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Conférence témoignages d’étudiants de Polytechnique

Dans le cadre de la Semaine nationale de prévention du suicide, Polytechnique s’active pour sensibiliser sa population à ce drame social, qui est encore la deuxième cause de décès chez les jeunes Québécois.

Le 4 février dernier, à l’heure du midi, lors de la pause commune, une conférence témoignages a eu lieu à la Galerie Rolland, au 6e étage. Animée par Mélissa Garrido, conseillère aux étudiants au SEP, la conférence traitait du vécu de deux étudiantes actuelles et d’un ancien étudiant de Polytechnique sur le marché du travail.

 

Dans le cas du professionnel sur le marché du travail, tout comme de l’étudiant universitaire, c’est un environnement où il faut performer et donner des résultats. C’est une culture d’excellence. Quand on a le réflexe de s’y embarquer parce qu’on aime simplement ce qu’on fait, il émerge un désir de se surpasser et de repousser ses limites. Ce désir est si enivrant et si valorisant qu’on se sent capable de donner son 110 %, qu’on est capable d’en prendre et de se réaliser. Cela peut sembler inoffensif… jusqu’à ce que ce stress de performer et de donner des résultats (anxiété de performance) soit devenu omniprésent.

Quand le corps et l’esprit décrètent unilatéralement que ça suffit, cela se manifeste non seulement par des symptômes physiques d’épuisement, de sommeil non réparateur, de perturbation de l’appétit, mais aussi ultimement psychologiques comme la déprime, la perte du goût de faire ce qu’on aime faire d’habitude, l’anxiété et l’irritabilité aux situations imprévues, ainsi que cognitives telles que la diminution significative de la concentration, nuisant à la lucidité pour donner l’impression que tout est une montagne à gravir. C’est la dépression.

Quand on se sent pris au piège de la vie, le pire des choses est de l’être en silence. Il faut en parler aux gens de confiance comme nos proches, notre entourage. Même les collègues peuvent être compréhensifs et vivent peut-être la même chose. En parler comment? Peut-être dire simplement qu’on ne se sent pas bien, que l’on constate des changements non souhaités dans notre quotidien, qu’on ne comprend pas ce qui se passe avec soi-même… Aussi, bien important encore, consulter des professionnels de la santé, comme notre médecin de famille et un psychologue, pour nous aider à démêler la pelote de laine qui s’est coincée dans l’engrenage de la roue de notre hamster qui y courait beaucoup. Il a été mentionné dans la conférence que le proche pourrait chercher à vouloir dire quelque chose d’aidant, comme donner un conseil, mais pourtant, ce n’est pas nécessaire. Le meilleur rôle qu’un proche peut être est d’être à l’écoute et d’être présent quand la personne a besoin de lui. C’est au professionnel de la santé qu’incombe le rôle de donner des conseils.

La meilleure chose à considérer, en guise de prévention, est l’équilibre entre le travail et le loisir. Cela signifie d’abord conceptuellement à faire un cheminement personnel pour apprendre à s’écouter, à connaître nos limites et à les respecter. C’est faire preuve d’humilité. Mais en pratique, c’est de se donner un temps de loisir comme faire un sport qu’on aime ou toute autre activité physique qui nous semble appropriée. En passant, la pratique de l’activité physique après une certaine durée permet au corps d’excréter des endorphines, hormone du bien-être. Aussi, s’alléger les épaules en en prenant moins, savoir s’affirmer pour dire non dans le milieu du travail par exemple, pour se donner le temps de souffler, de se reposer et de penser à autre chose. C’est comme éviter de mettre tous les oeufs dans le même panier; il faut diversifier notre portefeuille d’activités diurnes.

Au SEP, il est commun de rencontrer des étudiants subissant un stress important dû à leurs études notamment, où ils sont vulnérables aux troubles anxieux et à la dépression. N’hésitez pas à demander de l’aide ou des conseils si vous sentez que vous perdez le contrôle et ne savez plus où vous donner de la tête.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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