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Gaz de schiste : les ingénieurs pour un moratoire

tout projet de société comporte des risques, mais sommes-nous prêts à encourir ceux résultant de l’industrie des gaz de schiste ? Des ingénieurs seront des acteurs importants dans le développement de cette industrie. « [Ils] ne doivent surtout pas oublier qu’ils ont des obligations envers la société en tant que professionnels. Selon l’article 2.01 du code de déontologie des ingénieurs, dans tous les aspects de son travail, l’ingénieur doit respecter ses obligations envers l’homme et tenir compte des conséquences de l’exécution de ses travaux sur l’environnement et sur la vie, la santé et la propriété de toute personne. » affirme Mathieu Gilbert, président de la Confédération pour le rayonnement étudiant en ingénierie au Québec (CRÉIQ). Voici un survol de deux positions du monde du génie.

La position du RéseauIQ

Selon un sondage mené par le Réseau des Ingénieurs du Québec (RéseauIQ), « la majorité des ingénieurs (59 %) sont présentement défavorables à l’exploitation des gaz de schiste au Québec. » De plus, « les 3/4 (75 %) [NDLR : Vraiment ?] des ingénieurs sont favorables à un moratoire complet sur l’exploration et l’exploitation des puits en attendant que des études rigoureuses et indépendantes évaluent tous les impacts dus à l’extraction et proposent des mesures de mitigation ». Une autre conclusion du sondage, parmi tant d’autres, stipule que « 3 ingénieurs sur 4 (76 %) estiment que le gouvernement du Québec agit principalement dans l’intérêt de l’industrie et non pas dans l’intérêt de la population. Le même nombre (76 %) estime que le gouvernement du Québec n’a pas de vision claire et cohérente de son développement des gaz de schiste. » C’est un regard critique qu’avance le RéseauIQ après que 2135 membres ait répondu au sondage. Cet organisme a pour vision d’être le leader du positionnement de l’ingénieur dans la société et ne doit pas être confondu avec l’Ordre des Ingénieurs du Québec (OIQ) qui a pour mission de protéger le public et non de se positionner publiquement sur de tels enjeux.

La position des étudiants de Poly

L’Association des Étudiants de Polytechnique (AEP) et l’Association des Étudiants des Cycles Supérieurs de Polytechnique (AÉCSP) ont pris position sur la question des gaz de schiste. En effet, ces deux associations, qui représentent la très grande majorité des étudiants à Polytechnique, ont pris position en faveur d’un moratoire sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste dans un mémoire déposé au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) le 11 novembre dernier.

Ledit mémoire avance que cette filière énergétique comporte de multiples risques pour la consommation de l’eau, la pollution de l’eau, la pollution atmosphérique et les communautés locales dus notamment aux impacts cumulatifs de l’ensemble des sites d’exploration et d’exploitation, le manquement au niveau de la reponsabilité sociale des entreprises et l’externalisation de coûts importants par l’industrie. Par principe de précaution, un moratoire complet est exigé jusqu’à la conclusion d’études d’impact environnementaux, sociaux et économiques.

Et le futur ?

Une réflexion serait d’abord nécessaire pour mettre en perspective la situation énergétique du Québec et les différentes solutions envisageables avant de s’empresser d’exploiter cette ressource.

C’est aussi une question d’équité intergénérationnelle. Effectivement, c’est inquiètant pour les prochaines générations qui devront faire face aux conséquences de la rapidité à laquelle s’expand l’industrie des gaz de schiste au Québec. Nos ressources gazières risquent d’être exploitées pour des redevances dérisoires et nous encourons de graves risques au niveau de l’environnement et même de la santé publique. Il est donc impératif de prendre position pour participer à la préservation de notre bien commun pour l’avenir.

Sachez que PolySphère attend impatiemment la sortie du rapport du BAPE, le 28 février, pour continuer à faire part publiquement de ses préoccupations concernant la durabilité de cette industrie dans son état actuel. Nous sommes d’ailleurs fiers du positionnement des ingénieurs dur le sujet.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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