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F = m (art)

Il existe aujourd’hui une méfiance réciproque entre le monde des humanités et le monde des sciences (dures ou appliquées). Chacun des univers semble légitime dans sa position et reproche à l’autre l’obscurité des propos ou des recherches. Pourtant, loin de s’opposer, humanités et sciences sont de merveilleux compléments pour qui se laisse séduire.

Tout d’abord, vous concéderez bien que ces deux ensembles de disciplines ont à cœur l’avancement de la connaissance (en littérature comme en chimie) et l’application pratique de ces nouveaux savoirs dans leur société actuelle (en génie civil comme en muséologie). Cependant, il est vrai que l’on trouve plus facilement un scientifique connaissant l’Odyssée d’Homère qu’un cinéaste connaissant la loi de la gravité. Pourquoi donc paraît-il plus facile pour un biologiste d’apprécier Mozart que pour un philologue d’expliquer ce qu’est un trou noir ? Je ne saurais répondre à cette question, mais il est vrai qu’un scientifique est tout aussi «intellectuel» qu’un historien d’art, et que bien plus souvent l’on passe de la science aux arts que l’inverse. Or, ce que nous appelons si naturellement «la culture» s’applique à l’ensemble des connaissances que l’Homme possède dans tous les domaines ainsi qu’aux manifestations matérielles ou idéologiques qui caractérisent une société. Alors pourquoi ne pas convier Mozart et trous noirs à la même table ?

Devons-nous donc nous demander ce que choisirait l’humanité entre musique et mécanique, entre danse et astronomie ? Non, évidemment. Une société entièrement vouée à l’un ou à l’autre serait d’un ennui mortel. En fait, il semble qu’un troisième concurrent supplante désormais les traditionnels opposants arts et sciences. Car ne brade-t-on pas aujourd’hui les budgets en recherche ou en arts de la scène, et même notre environnement, pour ce nouvel objet de fascination qu’est l’argent ? J’avoue qu’après tant d’années où l’art et la science ont cherché à nous communiquer la beauté du monde qui nous entoure, comme en construisant des chemins de fer pour découvrir un pays et faire des aquarelles pour en immortaliser l’instant sublime, la nouvelle génération d’hommes sans émotions-sans curiosité a de quoi faire trembler. «Détruire la plus belle région de notre province ? Mais oui. Pourquoi pas ? Ahh, ces biologistes et poètes qui freinent le progrès!» résume à peu près la situation. L’argument du progrès est fort bien trouvé, car c’est un concept qui a agité tans les sciences que les arts ou l’économie durant le XIXe et le XXe siècle. Aujourd’hui, repris par ceux qui ne vivent que pour le doux son creux du coffre de banque, il a de quoi convaincre qui n’y réfléchit pas à deux fois. Alors oui, on peut dire qu’arts et sciences, dans leur lutte intestinale d’incompréhension mutuelle, se sont bien fait avoir. Retour à la case départ.

Qu’en serait-il alors d’une alliance, où connaissances au sens large s’uniraient contre méconnaissance du passé et absence de jugement critique ? Cela paraît si simple.

Quoiqu’il en soit, il faut reconnaître que nous vivons tout de même dans une société privilégiée où fleurissent les projets et les réalisations originales. Puisque notre tour d’observation est Polytechnique, pourquoi ne pas faire une petite incursion dans le domaine des arts ? Voici un bref aperçu des idées d’évasion qui retiendront votre attention :

-Vous désirez retrouver l’origine de la culture occidentale ? La pièce Médée d’Euripide au Théâtre Denise-Pelletier vous plongera dans le tragique, cette union de la mise en scène, de la musique et de la poésie qui a jadis été phénomène primordial de la société grecque.

-Avec l’hiver qui ne sait plus trop pourquoi il nous accable et la chaleur qui a oublié notre coin du monde, il est grand temps de renouer avec le charme musical de Fred Pellerin. Ses chansons en ont beaucoup à vous apprendre sur votre identité et sur la vie ! De l’énergie pure à emmagasiner en attendant le printemps.

-Vous avez toujours été fan de Pavarotti ? Pourquoi ne pas découvrir à nouveau ce grand personnage de notre société en assistant à une séance de la FIFA, le Festival International du Film sur l’Art ?




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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