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Maintenant à saveur de fusil

C’est fabuleux à quel point les armes à feu peuvent transformer le simplet moyen en véritable tata, calibre danger publique de luxe. Vous ne serez donc pas surpris par le fait divers que je vais vous relater : Eh ouais, on va faire une courte escale au Texas. Je trouve le stéréotype du texan armé plus facile qu’une fille saoule dont les 5 derniers verres étaient chargés de GHB, mais parfois, vous en conviendrez, il faut se gâter. Je vais vous mettre en contexte : dans la ville de San Antonio, Texas, une promotion sur les burritos dans les Taco Bell indiquait le prix desdits délices mexicains à 99 cents. Un client, affamé, en commande sept (ça vous donne une idée de l’alimentation du personnage. Eh merde, encore un stéréotype éhonté, gracieuseté de votre chroniqueur favori), pour finalement se faire dire que les burritos sont revenus à leurs prix standard de 1,49 $. Bon, rendu là, 3,50 $ de différence, pour 7 burritos, c’est pas la mer à boire, surtout que notre premier réflexe serait de dire au mec que ça lui apprendra à surveiller ce avec quoi il se tartine la tronche. Sauf que, c’est le Texas, et notre gentil client, nommé Ricardo Jones, sort un fusil à plomb et commence à tirer. Il rejoint son véhicule, sort un pistolet-fusil d’assaut, puis prend la fuite immédiatement après avoir entendu les premiers bruits de sirènes policières.

L’histoire ne s’arrête pas là non plus : Jones se réfugie dans un motel, et un stand-off avec négociateur, snipers, tout le tralala bref, s’ensuit pendant trois heures. Les forces de l’ordre finissent par lâcher les gaz lacrymogènes pour investir le motel, appréhendant l’amateur de bouffe mexicaine contre qui des accusations de voies de fait graves seront portées.

Bon, premier constat : pourquoi la panique sur des burritos ? Ce n’est pas comme si Taco Bell était le seul vendeur de nourriture d’inspiration mexicaine dans cette ville du Sud du Texas. Avec la quantité d’ingénieux immigrants illégaux qui trouvent refuge dans ce coin des États-Unis (voir ma précédente chronique sur les frontières américano-mexicaines), la concentration en restaurants mexicains est assez élevée merci. Ça serait l’équivalent des restaurants chinois à Vancouver, probablement.

Est-ce que votre fusil a besoin de plus de fusil ?

Derrière cette question, au demeurant absurde, se cache une interrogation bien réelle. Vous vous rappelez vos fusils NERF? Ceux qui lançaient des projectiles de mousse? Moi, je finissais toujours par tapper le monde avec la crosse du fusil, je trouvais ça plus efficace que les balles en mousse somme toute inoffensives. Tout ça pour dire que ces fusils-là, aussi absurdes soient-ils avec leurs 15 canons qui tirent dans des directions différentes, autant il faut croire que des designs aussi éclatés ont inspiré des fabricants d’armes qui veulent retourner en enfance. Mesdames et messieurs, si vous êtes un enragé de la gachette dont le cœur est résolument celui d’un enfant, je vous donne le MAKO UTA, une composante que vous pouvez ajouter au bout de votre fusil d’assaut favori pour y ajouter un pistolet. En fait, théoriquement, si votre pistolet a une grip particulière, vous pourriez enfiler pistolet sur pistolet dans un amalgame avant-gardiste et foncièrement inutile. Mais revenons-en au UTA, le wet dream de tous les membres de la NRA (National Rifle Association). Techniquement, ça devrait servir d’arme de secours si votre fusil d’assaut bloque, ou si vous n’avez pas le temps de recharger. Sauf que, de façon pratique, ça ressemble davantage à une innovation style « je compense pour quelque chose ». Ça a l’air excessivement peu confortable, vous n’avez qu’à regarder les photos officielles pour réaliser que le mec a vraiment hâte que le photoshoot finisse. Une autre belle innovation, franchement, bravo.

D’ici peu de temps, pour ne pas avoir l’air d’une tapette selon les amateurs d’armes à feu, il va falloir avoir un fusil qui tire un autre fusil plus petit, qui lui-même en tire un autre.

Mots-clés : Chronique barbare (22)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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