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Quand la vague déferle sur le samourai

Les images laissent sans voix. Ce qui n’avait pas été envisagé est arrivé. Populations délocalisées, tremblements de terre, menace nucléaire, tsunami ravageur… le Japon fut touché la semaine dernière par une série d’évènements des plus tragiques aux conséquences désastreuses.

Personne ne peut rester insensible devant de telles photographies rapportées par les journalistes de tous les médias. La vision d’une déferlente s’engoufrant à travers champs et lotissements, fauchant tout sur son passage, balotant d’inonbrables voitures et maisons au gré de la vague relève de la science fiction. Le vrombrissement sourd fait place au silence glacial. Les premières impressions reportées par les journalistes dépéchés sur les lieux glacent le sang. Le temps s’est arrêté dans la région du Sendai. Les pertes humaines se comptent en milliers, dépassant l’entendement.

D’un autre côté, il est remarquable d’observer la réaction du peuple japonais. Fort d’une histoire ponctuée de désastres et de défis à relever, les habitants de l’archipel impressionnent par leur attitude, ne sombrant pas dans les émeutes. La société ne sombre pas dans les effets secondaires néfastes d’un tel désastre.

Le gouvernment japonais se retrouve devant la tâche titanesque de relever un pays abattu par une force invisible. Au prises avec une menace nucléaire provoquant les plus vives peurs, il se retrouve à gérer des milliers de dossiers dans l’immédiat. Nous sommes bien privilégiés de pouvoir observer depuis chez nous un tel désastre.

Le détail qui m’interpelle le plus reste la violence des évènements, et surtout l’image véhiculée depuis plusieurs jours à travers les médias. Profitant des images mises à disposition par le réseau d’informations japonais NHK, les chaînes du monde entier se sont mises à relayer en boucle les séquences désastreuses du tsunami. Par la suite, la crise du nucléaire a occupé la majorité du temps d’antenne consacré au Japon.Sans diminuer l’importance et la gravité du désastre de Fukushima, je remet en doute certaines informations parvenus à travers certains médias. Ce que je veux dire par là, c’est que les journalistes ne possèdent peut être pas la formation nécessaire pour vulgariser et comprendre un sujet aussi délicat que la question du nucléaire, surtout en temps de gestion de crise.

C’est ainsi que j’ammène le thème de cette édition du Polyscope. Le Japon est au centre de nos conversations et nous portons depuis le début du mois de mars nos pensées vers le peuple japonais. Néanmoins, j’ai décidé d’aller chercher auprès de quatre experts leur avis sur les évènements. Le dossier de cette semaine se veut de grande envergure, tentant d’informer et de transmettre une information sans faire preuve de sensationnalisme. La première partie est axée sur les phénomènes naturels, avec en particulier l’explication des mécanismes de formation des séismes et des tsunami par Serge Occhietti, géologue et professeur à l’UQAM.

Le nucléaire fait peur, ne peut être perceptible par la population et est par nature une zone d’ombre dans notre inconscient. Je me suis entretenu avec Guy Marleau, directeur de l’Institut de génie nucléaire à l’École Polytechnique pour tenter de comprendre ce qui se passe avec les différents réacteurs de Fukushima.

Finalement, pour clore ce dossier, j’ai eu l’occasion de discuter avec deux professeurs de l’École Polytechnique, Thierry Warin et Nathalie de Marcellis-Warin, respectivement économiste et spécialiste en risques et en développement durable, pour aborder la question de l’impact du tsunami sur l’inconscient social, sur la question du nucléaire et la réaction du gouvernement et les enjeux économiques.

Je tiens à conclure mon éditorial en mentionnant que malgré le fait que le nucléaire soit en ligne de front, il ne faut pas oublier les milliers de disparus, les millions d’habitants délocalisés, et garder en mémoire la terrible puissance du cataclisme. C’est peut être ce qui est mis de côté en ce moment dans les médias, que j’aurais tendance à critiquer. Pour tenter d’avoir une vision globale de la question, je vous encourage fortement à consulter et à recouper de nombreuses sources, NHK étant évidemment un incontournable.

Le monde n’a jamais été aussi proche et aussi éloigné du Japon à l’heure actuelle. On ne pourra que tirer de grandes leçons d’humilité de la réaction de ce peuple.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.