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Événements Trance à Montréal

Certains prophètes de malheur répètent que la Trance est un genre de musique condamné à disparaître sous peu. Peuf !!!!! On retrouve pas moins de 7 artistes Trance dans le populaire sondage
« Top 100 DJs » de DJ Mag. . Une autre preuve est qu’il y a toujours de nombreux événements Trance à Montréal-même. Durant le mois de juillet, j’ai eu l’occasion d’assister à deux spectacles Trance, curieusement tous deux commandités par Heineken. Le coût des billets était donc très abordable. Le 4 juillet, Ferry Corsten faisait tourner les platines au Complexe Millennium dans le cadre de la sortie de Twice in a Blue Moon. Puis, le 17 juillet, Richard Durand brassait la baraque au Club Opéra. Voici un compte-rendu de ces deux événements, où lasers, glowsticks et musique électronique assourdissante étaient au rendez-vous.

Ferry Corsten live au Complexe Millennium

Ne me demandez pas comment le Complexe Millennium puisse présenter un DJ de calibre international comme Ferry Corsten : la seule hypothèse que je puisse avancer est que le promoteur du club possède un compte bancaire bien garni… En vrai, le Millennium n’est vraiment pas le meilleur endroit pour aller clubber. Pour soutenir cette affirmation pourtant incontestable dans les milieux de clubbing, voici quelques arguments irréfutables. Tout d’abord, l’endroit est juste laid… le décor se résume à des sculptures de pharaons côtoyant une boule disco géante et à des ventilateurs ornementaux qui enlaidissent les murs. De plus, il y a même des machines de loterie vidéo placées dans les recoins du club. Au moins, les effets visuels tels que les lasers et l’éclairage multicolore mettaient de l’ambiance… Toutefois, le DJ résident qui précédait Ferry Corsten, Louis-Georges Cazabon, était, à mon humble avis, d’un ennui abyssal… Certaines personnes avaient l’air de bien aimer son mixing, mais en général, la foule ne semblait pas trop bouger.
Cependant, le comble de l’horreur réside en la tarification des consommations alcoolisées : un shot d’une once de Jägermeister ou une bouteille de Heineken coûtent tous deux 7 $ : C’EST UN BLASPHÈME ! C’EST DE LA FOLIE !

À ce stade là, on aurait cru à une soirée ruinée, mais c’était sans compter sur le génie musical et l’animation charismatique de Ferry Corsten. Dès sa première minute aux commandes des tables tournantes, on savait que le 6e meilleur DJ au monde (selon DJ Mag) allait impressionner. Ce qui distingue Ferry Corsten de l’écrasante majorité des DJs, c’est la qualité et la popularité de ses chansons : un savant mélange de mélodies au son très électronique agrémenté d’un rythme très accrochant. Sur quelques chansons, l’ajout de paroles amplifie le caractère dudit morceau. Comme de fait, les 3 premières chansons de son set étaient, à elles seules, suffisantes pour mettre un maximum d’énergie dans la salle: ça contrastait totalement avec les morceaux du type « boom tss boom tss boom tss » que mixait Cazabon. Et ce n’était que le début. Tout au long de la soirée, Ferry Corsten mélangeait des extraits de son nouvel album avec quelques-uns de ses classiques très connus, pour le plus grand bonheur des clubbers présents. Les morceaux du nouvel album qui semblaient les plus populaires auprès de la foule furent We Belong, Shanti (mon préféré) et Brainbox (cette dernière chanson étant la version allongée de The Race). Toutefois, c’est le désormais immanquable Beautiful qui a mis le feu au club.

Le clou de la soirée a été sans contredit le charisme incomparable de Ferry Corsten. Alors que la majorité des DJs quittent le club aussitôt l’heure de fermeture, Ferry, lui, répondait aux « encore » de la foule et enfilait quelques-uns de ses classiques comme Carte Blanche et Out of the Blue. Les haut-parleurs se sont tus définitivement à 3h30 du matin, mais le très sympathique DJ néerlandais s’est ensuite amusé à signer des autographes et à se faire prendre en photo pendant au moins 15 minutes. Il n’y a pas de doute, malgré le fait qu’il soit un des DJs les plus talentueux au monde, son enthousiasme et son attitude terre-à-terre font de lui un très chic type. Décidément, c’était un rave infiniment mémorable.

Richard Durand au Club Opéra

En rentrant dans l’Opéra, il est facile de comprendre pourquoi ce club est parmi les plus courus à Montréal : c’est un lieu très invitant, avec un décor rappelant certains des plus beaux clubs d’Ibiza : les plantes accrochées sur les murs, les chandeliers descendant du plafond, les sofas en cuir blanc, la mezzanine du deuxième étage, tous ces éléments transpirent le luxe, ce qui est loin du sentiment d’entrepôt déserté que laisse le Millennium… Les consommations alcoolisées, quoique assez dispendieuses, ne le sont pas autant qu’au Millennium : une Heineken est 6,50 $ et un shot de Jägermeister coûte 4 $. Malheureusement, la Ville de Montréal a acheté le quadrilatère dans lequel l’Opéra se trouve (au sud de la rue Sainte-Catherine et à l’ouest du boulevard Saint-Laurent) : le club fermera au courant des 12 prochains mois. Donc, si vous voulez profiter de l’ambiance unique de l’Opéra, allez-y le plus tôt possible.

La soirée a débuté avec deux DJ locaux, Malek et Carl Müren. Le set de Malek commença d’une manière plutôt tranquille, pour ensuite prendre plus d’énergie au fur à mesure que les fêtards entraient dans le club. Toutefois, l’atmosphère devint électrisante lorsque Carl Müren prit le contrôle des tables tournantes (ou des CDJ-1000 pour être plus précis…) Le DJ québécois enfilait des chansons entraînantes avec une telle fluidité qu’on aurait cru qu’il était la tête d’affiche de l’événement. D’ailleurs, lorsque Carl Müren et Richard Durand s’échangeaient de place vers minuit, j’aurais juré voir Durand lancer à Müren un regard du genre « Merde ! T’étais trop fort ! Il va falloir que je travaille très fort juste pour t’accoter ! » Il faudra le surveiller ce Carl, car il est décidément très talentueux.

Malgré cela, Richard Durand réussit à se surpasser. La première chanson jouée fut un bootleg techno de Billie Jean, en hommage à Michael Jackson.

Évidemment, ce n’était pas aussi bon que l’original, mais c’était quand même bien. Le moment fort de la soirée fut lorsque Durand faisait jouer Always the Sun (le Fall Down remix plus précisément), un magnifique morceau de son album du même nom. Toutefois, la performance de Richard Durand n’était pas aussi bonne que celle de Ferry Corsten. À mon avis, les chansons jouées par Ferry étaient beaucoup plus entrainantes, et son DJing était plus interactif (c-à-d qu’il s’amusait à modifier les basses et les hautes selon la progression d’un morceau). N’empêche, Durand a quand même été excellent, et a démontré également un bon charisme en jouant un « encore » à la fin de la soirée.

Le bilan

À mon humble avis, l’élément le plus important dans un rave demeure le DJ. S’il est excellent, le party peut prendre, peu importe le lieu, comme l’a si bien démontré Ferry Corsten au Millennium.

Considérant le coût du billet (20 $), il ne faut pas être trop exigeant non plus. Mais c’est toujours agréable d’en avoir un peu plus…

Et puis la chronique auto dans tout ça ?

Ma chronique d’actualité automobile revient la semaine prochaine. L’été a peut-être été moche côté météo, mais pas dans l’industrie automobile : la liste de nouveautés et de nouvelles chocs est on ne peut plus longue. Disons que ça va être assez compliqué de résumer tout ça en une page.

Jubilation et abus verbaux garantis.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.