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Salon de Genève 2011

Traditionnellement, le Salon automobile de Genève est le terrain de prédilection pour le dévoilement de supervoitures. Cette année ne fait pas exception, au contraire : Ferrari y présente sa FF, Koenigsegg dévoile l’Agera (une énième variante de la CCX), et Pagani lève le voile sur la remplaçante de la Zonda, l’imprononçable Huayra. Beaucoup de constructeurs introduisent des prototypes verts, mais ce qui retient le plus l’attention, c’est l’avènement du nouveau taureau en chef de Lamborghini.

Lamborghini Aventador LP700-4

Après une illustre carrière de 10 années, la Murcièlago cède la place à l’Aventador au sommet de la hiérarchie de Lamborghini. Stylistiquement parlant, il s’agit plus d’une évolution que d’un tout nouveau design : le profil de la voiture emprunte de nombreux éléments de design à la Reventon, elle-même basée sur la Murcièlago. D’ailleurs, je fais partie de ceux qui trouvent que l’allure générale de l’Aventador est assez conventionnelle (pour une Lamborghini). Il ne se fait aucun doute toutefois que cette voiture fera tourner les têtes tout aussi rapidement que Charlie Sheen renifle ses quatre-vingt lignes de cocaïne quotidiennes. Évidemment, comme toute Lamborghini à moteur V12 qui se respecte, elle reprend les portes-ciseaux emblématiques de ce constructeur bolognais. Bi-winning, en effet.

Rappelons qu’à la fin janvier, un document renfermant les spécifications techniques fut mis en ligne par Wikileaks, et spécifiaient que le V12 6,5L de 700 chevaux (691 hp SAE) catapultait la super-Lambo de 0 à 100 km/h en 2,9 secondes. Cependant, alors que le document faisait état d’un châssis tout en fibre de carbone, dans les faits, seul la cellule des passagers (cockpit) est constitué de ce matériel, le reste étant en aluminium. Le châssis demeure toutefois très léger à 377 kilos, et le poids total de la LP700-4 fait titiller l’aiguille de la balance à 1578 kilos, une réduction de 90 kilos par rapport à la Murcièlago sortante.

Le V12 et le poids contenu de l’Aventador lui permettent d’obtenir une consommation d’essence exemplaire de 17,2 L/100 km. Combinez cela à un prix qui avoisinera les 370  000 $US, et vous comprendrez que cette voiture n’est pas nécessairement à la portée du budget typique d’un étudiant en lettres et arts…

Lexus LFA Nürburgring Package

Parlant de voiture hors de la portée du budget typique d’un étudiant, Lexus a dévoilé une version encore plus « hardcore » de sa supervoiture LFA, la « Nürburgring Package ». Il s’agit d’une série limitée à 50 exemplaires seulement, et coûtera 70 000 $ DE PLUS que le prix de « base » de la LFA, qui est de 375 000 $. L’acheteur qui désire une peinture noire matte devra débourser 20 000 $ supplémentaires… Qu’offre donc cet ensemble de compétition qui coûte autant qu’une Corvette bien équipée ? Tout d’abord, les suspensions sont affermies, les pneus offrent plus d’adhérence et l’aérodynamisme est retouché, notamment avec l’ajout d’un aileron fixe. La transmission autorise des changements de rapport plus rapides de 5 centièmes de seconde (pour s’établir à 0,15 seconde). Le fabuleux V10 4,8L développe désormais 562 chevaux (une augmentation de 10 hp) et produit toujours ce sublime rugissement digne des meilleurs orchestres symphoniques. Finalement, des cours privés de pilotage sur le circuit Nürburgring sont inclus dans le kit.

Sur une note plus triste, Hiromu Naruse, le testeur en chef de Toyota et l’homme fort derrière le développement de la LFA ainsi que toutes les générations de la Toyota Supra, est mort suite à une violente collision alors qu’il testait la LFA Nürburgring Package. J’espère de tout cœur que les acquéreurs de cette édition limitée de la LFA rendront hommage à M. Naruse en utilisant le plein potentiel de la supervoiture sur circuit, et si possible, en s’immolant dans le plus magnifique des accidents : ça serait une mort noble.

Peugeot 908 HYbrid4

Non, il ne s’agit pas d’un énième concept d’une sous-compacte écologique, mais plutôt d’une variante hybride de la voiture de course 908, un prototype équipé d’un moteur diesel et ayant remporté les 24 Heures du Mans en 2008. L’évolution HYbrid4 de la 908 introduit un moteur électrique de 80 chevaux servant à assister le moteur turbo diesel (un V8 3,7L développant 550 hp) lors des accélérations. Le moteur électrique puisera son énergie grâce à un système de récupération d’énergie cinétique du freinage. La 908 HYbrid4 fera ses premiers tours de pistes lors de la journée test pré-Le Mans le 24 avril prochain.

Jaguar B99 concept par Bertone

Depuis la disparition non regrettée de la X-Type, Jaguar n’a pas de voiture pouvant concurrencer les BMW Série 3 et Audi A4 de ce monde. La maison de design italienne Bertone porta attention à la cause de Jaguar et réalisa ce ravissant prototype que vous pouvez admirer ci-contre. La B99 possède indéniablement ce flegmatique charme britannique et comporte de brillantes références aux berlines XJ, dont la traditionnelle statuette du jaguar s’élançant au-dessus de la grille ovale. Qui est plus, Bertone a pris la peine d’ajouter des portes de type suicide, ces mêmes portes que l’on retrouve sur les Rolls-Royce. Malheureusement, les dirigeants de Jaguar, dans un incompréhensible moment d’inconscience profonde, ont décliné la proposition de Bertone. Quel manque éhonté de vision…

Mort annoncée de l’Evolution

Les dirigeants de Jaguar ne sont pas les seuls à manquer de vision: ceux de Mitsubishi aussi, mais à un niveau plus dangereux pour l’entreprise. Gayu Eusegi, directeur des produits globaux de Mitsubishi, a annoncé que l’Evolution, la version (très) performante de la compacte Lancer, sera abandonné lors du prochain renouvellement de la Lancer. Selon M. Eusegi, Mitsubishi préfère consacrer la majorité de ses efforts de recherche et développement dans les véhicules électriques. Bien qu’il s’agisse d’un pari audacieux axé sur des modes de transport plus écologiques, au moyen terme, cette stratégie pourrait s’avérer catastrophique.

Actuellement, l’Evolution sert de modèle phare pour la gamme entière de Mitsubishi. Tout d’abord, l’Evolution transpire la sportivité, que ce soit par les performances ahurissantes de son moteur turbo ou son comportement routier incisif, bref, une véritable voiture de rallye : cette aura de sportivité déteint sur la gamme de voitures. D’ailleurs, la sous-série de performance Ralliart recréé de manière moins extrême cette sportivité. Ensuite, les deux modèles les plus vendeurs, la Lancer et le VUS Outlander, reprennent de nombreux éléments stylistiques de l’Evo. Finalement, la demande pour l’Evolution est toujours aussi grande, et la voiture est très rentable économiquement parlant.

Au lieu de sabrer le programme R&D de l’Evolution, Mitsubishi devrait plutôt s’attaquer aux actifs beaucoup moins performants, tels la berline intermédiaire Galant et tous ses VUS, exception faite du Outlander. Ces économies permettraient à Mitsubishi de mieux financer ses projets de véhicules électriques. Espérons que le constructeur japonais voit juste en faisant ce pari et ne commet pas « Hara-Kiri »…




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