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L’attrait du tactile

Par Pierre-Luc Trudel, Le Collectif (Université de Sherbrooke)

SHERBROOKE (PUC) — Le marché des tablettes numériques a connu un essor considérable au cours des derniers mois. Sur l’ensemble de l’année 2010, plus de 17 millions de celles-ci auraient été écoulées. Si le iPad d’Apple accapare pour le moment 87,4 % des ventes dans le secteur, les choses risquent de changer en 2011 alors que plusieurs autres constructeurs annonceront à leur tour des appareils du genre. À l’heure où la technologie se tourne de plus en plus vers la mobilité, les tablettes sont en train de profondément bouleverser le marché de l’informatique.

Selon les analystes du cabinet IDC, 44,6 millions de tablettes électroniques seront vendues en 2011. En effet, l’offre sera multipliée puisque nombre de constructeurs comme RIM, HP, HTC ou Acer mettront en marché leurs propres appareils au cours des prochains mois. Il n’est évidemment pas question pour eux de laisser ce segment du marché, qui s’annonçe déjà très lucratif, leur échapper au profit d’Apple.

Parce qu’entre les ventes de téléviseurs 3D qui ne décollent pas et celles des ordinateurs personnels qui s’essoufflent, le secteur des tablettes tactiles semble en effet être la nouvelle manne pour les constructeurs de matériel électronique. Pendant que la croissance des tablettes au niveau mondial a été de 45,1 % sur le troisième trimestre de 2010, celle des PC n’a été que de 3,1 %, bien en deçà des prévisions. Aux États-Unis, la réalité est encore plus frappante puisque la croissance des ventes de PC au quatrième trimestre de 2010 a chuté de 6,6 % comparativement à la même période en 2009.

À la lumière de ces résultats, il est devenu évident que bien des consommateurs boudent les ordinateurs pour se tourner vers les tablettes numériques. C’est que celles-ci remplacent avantageusement un ordinateur portable chez les utilisateurs qui ne recherchent pas les performances et qui n’ont pas la réelle utilité d’un clavier physique. La tablette est plus légère, facilement transportable et bénéficie d’une autonomie décuplée.

Une affaire de contenu

Cela dit, l’émergence des ardoises électroniques a de l’influence non seulement sur les entreprises œuvrant dans le secteur high-tech, mais également chez les fournisseurs de contenu. Les médias les plus avant-gardistes ont déjà adapté leur contenu sur iPad afin d’en optimiser la consultation. C’est le cas de la majorité des grands quotidiens américains et de plusieurs magazines spécialisés. Cependant, la plupart des iPad ne tirent pas profit des qualités de ces appareils et ne font que formater la mise en page selon la résolution de ces appareils.

Certains vont cependant plus loin. C’est le cas de News Corp., l’empire de Rupert Murdoch, qui vient tout juste de lancer un nouveau quotidien généraliste, nommé The Daily, destiné exclusivement aux possesseurs d’iPad. La nouvelle publication exploitera au maximum les possibilités de l’appareil en intégrant du contenu multimédia aux articles. La mise en page de ceux-ci sera d’ailleurs optimisée afin de rendre la lecture plus agréable sur le produit Apple. The Daily est la première initiative du genre, et si les analystes prévoient qu’elle sera un succès, le pari est tout de même risqué, puisque le quotidien devra assurer sa rentabilité à l’aide d’un seul support. The Daily ne sera disponible ni en version papier, ni sur le Web à proprement parler. Il faudra télécharger l’application à l’aide de son iPad et payer la somme de 0,99 $ par semaine pour y avoir accès. La publication n’est pour le moment disponible qu’aux États-Unis.

Le cas des e-book reader

Un peu en retrait des iPad et compagnie, un autre type d’appareil connexe connaît un essor beaucoup plus modeste: le livre électronique. Le champion commercial de cette catégorie est sans nul doute l’appareil de lecture électronique Kindle d’Amazon, vendu à 8 millions d’exemplaires en 2010. Le principal atout des e-book reader réside en sa technologie d’encre électronique. Celle-ci permet un affichage semblable au papier et fatigue moins les yeux en raison de l’absence de rétro éclairage, comme c’est le cas sur les écrans de tablettes multimédias.

Signe que les temps changent, Amazon a annoncé vendre aujourd’hui plus de livres en format électronique qu’en format papier. Malgré tout, les liseuses électroniques ont encore du mal à s’imposer pour deux raisons principales. Tout d’abord, la technologie d’encre électronique n’est pour le moment disponible qu’en noir et blanc, ce qui limite son utilisation à la lecture de romans, écartant ainsi les bandes dessinées et les magazines, par exemple. De plus, le succès international du Kindle est faible en raison d’un contenu principalement anglophone et américain.




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