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Nous religions (3 de 4)

Étudiant dans un domaine directement lié aux sciences et étant de nature très sceptique, je me suis amusé à jouer à l’avocat du diable (expression qui vient de celui qui devait trouver les vices de celui qui était nommé pour être saint). Ce qui suit se veut une réflexion commune en compagnie d’un prof de maths. Nous l’appellerons donc monsieur iπ. C’est une démarche qui m’a permis de renforcer mon argumentaire de la puissance des mathématiques, de la science et surtout de l’homme à réfléchir. Voici donc l’essentiel de la discussion.

Ça fait un bout que je jongle avec un questionnement peut-être sans réponse : est-ce que les mathématiques sont invention de l’homme ou découverte ? Le déclenchement de cette question est l’invention du calcul intégral par Newton et Leibniz en deux lieux différents en l’espace de quelque mois sans en avoir ouvertement discuté. On me répond que les mathématiciens n’ont pas individuellement inventé les maths. Chaque mathématicien avait le bagage de l’histoire derrière lui comme fondations. Ils apportent simplement une brique de plus au bâtiment. D’accord, mais en gardant à l’esprit que chaque innovation mathématique découle de la précédente, nous pouvons dire également qu’elle était inévitable. Bien sûr, il y a plusieurs générations (ou innovations) personne n’aurait pu dire que nous aurions ces outils, mais maintenant que nous les avons, ça semble bien évident et ça se tient. C’est là que je me dis que les mathématiques sont là et que nous ne faisons que les découvrir.

nuance en me disant que les mathématiques, c’est un langage ou à un outil pour expliquer le monde qui nous entoure. Que chaque fois que nous arrivons à une impasse ou une faille dans ce que nous connaissons, nous commençons un nouveau tas de briques à côté qui servira à expliquer un autre aspect de notre monde. Selon lui, c’est une invention de toutes pièces qui est en constante évolution.

Comme les maths se basent sur des axiomes, qui désignent une vérité indémontrable, je lui propose l’idée que les maths sont une religion, tout comme la religion qui se base sur des paroles de gens du passé (quand même loin pour l’humanité considérant qu’en une journée une simple rumeur peut devenir un appel à la bombe, imaginez le téléphone arabe sur deux millénaires). Il me répond que les « axiomes » de la religion sont dus à l’interprétation de l’homme. Les maths évoluent constamment contrairement aux religions.

distingue surtout religion (les règles et l’interprétation de l’homme) et foi (basée sur la parole des messagers). Il est souvent revenu sur le fait qu’il avait la foi sans toutefois appartenir à la religion. Il croit en Dieu, au message, sans croire aux confettis apportés par l’homme par la religion qui détourne la vraie nature du message. Le message de Jésus (dans le Nouveau Testament) ou de n’importe quel autre messager ne s’arrête pas à ces détails axiomatiques tels que le voile, la viande le vendredi, le sabbat … plein de règles qu’aucun messager n’a prescrit. Jésus déclare : le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. Mahomet renchérit que « l’encre de l’écolier est plus sacré que le sang du martyr. » Les croisades sont la preuve que ce que l’homme fait de la religion va à l’encontre de la foi. Aucun être de bien n’aurait demandé cette guerre (comme toutes les autres guerres de religion d’ailleurs).

C’est le manque d’éducation qui donne encore l’importance à la religion plutôt qu’au message. Il y a partout des gens qui cherchent à tirer profit des naïfs et des non-éduqués. L’éducation permet d’avoir du jugement pour repérer les charlatans (voir citation de Mahomet plus haut). Même dans la science, le manque d’éducation est nocif. Les gens croient ce qu’ils ne connaissent pas ou connaissent mal, soit à cause des légendes urbaines ou des mythes véhiculés. Nous pouvons penser à l’étude qui a été démentie dernièrement au sujet du lien entre la vaccination des enfants et le développement de l’autisme. Plusieurs parents (j’en connais) qui refusent de vacciner leur enfant alors même que cette étude n’a jamais pu être vérifiée.

Le message

Monsieur le (c’est lui qui a mis fin à la guerre du Vietnam… hippie, … ah laissez donc faire !) me met en situation. S’il n’y avait qu’un seul homme sur terre, quelle serait sa raison d’être ? Un raisonnement par l’absurde (on sent le prof de math) nous répond qu’aucune interaction avec les autres ne donne rien. Le message de Jésus, nous l’avons entendu pendant notre enfance de façon trafiquée : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » alors que le vrai message est : « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse ». Énorme différence, puisque l’un encourage à la passivité alors que l’autre encourage à passer à l’action pour modifier notre monde. Il nous dit de propager le bien et non de simplement ne pas faire le mal.

Jean Leloup dans sa chanson Le monde est à pleurer aurait pu refléter une parole de Jésus et de Gandhi en les faisant converser. Pour paraphraser la Bible et ses commandements, « Œil pour œil, dent pour dent » ne sert à rien. Après avoir redonné le mal à celui qui l’a initié, qu’est-ce qu’il en reste ? C’est beaucoup plus difficile de pardonner, mais surtout de redonner le bien à cette personne, ce qui aura sans doute beaucoup plus d’effet positif. Gandhi résume : « Avec œil pour œil, tout le monde devient aveugle ». On ne sera pas beaucoup plus avancé si tout le monde a les yeux crevés !

Je terminerai en vous disant que cette discussion m’a beaucoup apporté. Ça me stimule encore plus à rechercher la façon optimale d’être un homme intègre, en appliquant le bien dans toutes les sphères de ma vie, mais surtout sans compromettre mon intelligence et ma réflexion. Pour tout dire, je crois que je vais lire la Bible cet été pour constater par moi-même le vrai message. Je suis désolé, car je suis pleinement conscient que je ne vous ai pas transmis toute la réflexion. Le secret est de nous questionner et de tenter de répondre à nos questions (je crois par le plus de contacts humains, et par la lecture des paroles des grands philosophes et messagers).

Louis Pasteur : « Quand on commence à faire de la science, on s’éloigne de Dieu. Quand on en fait beaucoup, on s’en approche… »




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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