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La vérité qui dérange : Taxman

Par Sébastien Vilfayeau

Vous aurez tous reconnu la fameuse chanson du fameux rock band de Liverpool : The Beatles. Je vous niaise, personne ne connait Taxman, même pas Paul McCartney. Malheureusement, l’actualité de la semaine n’est toujours pas musicale, ne vous inquiétez pas cela viendra un jour. Cette semaine, on va parler taxes. Ce sujet n’est pas très palpitant à première vue. Mais les apparences sont souvent trompeuses…

Vous vous demandez sûrement quelle mouche a bien pu me piquer pour que je m’intéresse aux taxes québécoises. Un road trip à Boston et une halte dans un Liquid Store du New Hampsire, état connu pour sa devise « Leave free or die », m’ont poussé à mener mon enquête sur le taux des taxes. Muni de ma pipe, de ma loupe et de ma fiole de sirop d’érable, tel un Sherlock Holmes version québécoise, ma mission pouvait commencer. La première escale fut ce fameux magasin d’alcool du New Hampsire. Je suis donc parti à la conquête de mon premier indice, dix litres de Cabernet Sauvignon, acquis pour la maudite somme de 24$, soit 2,4$/L. Je jure sur Dionysos, dieu du vin pour les incultes, de l’exactitude du montant payé. Pour savoir si j’avais réalisé l’affaire du siècle, je devais savoir si ce vin était excellent. Pour cela, j’ai dû poursuivre mon investigation avec une petite expérience. J’ai bu cinq litres de vin rouge en trois heures, fait treize allers-retours aux toilettes et offert une soupe pour le chien de ma coloc avec les nouilles du midi, afin de confirmer dans les meilleurs conditions la qualité du vin. Un bon enquêteur doit savoir faire des sacrifices. L’étape suivante fut de traverser la douane, incognito, tel une mouche costaricaine dans un café colombien. Pour cela, il existe deux solutions. Soit vous vous appelez Sébastien, êtes plutôt mignon,carrément mignon même, que dis-je sexy, grand, brun aux yeux bleus avec un sourire charmeur et le tour est joué. Ne voyez aucune forme de narcissisme dans mon discours. Je ne fais que relater les propos de mon ancienne prof de maths. Ou bien vous jouez la carte du sarcasme avec la douanière. « Bonjour, avez-vous fait des achats durant votre séjour? Non, j’ai tout volé. Avez-vous reçu des cadeaux ? Bien sûr, une dizaine de touriste chinois m’ont pris pour Ben Affleck et m’ont offert le CD de Linda Lemay. Non, je plaisante. Un préservatif d’une prostitué ça compte ? »

J’arrête de jaser et de croire que je suis drôle avec mon histoire. Parlons vrai! Je ne vous apprendrai rien en vous soulignant que le Québec est l’une, si ce n’est la province la plus taxée au Canada. Il y a la TVQ, taxe de vente du Québec sur les produits et les services, perçue par le gouvernement du Québec et sa sœur jumelle la TPS, taxe sur les produits et services perçue par le gouvernement fédéral. La TPS a un taux de 5 %, tandis que la TVQ a un taux de 8,5 %. Le taux a été augmenté de 7,5 % à 8,5 % le 1er janvier 2011 et sera augmenté à 9,5 % le 1er janvier 2012. À cette allure là, elle vaudra 220 % en 2189. Non, on se sera tous entre tué avant pour injecter dans notre chars les dernières gouttes de pétrole qu’il restera en Libye, pays dirigé par un chinois, comme tout les pays de 2189. Plus sérieusement, chaque province est libre d’appliquer sa propre taxe de vente, dont le taux varie entre 0 % et 10 % (2010). Contrairement à ses voisins, le Québec a une fâcheuse tendance à augmenter la TVQ quand la TPS diminue. Cela ressemble un peu à une nuit avec ma blonde. Cette bataille acharnée pour savoir qui aura le plus de couverture. Au final, vous vous réveillez toujours le lendemain en éternuant. Aux États-Unis, la « sales tax » est fixée par chaque état et va de 0 % (Oregon, Alaska, Montana, New Hampshire, Nouveau-Mexique et Delaware) à 8,75 % (Californie). Voilà pourquoi j’ai pu acheter 10 litres de vin rouge pour 24 $. La question fondamentale que chacun d’entre nous doit se poser est : Doit-on taxer et si oui pourquoi? Les taxes ne servent pas qu’à payer des secretaires belles et charmantes aux députés. Elles permettent aussi de reboucher les nombreux nids de poules qui sillonnent nos rues montréalaises. À ce sujet, je me suis quand même demander pourquoi avec autant de nids de poules les œufs sont toujours aussi chers. Plus sérieusement, elles servent aussi à financer la santé et l’enseignement. C’est notamment pour cela qu’ils augmentent la TVQ et baissent nos frais de scolarité. Non, je rigole. Ils veulent juste sucer tout notre sang, tel des sangsues avares et corrompues. Doit-on vivre dans une province taxée comme le Québec, avec une assurance maladie pour tous, des frais de scolarités RELATIVEMENT accessibles et un alcool surtaxé qui permet de maintenir un niveau d’alcoolisme stable ? Ou bien vivre dans le New Hampsire ? Boire de l’alcool à volonté. Conduire une moto sans casque. Avoir une cirrhose du foie et un cancer à 40 ans. Être endetté pour payer ses frais de santé. Et mourir analphabète et pauvre dans une totale indifférence. Un choix fort indécis. Les Américains ont, eux, eu le courage de choisir la seconde solution. Il aurait pu choisir une troisième solution: le modèle français. Le meilleur système de santé et d’éducation à mes yeux, l’alcool moins cher que l’eau minérale et des fonctionnaires faisant grève toute l’année, afin d’obtenir de nouveaux avantages sociaux, les rendant par la même occasion, plus gâteux et gâtés. Qui a dit que les Français étaient chauvins ?




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.