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Hommage à Steve Siaka

Entrer dans un salon funéraire, c’est l’une des choses que je ne souhaite à personne, même à mon pire ennemi. Je l’ai fait vendredi dernier. J’en suis ressortie différente, du moins avec une toute autre vision de la vie. Un étudiant en année préparatoire est décédé ce vendredi 28 janvier. Il s’appelait Steve Siaka, il avait 17 ans, mesurait 2 mètres et avait un cœur gros comme le monde. Je ne le connaissais pas beaucoup, mais à chaque fois que je le rencontrais, il trouvait le moyen de m’arracher un sourire. Une blague sortie de nulle part, une phrase gentille, une promesse… Ça c’était Steve.

La première fois que je l’ai vu entrer dans le local de Polycultures, je me suis exclamée : « OMG t’es plus grand que Mathieu (Mathieu est ma référence en terme de taille) ! Tu ne t’es pas cogné le front en entrant ? » Il s’est moqué de moi et depuis ce jour il n’a plus quitté le local de Polycultures.

C’est très étrange de parler de quelqu’un de proche au passé. Pendant la veillée funèbre, je n’arrêtais pas de penser à tout ce que j’aurais pu lui dire. Je regrettais de ne pas avoir pris le temps de discuter plus longuement avec lui. Il m’aurait dit par exemple qu’il faisait de la musique depuis des années ou encore qu’il était un grand fan de basket-ball. J’aurais pu aussi lui dire que je le trouvais très intéressant, qu’il avait quelque chose de particulier qui fait qu’on a envie de discuter avec lui. Il avait ce regard de petit frère qui veut toujours trouver la faille pour taquiner son aînée. Vendredi 28 janvier j’ai eu beaucoup de regrets et j’ai trouvé la vie tellement injuste.

Aujourd’hui, j’ai une pensée pour sa famille car personne ne peut ressentir la douleur de son frère ou encore de ses parents. Personne n’est invulnérable et d’une culture à l’autre nous ne vivons pas les deuils de la même façon. Beaucoup se sont mobilisés pour soutenir son frère, également étudiant à Poly. Polycultures et le SEP (Service des Étudiants de Polytechnique) se sont mobilisé pour supporter la famille de Steve.

Il suffit parfois d’évènements comme celui-là pour se rappeler que la vie est courte et que chaque instant est un trésor dont on devrait prendre soin. Vous me direz que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais rien que le fait de prendre un peu plus conscience des gens qui nous entourent fait la différence. Le but n’est pas non plus de faire des « Free Hugs » et prétendre qu’on aime tout le monde. Non! Prenez juste le temps de dire sincèrement à certaines personnes que vous appréciez leurs qualités et que vous êtes heureux de les connaître. Vous verrez que ça changera complètement la qualité de relation que vous entretenez avec elle.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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