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Un long dimanche de travail

Dieu créa le monde en six jours et se reposa le septième. Comme Dieu nous a créés à son image, nous avons donc le droit à ce jour de congé bien mérité. Or le déroulement d’une semaine typique à Poly ne devrait pas le permettre en théorie, voici pourquoi.

Par définition, le réveil du lundi est toujours trop dur. Les rêves d’un monde où les rivières de bière couleraient à flots, les toits de maisons seraient faits de pointes de pizza et les gens se déplaceraient en patins de hockey, prennent tout le temps le dessus sur un cours de mécanique supérieure. Cours de mécanique supérieure raté ? Et bien on rattrapera les notions vues cette séance-là dimanche.

Mardi (heureusement que les cours ne commencent pas avant l’après-midi comme les lundis), après une journée chargée à Poly (chargée à Poly étant un euphémisme, évidemment), installé confortablement devant la télé, télécommande en main, on remarque que les couleurs sont plutôt floues, s’ensuit un réglage des paramètres de la luminosité, contraste, etc… sans grand succès. En s’approchant pour vérifier si un câble est bien connecté, on se rend à l’évidence que la télé est en parfait état mais qu’un coup de torchon semble inéluctable, et ce sur tous les meubles de la maison. Donc dimanche il faudra faire le ménage.

Arrive mercredi, assis en cours, les yeux rivés sur la tache de café sur la chemise du prof, on se demande si sur notre lieu de travail éventuel on accepterait de passer la journée avec une chemise sale. Mais attendez, pour avoir un lieu de travail, il faut avoir un travail, et pour avoir un travail il faut avoir un stage avant, et pour ne pas être renvoyé de Poly il faut un stage aussi ! Et bien dimanche il faudra commencer à chercher un stage.

Jeudi midi, ayant fini les cours pour la journée l’avant-midi, rentré à la maison pour manger, on cherche désespérément un paquet de pâtes qu’on aurait oublié dans un placard secret de la cuisine, eh non, il n’y a plus rien dans le frigo à part une bouteille de ketchup et deux oignons dont la couleur commence à virer au vert. C’est décidé, dimanche on fait les courses. Plus tard, on se rappelle soudainement le lab à rendre lundi matin, justement pour le cours de mécanique supérieure. Bon comme on revoit les notions, dimanche, on fera le lab par la même occasion.

Vendredi, le leitmotiv de la semaine TGIF est la première chose à laquelle on pense en ouvrant les yeux. Par contre la première chose qu’on ressent est une douleur atroce qui sévit dans le dos. Il faudrait donc obligatoirement se résoudre à rentabiliser l’abonnement au CEPSUM le plus rapidement ; donc dimanche.

Samedi, gueule de bois, le pub a été particulièrement arrosé la veille, mais job exige, il faut se tirer du lit. Au travail (une boutique de chaussures), en aidant une vieille dame avec ses chaussures médicales, l’image de Mémé Geneviève apparaît et ses hurlements s’entendent parce que ça fait un bon bout de temps qu’elle n’a pas eu de nos nouvelles. En regardant l’heure on se dit qu’elle doit être en train de jouer aux cartes avec Tatie Mimi et vaut mieux l’appeler demain, dimanche.

Arrivée du jour fatidique, le jour de repos…enfin presque ! Grasse matinée bien méritée pour récupérer le manque de sommeil de la semaine. Finalement on décide de se lever à midi. Le ventre vide, on se dirige vers le frigo et en chemin on se rappelle que lui aussi est vide. On commence à réfléchir : quoi acheter ? Impossible d’arriver à une conclusion le ventre creux, on opte finalement pour la sandwicherie du coin. Mais ça ne résout pas le problème des courses ; tant pis, le reste du sandwich servira pour encore un jour dans la semaine. On appelle donc l’ascenseur mais lui semble en congé. Bon comme en tout cas il était prévu d’aller au gym aujourd’hui, on prendra les escaliers pour dévaler les 3 étages jusqu’à la rue. De retour dans l’appart affalé dans le canapé, on allume la télé. Ah oui il faut faire le ménage. On réunit tous les efforts du monde et on se défait du sandwich déjà entamé pour prendre un mouchoir et épousseter la télé. Un mouchoir ce n’était peut-être pas une bonne idée, la statique et la poussière ne font justement pas bon ménage. On réussit à dégager la poussière du centre de l’écran et de la loger dans les coins. Au moins les couleurs sont claires maintenant et on peut retourner au sandwich. Une fois fini, on décide de passer aux choses sérieuses, il faut bien se trouver un stage. On se connecte au site de Poly, puis au site du service de placement. Petit problème, l’accès aux annonces de stages n’est pas accordé, on devra se présenter pour régler le problème. On aura tenté. Il reste à revoir les notes de cours de mécanique supérieure raté et à faire le lab. Ça peut attendre après la séance de Facebook/YouTube/MSN/Twitter. Trois heures plus tard, en ouvrant la boite mail de Poly, on trouve un mail du co-équipier du lab de mécanique qui dit qu’il l’a fait en entier, mais on doit faire le prochain. Cool, c’est dans deux semaines c’est loin. Puisque le lab est fait on n’a plus vraiment besoin de revoir le cours. On comprendra par déduction les notions ratées lors du prochain cours. On peut donc retourner faire la même chose Facebook, mais cette fois la conscience tranquille. Plus rien à faire, on peut donc passer un coup de fil à Mémé, ça va lui faire énormément plaisir ; le téléphone sonne chez elle, elle décroche, après quelques bribes échangées pendant lesquelles elle ne nous reconnaît toujours pas, elle raccroche en insultant les télémarketers qui essayent toujours de lui vendre n’importe quel truc.

Et c’est une nouvelle semaine qui commence, en espérant que cette fois le dimanche durera entre 25 et 72 heures pour prétendre avoir le temps de faire tout ce qu’on reporte. Mais le dimanche est quand même le dimanche, jour de repos, et puis si on faisait tout ce qu’on devait faire on ne pourrait pas se plaindre dans la semaine qu’on est surchargé !

[NDLR : Cet article devait être rédigé un dimanche, mais comme il se doit, il l’a été un jeudi, une heure avant que le journal ne soit envoyé pour impression.]




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