Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Underoath et Animals as Leaders au Métropolis

Ça ne surprendra personne que je suis un fan inconditionnel de Animals as Leaders. J’ai critiqué leur album éponyme dans une de mes premières chroniques d’ailleurs (ah, mes vertes années). Ayant manqué leur dernier passage à Montréal avec le Summer Slaughter Tour, je me devais d’aller les voir, peu importe avec qui ils jouaient. Il s’adonne que leur prestation du 14 février allait être avec trois groupes de post-hardcore, genre qui me laisse souvent dubitatif. D’ailleurs, il m’a toujours apparu étrange qu’Animals as Leaders tourne avec des groupes ayant une sonorité diamétralement opposée à la leur. Le trio progressif mené par Tosin Abasi a eu de la difficulté à galvaniser la foule, composée d’une majorité de gens médusés par la complexité de la musique et de quelques inconditionnels qui connaissent les chansons par cœur (dont l’auteur du présent article fait fièrement partie). J’ai souvent entendu dire qu’Animals as Leaders, en spectacle, c’est drabe : les musiciens ne sautent pas partout (surtout comparativement à des bands de hardcore, le contraste est assez frappant), ils sont stoïques, il n’y a pas de chanteur, bref, plusieurs détails qui reviennent souvent. J’aimerais détruire tout de suite ces rumeurs : oui, les gars d’Animals as Leaders ne sautent pas partout et déplacent peu d’air. Par contre, t’as qu’à regarder leurs mains aller pour comprendre que ces musiciens-là suent probablement davantage que les autres groupes du line-up. En plus, quand on connaît parfaitement leurs chansons, on se rend compte qu’il y a un aspect important d’improvisation sur scène, où les punchs sont déplacés les beats sont déphasés par rapport aux versions de l’album. Le tout me semble improvisé « on the spot », où les trois virtuoses se regardent et semblent lire dans les pensées des autres pour savoir où placer les coups. Un vrai trip de musicien, mais pour quelqu’un qui connaît que dalle à la musique, c’est sûr que le spectacle visuel PEUT laisser à désirer. Même Tosin Abasi a lâché un « I didn’t know people in Quebec were so quiet ». Il faut croire que cela a eu pour effet de donner un coup de fouet au public. J’étais quand même content de voir deux mosh pits se créer sur la chanson CAFO, sans aucun doute la plus hard des compositions du trio. En croisant à la sortie un de mes amis, lui aussi fan invétéré du groupe nous sommes arrivés à la conclusion qu’avec autant de talent, il était fort décevant de voir ces gars-là ouvrir, eux qui mériteraient sérieusement d’être en tête d’affiche.

A Skylit Drive et Thursday ont succédé à Animals as Leaders. A Skylit Drive, complètement à l’opposée de Animals as Leaders (deux chanteurs, des guitaristes hyperactifs qui bondissent plus qu’ils ne marchent), ont su déplacer une quantité assez impressionnante d’air, et le pit était déjà beaucoup plus digne d’un show de hardcore. Déjà, il semblait y avoir beaucoup plus de fans du groupe dans la salle, et leur son beaucoup plus « hardcore accessible » a clairement permis d’accrocher une foule qui ne demandait que ça. Belle performance de la part d’un groupe dont je n’avais jamais entendu parler, et sincèrement, ne serait-ce que pour le trip de photographe, je vais me gâter la prochaine fois qu’ils viennent à Montréal.

Thursday est un autre groupe qui m’a agréablement surpris, avec des grosses sonorités de post-rock (et donc, un Alex assez heureux merci), et un following assez intense à Montréal. Ils ont joué leur album Full Collapse au complet, et bien sincèrement, je me suis immédiatement procuré l’album. En fait, leur présence sur scène (beaucoup moins explosive que A Skylit Drive) a vraiment consolidé l’effet post-rock de leur sonorité, avec un éclairage très sombre (et donc un Alex qui mitraille de photos dès qu’il y a un peu de luminosité) et un jeu très sobre.

Underoath, un band que j’ai découvert par leur dernier album Disambiguation, et dont je ne me serais jamais douté de la popularité. Le Métropolis était plus plein que lors du passage de Children of Bodom et Black Label Society, ce qui n’est pas peu dire. J’ai beaucoup apprécié leur dernier album, groovy, intelligent, et j’étais vraiment surpris de voir à quel point le groupe est tight sur scène. D’un point de vue de photographe, c’était l’enfer crade niveau luminosité, mais il faut croire que ça a sérieusement bien servi l’esthétisme du groupe : en dehors du pit photo, le groove sur scène était assez hallucinant, et ces mecs-là savent vraiment faire bouger une foule.

Un show vraiment surprenant, qui a eu l’heurt de défoncer mes idées sur le post-hardcore. Merci messieurs.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+