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La musique pour mieux guérir

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Un peu de musique peut colorer votre vie. Photo © weHeartIt

La musique pour guérir. Dit comme ça, ça peut paraître farfelu, mais pourtant, c’est une science bien réelle.

Comme le disait disait Emmanuel Kant, philosophe allemand du 18e siècle. « La musique est la langue des émotions ». En effet, chaque état d’esprit peut s’accompagner d’une chanson, et les émotions sont souvent amplifiées par la musique. Qui n’a jamais sauté de joie en entendant « sa toune », vécu sa tristesse à travers une balade mélancolique, qui n’a jamais fêté la fin des exams sur un mix techno un brin trop répétitif? Bref, la musique fait partie de nos vies et réussit parfois à exprimer ce que les paroles ne savent pas dire. C’est d’ailleurs pour cela que des scientifiques, musiciens et thérapeutes partout dans le monde tentent d’en comprendre les effets sur l’humain, tant au niveau psychologique que physique.

Vieux comme le monde

La musicothérapie n’est pas née de la dernière pluie, comme on dit. En -500, les Grecs pratiquaient déjà « l’altération de l’humeur par la musique ». Au son de la lyre, les Grecs étudiaient déjà les réactions de l’humain aux diverses notes et accords de musique. Pythagore tentait d’établir un lien entre le mouvement des astres et la musique afin de mettre en symbiose l’humanité et Platon jugeait que l’État avait le devoir de règlementer la musique dans le but de protéger les mœurs et la morale de l’époque. Bref, la musique est une science qui intéresse les esprits de ce monde depuis bien longtemps, et pas seulement parce qu’elle met une belle ambiance dans un party de Noël.

Chacun son style

Au cœur de cette science se trouvent les musicothérapeutes. Capables de discerner, après un examen sommaire ou plus poussé de votre profil psychologique, quelles sonorités, accords, notes ou même genres de musique vous feraient le plus de bien, on peut presque dire qu’ils vous trouvent la chanson qu’il vous faut. Travaillant de pair avec des compositeurs, orthophonistes et autres professionnels du milieu, ce sont eux qui vous font votre « prescription musicale » en fonction de votre condition particulière. Parce que oui, vous avez votre bibliothèque musicale sur votre ordinateur et vous savez qu’à un tel moment, vous « feelez » pour écouter telle chanson. Mais eux, ils poussent le raisonnement un peu plus loin.

Joues-tu?

En fait, dire qu’ils font seulement vous prescrire des chansons serait un peu irrespectueux. Les musicothérapeutes se servent en fait de deux types d’approches générales : l’active et la réceptive. Comme vous pouvez vous en douter, l’active sollicite plus l’expression de soi, la composition, voir l’improvisation, en utilisant autant le chant que des instruments. Dans une telle approche, le ou la thérapeute accompagne le sujet dans sa création directe et l’aide à s’exprimer, autant sur le plan sonore que gestuel.

Au contraire, la réceptive vise plus l’écoute, la méditation et la recherche d’émotions. Ici, c’est la mémoire et la concentration qu’on stimule, dans le but de la développer, ou de la retrouver. Les deux approches servent des fins différentes, mais sont souvent employées en parallèle pour un traitement optimal.

Un esprit sain…

À la base, la musique n’est qu’une variation de la pression de l’air, mais il y a maintenant des preuves que ses effets sur l’humain ne se limitent pas à la vibration du tympan. Au niveau psychologique, la musique est connue comme étant un relaxant plutôt efficace. Mais ça va encore plus loin.

De plus en plus d’études tendent à montrer que la musicothérapie peut aider grandement le traitement de pathologies psychiatriques graves comme la schizophrénie et la dépression. Des patients schizophrènes dont le traitement « traditionnel » avait été couplé à la musicothérapie ont montré une nette amélioration de leurs symptômes, en comparaison avec le traitement traditionnel seul. De la simple capacité de tenir une conversation à l’intérêt pour les évènements extérieurs, certains patients montraient une très bonne reconnexion avec la réalité lors de sessions en compagnie d’un musicothérapeute, avec des effets qui perduraient de plus en plus au fil du traitement. D’autres études démontrent que des patients souffrant de dépression majeure ont plus de facilité à exprimer leurs états émotionnels en écoutant des chansons tristes qu’en écoutant de la musique joyeuse, agressive, ou pas de musique du tout. Des observations sur le cerveau ont aussi montré que l’écoute de musique pouvait transférer l’activité du lobe frontal droit vers le gauche, un phénomène aux effets bénéfiques sur l’humeur. On dénote même des cas d’amnésie post-traumatique dans lesquels les sujets retrouvaient progressivement la mémoire quand on leur présentait des partitions et instruments qu’ils avaient déjà joués ou des chansons marquantes de leur vie. Sans être une solution à part entière, la musicothérapie en parallèle avec un traitement traditionnel permet donc un rétablissement plus efficace.

Dans un corps sain!

Le plus beau, c’est que ça ne s’arrête pas là! La musicothérapie aurait aussi des effets au niveau physique. Des patients en prise avec des problèmes cardiaques ont montré des rythmes cardiaques et respiratoires plus lents et réguliers lorsque soumis à un traitement musical régulier. Des améliorations ont été observées pour des cas de problèmes neurologiques et cognitifs, mais les effets sont malgré tout encore méconnus.

Des athlètes de haut niveau ont aussi commencé à faire affaire avec des musicothérapeutes pour améliorer leurs performances. On peut se douter qu’un esprit en bonne santé permet au corps de fonctionner au maximum de ses capacités. Un corps moins sollicité par le stress est entre autre beaucoup moins limité dans l’exécution de tâches exigeantes.

Donc, sans être une révolution du domaine psychiatrique ou une solution magique à tous les problèmes de santé mentale, la musicothérapie est probablement une médecine alternative dont en entendra de plus en plus parler dans les prochaines années. Qui sait, peut-être n’est-ce qu’une bonne « playlist » qui réussira à déstresser la population polytechnicienne…

Un cor français, instrument probablement très peu utilisé en séance de musicothérapie. Photo © Etsy

Un cor français, instrument probablement très peu utilisé en séance de
musicothérapie. Photo © Etsy

Mots-clés : Musique (217)



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