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Nous religions (4 de 4)

Pour conclure ce mini-dossier sur la religion où j’ai tenté de traiter le sujet sous un angle dont on a moins l’habitude d’entendre parler, je vous propose un portrait des séquelles de la présence de la religion au Québec. Une sortie du sujet tout en douceur […]

Si vous connaissez grossièrement l’histoire du Québec, vous devriez savoir qu’à la montée des syndicats, à la prise de parole des Canadiens-Français (encore là contrôlée par le patronat anglo-saxon) dans les années 60 est venue également l’opposition au clergé. La religion catholique contrôlait tout, le peuple comme le gouvernement. Le gouvernement se mettait du même bord que la religion pour utiliser son pouvoir de persuasion et la religion utilisait le gouvernement pour qu’il ferme les yeux sur ses activités. Une vraie mafia. Les orphelins de Duplessis est une des conséquences de ce contrôle. Encore aujourd’hui, la religion est bien présente en politique dans plusieurs pays soi-disant développés.

De nos jours, après cette révolution tranquille, la religion a pris son trou. Tellement que les églises construites avec l’argent des paysans sont maintenant désertes. C’en est un problème, car il n’y a plus assez d’argent pour les entretenir et elles sont vendues soit pour devenir d’autres temples religieux (ce qui est un peu aberrant), soit pour devenir des condos ou des salles de spectacles ou, dans le pire des cas, pour être détruite. La ville aux 100 clochers n’aura plus ce paysage, avouons-le, très riche sur le plan architectural en partie à cause de ces clochers.

Bref, comme les anciens fidèles n’ont plus la faiblesse de l’église, quelqu’un s’est sans doute chargé d’exploiter cette faiblesse. À la manière d’un ancien junkie qui passe de l’enfer de la drogue à l’infernale noirceur d’une fausse lumière qu’est la religion, le gouvernement a repris le rôle du messie qui prend ses moutons par la main pour les conduire où il veut. Il utilise d’ailleurs les mêmes méthodes… La peur et le contrôle de l’information. (Le voilà qui recommence sa paranoïa encore avec ses histoires de conspirations.) Non, je ne crois pas aux conspirations. Je considère que c’est toujours trop gros pour être gardé secret ou pour avoir un parfait contrôle. D’ailleurs, on le voit au Québec, il y a des membres de l’église qui s’opposent à l’Institution et prennent position, l’abbé Gravel pour ne nommer que lui… ouin, il n’y en a pas beaucoup d’autres finalement. Retournons à nos moutons. Le maudit gouvernement ! Toujours ce maudit gouvernement, fît le gars qui s’en lave toujours les mains.

Vous voulez des exemples de mes propos ? Les campagnes publicitaires. J’en ai déjà parlé dans mes chroniques antérieures, mais il y a deux campagnes en ce moment qui m’agressent particulièrement. Celles contre le tabac, ça va (il y en a des meilleures que d’autres), celles pour la sécurité au volant sont toujours frappantes, la dernière pour le jeu, ça ne va pas. « Marie joue à la cachette, joue au docteur, se joue dans le nez et de temps en temps elle joue aux machines à sous avec ses amies. » On la voit souriante dans un casino devant une machine de vidéo poker. C’est de la foutaise. On nous fait croire que c’est un message pour sensibiliser les gens à la modération, alors qu’il ne fait que donner l’impression que c’est dont plaisant que de flamber un petit 50 $ de temps à autre, que les gens qui jouent à ce genre de jeu sont bien dans leur peau et qu’ils ne sont pas esclaves de ces machines. Loto-Québec le fait seulement pour se déculpabiliser et pour que la venue de nouveaux casinos, de nouvelles machines et maintenant le jeu en ligne passent incognito.

Même chose pour une nouvelle campagne pour encourager les ados (surtout garçons) à terminer l’école avec un diplôme, quel qu’il soit. On y entend un témoignage beaucoup trop long d’un ado qui a lâché parce qu’il s’emmerdait. Il nous dit qu’il n’a manqué de rien pendant son enfance, qu’il vient d’une famille bien normale, mais que pour lui, l’école, ça l’emmerde. Il a décidé de retourner à l’école parce qu’il se trouvait nul de dire aux filles qu’il draguait qu’il n’avait pas terminé son secondaire.

Chacun sa motivation, mais faut vraiment croire en l’au-delà pour espérer régler le problème de jeu compulsif ou de décrochage avec ce genre de campagne publicitaire. En fait, ça ne règle rien. Ça ne fait que participer à façonner une image dans la tête des gens pour oublier la triste réalité et s’en laver les mains. Ça n’existe pas, donc je n’ai pas besoin de poser d’actions, l’autorité s’en charge… je n’ai qu’à suivre comme un bon mouton. Ça vous rappelle quelque chose ?

Comme c’est un sujet délicat, j’espère ne pas vous avoir blessé dans vos choix de vie. Mon objectif était simplement de traiter ce sujet qui m’interpelle souvent. J’espère avoir créé chez vous des questionnements, que vous philosopherez et surtout que vous tenterez de répondre par vous-même. […] j’espère surtout avoir créé chez vous le goût de réfléchir à votre spiritualité, à votre position face à la religion et la foi, ce que vous en faites et votre attitude à affronter le défique vous offre rien de moins que la vie dans ce monde de fou! De retour la semaine prochaine avec les bonnes vieilles chroniques du gars qui chiale.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.