Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Semaine de la mode de Montréal

La Semaine de la mode de Montréal est un évènement reconnu qui a été créé en 1998 et dont le but est de promouvoir à l’international l’industrie montréalaise de la mode et du vêtement au Québec. Du 7 au 10 février derniers se tenait à Montréal sa 20ème édition après celle de Paris et juste avant celle de New York. La mode, c’est ce monde de paillettes et de strass, un monde de beauté, d’élégance essentiellement basé sur la perception de l’autre. Quand on est habitué aux vêtements de la grande distribution, on a du mal à saisir le concept même des défilés de mode, ainsi que la réflexion qu’il y a derrière.

Jef

Il est vrai qu’en partant, j’avais et je le reconnais, pas mal d’a prioris sur l’univers de la mode. Mea culpa : les hommes dans l’industrie de la mode ne sont pas tous gays, ce n’est pas parce qu’un homme porte une jupe, du mascara et du eyeliner qu’il est gay, j’en suis la preuve vivante. Les filles de l’industrie de la mode ne sont pas toutes des chicks, mais elles ont toutes des iPhones. Les mannequins, par contre et je dirai malheureusement, sont toujours aussi maigres. Annah, avec qui j’ai eu l’occasion de discuter, mesure 6 pieds pour 125 livres. Mais tous ces propos n’engagent que moi et peut-être que je verrais les choses différemment si la mode était mon domaine. Avant de vous faire un rappel des évènements qui m’ont marqués, je voudrais remercier les organisateurs de la semaine de la mode qui ont vraiment mis les journalistes dans les meilleures conditions possibles, le champagne et l’accès direct aux designers et aux mannequins y étant sûrement pour quelque chose. Nous n’avons pas pu, Guillaume et moi, assister à tous les défilés, cours obligent, mais nous restons très satisfaits de ce que nous avons vu.

Je ne sais pas s’il est établi que la mode pour l’année 2011 est aux chapeaux et aux vêtements en laine, mais c’est ce qui m’a marqué parmi tous les défilés que j’ai vus, notamment Melissa Nepton et Dinh Bà mardi soir. Deuxième point marquant : unanimité et standing ovation pour les défilés suivants : Judith Desjardins (BODYBAG by jude), Barilà et Marie Saint Pierre. De ce que j’ai pu comprendre des bloggeuses et autres fans est que la collection BODYBAG a été faite spécialement pour les jeunes femmes urbaines malgré le style très classique des ses vêtements. Interviewée par la chaîne ARTV, Judith Desjardins dit de sa collection qu’elle est idéale pour la femme carriériste… À vous de juger (www.bodybagbyjude.com) ! Toujours dans le style classique, je dirais même rétro nous avons Barilà (www.barilaclothing.com). « J’ai toujours été inspirée par la mode des années 70, car c’est la génération de laquelle je suis issue. C’est d’ailleurs en observant les adultes autour de moi que la définition du mot élégance a pris son sens pour moi. À mes yeux, la mode des années 70 représente un équilibre parfait entre la luxure et la simplicité. », propos recueillis de Sonia Barilà par Elisabeth Grégoire pour Magnifique.

Un grand évènement attendu lors de la semaine de la mode est le concours Télio. Cette firme est une entreprise québécoise importatrice, exportatrice et distributrice de textiles. Chaque année depuis six ans, Télio organise un grand concours dont le nom est Les créateurs mode de demain. C’est un concours qui regroupe 21 écoles de mode dans tout le Canada. Elle ne sélectionne que 25 finalistes qui auront la chance de présenter leurs créations aux personnalités influentes de l’industrie présentes lors du salon. Ils feront leur possible pour gagner l’une des cinq bourses de 1 000$. Cette année, le porte-parole de l’évènement est Nico Archambault le gagnant de l’édition 2008 de l’émission So You Think You Can Dance Canada. Les grands gagnants sont : prix pour l’utilisation créative des tissus, Sabrina Breitenmoser ; mention créativité, Catherine Proulx ; troisième prix, Isabelle Campeau ; deuxième prix, Pedram Karimi et le premier prix, Earl Luigi Olia Mabaquiao. Retenez bien ces noms, ce sont peut-être les grands designers de demain !

Guillaume

Ma semaine débute avec le défilé Rud par Rudsak. Mon premier défilé, la pression monte. Mon coéquipier journaliste et moi prenons nos billets et nous entrons dans le ShowRoom. La tension est palpable, les derniers préparatifs viennent d’être terminés et un message retentit : le défile va bientôt commencer. Nous prenons nos places et nous attendons impatiemment ce premier défilé. Pour les néophytes du genre, Rudsak c’est un designer de manteau. Sa collection a su trouver une inspiration urbaine, branchée, qui convient à une jeune clientèle. C’est d’ailleurs le public visé par Rudsak. Côté prix, cette nouvelle collection vient se mettre à un juste milieu entre un manteau abordable et un manteau d’une marque avec une certaine renommée.

Après ce premier défilé, nous avons eu droit à un étonnant post vernissage. On y présentait une seule pièce, une sorte de toile rectangulaire, dont on pouvait s’en accommoder un peu comme l’on voulait. Une fois en tant que jupe, puis une autre en tant qu’écharpe ou encore en tant que chapeau. C’est peut-être moi qui ne comprenait pas ce vernissage, bien qu’intéressant.

Le défilé qui m’a le plus touché, le plus marqué, le plus impressionné est celui de Cluc Couture. Il avait lieu mercredi 9 février et je dois dire que je ne m’attendais pas à un tel choc. Après trois jours de défilés « normaux », où les mannequins vont jusqu’au-devant des photographes, font un demi-tour et s’en vont, Cluc Couture a pour moi bouleversé le défilé classique. Sur fond de musique conceptuelle, les mannequins avançaient en ligne droite jusqu’à dépasser les photographes pour revenir par l’étage du dessous en coulisse. On avait donc ainsi cinq mannequins qui venaient et seulement deux qui repassaient devant nous, créant ainsi un mélange dans les styles et dans les ordres de passage. La collection était très soignée. La série fut pensée avec la prédiction de fin du monde par les Mayas en 2012, avec la création d’un nouveau monde. Ce dernier était accompagné d’un cri, qui est justement le nom de ce défilé. Nous avons eu droit à une large collection très noire et le spectacle était saisissant. La création de bijou-insecte fut également très appréciée.

Guillaume et Jean-Élie tiennent à remercier particulièrement certaines personnes qui les ont aidés, divertis, encouragés à se fondre dans l’univers de la mode. Alors un grand merci à :

William Sanger, Lilianne Landry-Paré, Goofy Welldone, Collins Louis, Yézabel Kristiana Dobranova et son amie Vanessa, les designers Mélanie Brisson et Dinh Bà, ainsi que toute l’équipe de la SMM 2011.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.