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Eluveitie : le centre-ville envahi par les Celtes

Avec Debby Lalonde

Où étiez-vous samedi, le 5 février, au soir? Sorti dans un bar, chez des amis, visite de la famille ou encore dans votre sous-sol? Peu importe, si vous n’étiez pas au National, vous avez manqué l’évènement de la semaine (oui, seulement de la semaine, parce que ce mois-ci est monstrueusement chargé niveau métal) !

Eluveitie, avec comme invités System Divide, Holy Grail, ainsi que 3 Inches of Blood. Spectacle à guichet fermé. Anticipation palpable. Les billets se vendaient 22.00$ plus taxes avant le spectacle, mais une fois sur place, tout étant vendu, il fallait acheter des billets des revendeurs à environ 50.00$, cela vous donne une petite idée de la demande. Selon nous, les scalpers mériteraient de se faire scalper, mais bon. Ayant laissé nos tomahawks chez nous, nous n’avons pas pu procéder à un scalpage dans les règles de l’art.

Voici, pour ceux qui n’ont point connu ce moment de pur bonheur, une description de la soirée de samedi, incluant bien sûr une description des groupes qui ont eu l’insigne honneur de se produire devant une des foules les plus possédées que Montréal a due voir depuis un bout.

18 :00

Malgré les 90 minutes restantes avant le début du spectacle, il était déjà possible d’admirer une file d’attente de fanatiques aux portes du National. Petits et grands (surtout grands en fait, parce que, merde, c’est pas une rencontre avec le Père Noël), filles et garçons, jeunes et vieux, métalleux et douchebags ayant dû confondre le National et le Fuzzy. Bref, un rendez-vous qui a semblé magnétiser tous les pôles (joke d’ingénieur) de la condition humaine samedi soir, de la petite fille faite sur un frame miniature aux géants de 6’4’’ musclés jusqu’aux gencives. On ne peut donc pas dire qu’il n’y a que des poilus qui assistent à ce genre de concert. Il faut briser ce stéréotype, même si ladite petite fille est plus souvent qu’autrement là pour accompagner son gros géant.

19 :20

Tous attendent avec impatience le début du spectacle. Le vestiaire refuse de garder certains sacs, étant comble. Le kiosque commence déjà à manquer de stock et tous portent des chandails à l’effigie de leur groupe préféré de la soirée. Quand cela représente 70% de la salle, on oublie facilement le 25% restant, on se souvient surtout du 5% qui ne portait tout simplement plus de chandail à la fin de la soirée. Malheureusement pour nos yeux, c’est toujours le 5% qui devrait recevoir une injonction de la cour pour garder un chandail en tout temps qui s’empresse de l’enlever. C’est bien beau voir des poitrines opulentes à un show de métal, mais ça devient vite désagréable quand il y a une barbe juste au-dessus.

19 :30

System Divide arrive sur scène. Nouveau groupe formé en 2008, il est composé de 5 membres, mais ce dont la plupart des gens vont se rappeler est la chanteuse et son décolleté (Alex approuve en ravalant un filet de bave). Un band chevauchant Melodic Death Metal et Metalcore, ayant comme seul point le démarquant des 15 millions de groupes similaires la particularité d’avoir un chanteur et une chanteuse. Pas trop mal comme première partie, pour avoir eu la chance de discuter quelques instant avec la chanteuse plus tard dans la soirée, elle racontait être fière de ce qu’ils ont joué et adorer la foule.

20 :15

Temps pour un deuxième groupe de démontrer leur talent. Holy Grail, groupe californien, a une formation assez typique (1 chanteur, 2 guitaristes, 1 bassiste et 1 batteur) qui trouve son bonheur dans la New Wave of British Heavy Metal, à la Judas Priest, Iron Maiden et autres standards du genre. Si ce n’était de la production, on pourrait se croire 25 ans en arrière. Avec quelques éléments de thrash saupoudrés dans le mix, ça donne dans le très tight. Pour avoir déjà entendu que Holy Grail en spectacle c’est quelque chose, nous confirmons. Coup de coeur, vraiment, pour un groupe qui nous était inconnu, Alex a dû se taper leur cd une vingtaine de fois depuis leur prestation.

21 :00

3 Inches of Blood, un groupe pour lequel les attentes étaient élevées. Alex étant un fan inconditionnel du groupe, il était possible de le voir sautiller comme un gamin pendant les tests de son. Une vision assez étrange, qui ne se reproduira probablement pas de sitôt. Pour Debby, n’ayant jamais eu l’occasion d’entendre le groupe, ça allait être tout un baptême. Déjà, on tombe dans les ligues majeures. Les plus braves, sachant déjà ce qui va déferler, partent le pit au premier accord. Pit qui, selon nos observations, n’a pas chômé pendant le spectacle, au point où le seul répit accordé se situait entre les chansons. Parce que, ce qu’il faut savoir, c’est que 3 Inches of Blood, c’est gras, c’est épique, c’est surtout hyper contagieux. Une recette gagnante. Oui, c’est très très cliché, avec un vocabulaire qui tourne autour du thème surfait du « je vais te couper en rondelles et partir avec tes filles pour niquer un dragon ». La beauté de 3 Inches of Blood, c’est que c’est fait avec goût et chanté par un mec de 250 livres qui a un falsetto si aigu qu’on lui pardonne tous les clichés odieusement cheesy. Avec une foule dense à en faire trembler les murs du National, ce furent de superbes conditions de bodysurfing (phrase qui donne vraiment l’impression de donner dans la météorologie), et le garde de sécurité chargé de s’assurer que personne ne reste trop sur scène a dû suer presque autant que nous.

22 :00

Alors voilà, ce que tout ce beau monde attendait, Eluveitie. Si vous ne connaissez pas ce groupe, allez tout de suite sur Youtube (ou autre) et chercher un peu. Originaire de la Suisse, Eluveitie se spécialise dans le Folk Metal et le Melodic Death Metal. Un mélange de chants celtes, de tin, de basse, de violon irlandais (aussi connu sous le nom de fiddle), de cornemuse, de vielle à roue, de guitare et de flûte irlandaise! Bref, de l’ancien et du nouveau, du gaulois et de l’anglais, un bon petit goût celte. Difficile de se tromper avec un tel mélange, qui leur donne une touche unique à travers la marée de groupe de Folk metal qui simulent tous leurs instruments archaïques à coup de vieux synthés crades. Le groupe a su combler leurs spectateurs avec la formule qui leur réussit si bien : une bonne demi-heure de gros métal épique, une autre demi-heure de chansons acoustiques et on finit avec du gros métal. L’approche sandwich par excellence.

Huit musiciens avec 20 Pars 64, 20 Lekos ETC Source 4 et huit Barres à quatre ACL pour les éclairer, ça donne un visuel très intéressant, encore plus appréciable quand on se retrouve sur scène un instant avec eux grâce à une petite passe de bodysurfing. Le mosh pit était étrangement amical, avec plus de danse que de collisions. Faut croire que le Folk metal, ça assagit son barbare.

Un beau moment : lorsque la foule chanta (en celte, rien de moins!) le refrain de Slania’s Song, sur l’invitation de la violoniste. Celle-ci pensait apprendre aux poilus locaux comment le chanter, imaginez sa surprise alors qu’elle se voit accompagnée immédiatement par un chœur survolté, alors qu’elle n’avait jamais vu d’élèves aussi prolifiques. Il faut croire que Montréal n’est pas surnommée la Capitale du Métal pour rien.

Ça vous donne une idée de ce que vous avez manqué samedi? Il est possible de trouver des vidéos en ligne du spectacle ainsi que plusieurs photos, on vous invite à y jeter un coup d’œil. Ça vous apprendra à manquer des spectacles de cette trempe-là.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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