure bénigne dans la grosse majorité des cas. Je crois cependant que des règles d’hygiène de base doivent persister dans nos mentalités, notamment se laver les mains avec de l’eau chaude et tousser dans son coude. Ce n’est pas parce que vous voulez avoir un billet du médecin que vous êtes obligés de propager vos germes.

Enfin, je ne vous inviterai pas à signer une pétition en ligne mettant de la pression pour que le service informatique achète des claviers lavables. J’encourage fortement le bon sens, par contre. Si tout le monde commence à utiliser abusivement de Purell comme unique mesure d’hygiène, le 0,01% (disons de façon optimiste) de microbes qui résistent à ce produit risque de se reproduire en masse entre le murs de Poly et ainsi constituer une souche pharmacorésistante. N’attendez pas que les microbes envahissent le monde avec notre école comme quatier général.

* Sachez qu’en réalité je suis totalement contre ce jargon impatronisé par des corporations américaines afin d’abuser des consommateurs non-avertis que nous sommes. Le conditionnement linguistique, ça les amis, c’est une autre histoire. Du moins, pour l’instant, l’idée de me défouler sur du Purell me plaît plus que de le faire sur du savon antiseptique.

** J’ai pris la liberté d’utiliser une expression générée par quelqu’un siégeant à la régie interne du mardi 8 septembre 2009.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.