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Entrevue avec Cœur de Pirate

Dans toute l’histoire de la piraterie on retiendra le nom de 3 femmes célèbres : Anne Bonny, Mary Read et Béatrice Martin. Si les deux premières ont passé leur carrière déguisées en hommes à parcourir les sept mers, la troisième navigue depuis plusieurs mois entre le Québec et la France pour remplir les salles de concert et les pelouses des festivals. Le Polyscope a rencontré pour vous cette flibustière au grand coeur.

Le 25 juin en milieu d’après-midi devant la maison de Radio-Canada. Ciel bleu. Lunettes fumées. Une table. Deux chaises. C’est dans la simplicité que la jeune artiste me reçoit avant se s’embarquer dans de nouvelles aventures et la promesse d’un été déjà bien chargé. Car Cœur de Pirate est un phénomène rare qui rappelle le destin des Arctic Monkeys. D’abord repérée sur Internet au travers du site communautaire MySpace dans le courant de l’année 2007, c’est suite au lancement de son album solo, le 16 septembre dernier, que sa carrière décolle et que s’enchaînent alors les apparitions dans les grands festivals francophones comme Osheaga, M pour Montréal et les FrancoFolies. Mais pour Béatrice Martin, cette célébrité est éphémère et « tout pourrait partir demain ». Carpe Diem donc pour la belle montréalaise qui dit essayer de profiter au jour le jour de ce succès tout en gardant la tête froide.

Cœur de Pirate, c’est d’abord une naissance. Pianiste de formation classique qui rêvait de travailler dans un magazine de mode, elle découvre la musique à l’âge de 3 ans et reste sur les bancs du conservatoire jusqu’à l’adolescence où elle laisse tout tomber. Si c’était à refaire elle se serait bien passé des cours de solfège et des gammes répétées de façon interminables. « J’aurais peut-être pas eu les mêmes skills », avoue-t-elle en souriant. S’en suit une période sombre et difficile au cours de laquelle la jeune artiste se referme sur elle-même et voit ses fréquentations tomber dans la spirale de la délinquance. Sur son corps se mettent à fleurir les tatoos en un flot discontinu. Puis vient l’élément déclencheur : une rencontre. Une rencontre qui tourne mal et qui laisse des marques. Le genre de rupture dont il semble à jamais impossible de se relever. C’est pour surmonter cette épreuve qu’elle se met à composer pour « arrêter de broyer du noir ». D’abord incertaine, elle puise ses influences dans un répertoire riche allant d’Eddie Michel à Malajube en passant par Rihanna, Aznavour et Katy Perry. Des mélodies aériennes et sentimentales. Des paroles cinglantes sous une cascade de notes. Le bouche à oreille opère et les labels accourent. Béatrice Martin se dit aujourd’hui reconnaissante à ses fans de la première heure et au « peer to peer » qui ont permis de catapulter ses chansons vers le sommet des palmarès.

Après avoir passé une année sur la route, c’est l’heure du bilan. Une année remplie de concerts et de compositions en préparation de son futur album où Béatrice Martin n’a pas eu le temps de s’ennuyer. Une année au cours de laquelle elle a défendu fièrement les couleurs de la nouvelle scène montréalaise sur le sol français. Une année qui a vu la naissance d’une nouvelle approche de son talent au travers du side-project anglophone Pearls en attendant de rencontrer son public américain. Aucun doute, la flibustière de passage à Montréal à la fin du mois pour sa seconde participation au FrancoFolies de Montréal sait où elle va et se donne les moyens d’y arriver.

PORTRAIT

Un lieu

Place de la République

Un instrument de musique

Un didgeridoo

Une chanson

Crooked Theeth – Death Cab for Cutie

Une couleur

Rose

Un animal

Un cerf

Un film

Hotel Chevalier – Wes Anderson

Un super-héro

Aquaman

Un moment de l’année

Mois de septembre

Un personnage historique

Milan Kundera

Un plat/boisson

Rouleaux californien / Sprite

Un festival au Québec

FrancoFolies de Montréal

Pour plus d’information :

www.coeurdepirate.com

www.myspace.com/coeurdepirate

www.daretocarerecords.com




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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