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«C’est géant d’être ici!» – Oliver Riedel, bassiste de R+

J’aimerais tout d’abord remercier madame Claudie Lapointe, représentante chez Universal Music, pour m’avoir programmé une entrevue avec un musicien de Rammstein, et surtout William Sanger, ses efforts herculéens en tant que directeur culture du Polyscope ayant permis la possibilité d’obtenir une telle entrevue. Merci beaucoup.

Initialement, je devais rencontrer Paul Landers, le batteur du groupe. Toutefois, des imprévus ont fait en sorte que seul Oliver Riedel était disponible pour répondre à mes questions et celles des autres journalistes présents. L’entrevue s’est déroulée sous forme de conférence de presse. Cette formule est intéressante du fait que l’on peut compiler des réponses aux questions des autres journalistes. «Olie » ne parle qu’allemand, mais fort heureusement, une interprète était sur place pour traduire ses réponses. Sans plus tarder, voici le déroulement intégral de cet échange «métalleux».

Patryk Pigeon, musikuniverse.net : Les concerts de Rammstein à Montréal et à New York ont tous été vendus en moins d’une heure. C’est tout un accomplissement pour un groupe qui ne performe qu’en allemand. Auriez-vous imaginé que l’Amérique du Nord puisse si bien accueilli Rammstein ?

Oliver Riedel : C’est fantastique, c’est géant d’être ici. On n’en revient pas de la rapidité avec laquelle on a eu du succès sur le continent, malgré la langue allemande.

PP : Avez-vous décidé où votre prochain DVD sera enregistré?

OL : Ça sera filmé à New York, et certaines parties seront filmées ce soir à Montréal.

PP : J’ai entendu que vous aviez des plans pour un album « Best of ». Pourriez-vous me donner plus de détails ?

OL : Effectivement, en avril, un album « Best of » sera mis en vente, et en février, on fera un spectacle en Australie au cours du festival Big Day Out.

PP : Aujourd’hui [9 décembre], c’est la fête de Paul [Landers], avez-vous planifié quelque chose de spécial ?

OL : On va boire du champagne sur la scène après le show !

PP : À quoi ressemble une journée typique quand vous n’êtes pas en tournée avec le groupe ?

OL : Tous les matins, j’amène ma petite fille à l’école. Pour le reste de la journée, il s’agit plus d’une vie familiale comme toutes les autres.

Pascal Déry, XM Radio : La dernière fois qu’on s’est rencontré, c’était à Québec dans le cadre de votre retour en sol américain. Est-ce que le concert à Québec était un peu censuré pour ne pas répéter les « erreurs » de votre dernière apparition en Amérique ?

Oliver Riedel : Le show de Québec était un peu comme un test pour voir comment les gens allaient nous accueillir, alors c’est la première fois aujourd’hui que nous amenons le show d’Europe avec certains effets spéciaux laissés de côté. Donc oui, le show sera plus « wild » et plus gros !

PD : J’ai rencontré beaucoup de groupes rock, et il semble qu’après quelques années, les égos et les buts personnels prennent le dessus, et les groupes se séparent. Dans le cas de Rammstein, vous êtes ensemble depuis 15 ans, et vous avez été très créatifs et engagés dans votre genre de musique. Quelle est votre recette secrète afin de maintenir le groupe dans le chemin du succès ?

OL : Quand on a commencé, on avait déjà un certain âge, on était déjà amis et on avait tous déjà joué dans des bands. On avait donc déjà de l’expérience et de la maturité. On sait également que l’esprit de Rammstein, c’est être les 6 personnes ensemble.

PD : La dernière fois que je vous ai vu à Québec, je vous avais demandé, considérant le physique impressionnant de certains membres du groupe, qui pouvait faire le plus grand nombre de push-ups. Vous m’aviez dit que vous ne pouviez pas en faire un seul. Cela a-t-il changé depuis ?

OL : Je peux en faire dix maintenant ! Maintenant, je m’entraîne puisque les shows sont commencés. On fait des réchauffements et des exercices avant les spectacles.

Al Kratina, The Gazette : Rammstein est très familier avec la controverse, que ce soit par rapport à la chanson traitant du cannibale allemand ou le vidéoclip de Pussy qui est banni à certains endroits. Je me demande si c’est quelque chose que vous recherchez, où si c’est juste quelque chose qui arrive car c’est juste la manière dont vous performez.

Oliver Riedel : Oui, nous essayons en effet de créer une certaine controverse, d’être fous et de faire quelque chose qui fera réagir le monde. Par contre, nous ne nous mettons pas à travailler en se disant « Oh, on espère que ce vidéo sera banni de la télévision allemande » par exemple. Quand nous travaillons ensemble, dans le processus créatif, ces idées apparaissent de nulle part.

AK : Y a-t-il eu une situation où vous pensez que le groupe est allé trop loin ?

OL : Non, pas encore ! Nous sommes satisfaits de ce que nous avons fait jusqu’à présent !

AK : La mise en scène du concert est spectaculaire : c’est énorme et débile ! À quel point s’agit-il d’un élément critique ? Est-ce une partie du processus créatif quand vous composez un album ?

OL : Lorsque nous écrivons et créons, nous pensons quelques fois comment le public réagira, comment nous pourrions arranger la scène ou quelles cascades pourraient être effectuées. Des fois, nous écrivons seulement et nous n’y pensons pas, mais ça arrive.

AK : Musicalement, Rammstein a presque créé un nouveau genre ou sous-genre. Votre son distinctif est-il un produit des différentes influences des membres du groupe, ou êtes-vous tous sur la même longueur d’onde quand vous vous regroupez ensemble pour élaborer la vision d’un projet commun ?

OL : Notre secret est que nous sommes six, et nous avons tous différents goûts en fait de musique et nous pensons de manières différentes. Nous essayons d’évoquer ça dans nos albums. Toutes nos différentes influences déteignent dans nos chansons, et en fin de compte, ces influences se retrouvent ensemble.

AK : Au cours des 15 dernières années, comment croyez-vous avoir changé musicalement, comment avez-vous évolué ?

OL : Il y a une grande différence. Quand vous écoutez les premiers albums, il y a une forte présence électronique. Maintenant, dans les albums plus récents, le son est plus mature, plus peaufiné, plus achevé.

AK : Au cours de la tournée Family Values en 1998 aux États-Unis, avez-vous vraiment passé une nuit en prison ?

OL : Till et Flake ont provoqué quelques personnes dans l’audience [NDLR: ça impliquait un dildo] et ils ont dû passer la nuit en prison pour indécence publique. Aussi, la fille du maire était présente au concert…

Mathieu Bonin, Le Polyscope : Dans votre tournée en Amérique du Nord, parmi les 3 spectacles, deux se retrouvent dans des villes de la province de Québec. Avez-vous certaines affinités avec le Québec ?

Oliver Riedel : Quand nous sommes venus au Québec pendant nos premiers spectacles en Amérique du Nord, [NDLR: avant 2000], la réaction du public était vraiment excellente : c’était très positif de la part des fans.

MB : Est-ce le temps où vous pouviez assister librement à un show en tant que simple spectateur vous manque ?

OL : Nous allons encore à des concerts en Allemagne : là-bas, le fait que nous soyons populaires affecte peu les personnes, tout le monde est libre de faire ce qu’il veut. Par contre, je suis content de ne pas être mexicain, car si j’étais bien connu là-bas, je ne pourrais même pas marcher dans les rues sans me faire déranger !

MB : Les rumeurs avancent que vous êtes déjà en train de travailler sur un album avec du nouveau matériel. Pouvez-vous confirmer cela ?

OL : Il n’y a pas de nouvel album, mais sur le « Best of » qui sort en avril, il y aura deux nouvelles chansons.

MB : Cet été, pour le concert à Québec, vous avez fait équipe avec Apocalyptica. Ce soir, c’est Combichrist qui entamera la première partie du show. Pourquoi ces deux groupes, j’imagine que vous devez aimer jouer avec eux.

OL : Oui, nous aimons bien jouer avec Combichrist : nous aimons leur son, nous les trouvons très impressionnants, et leur style de musique s’harmonise très bien avec notre propre matériel. Aussi, ils font les meilleurs partys d’après-concert !

MB : À l’exception de Liebe ist fur alle Da, sur quel album avez-vous le mieux aimé travailler dessus ?

OL : Reise Reise est l’album sur lequel nous avons eu le plus de plaisir en travaillant.

MB : Et quelle est votre chanson préférée sur cet album ?

OL : Mein Teil !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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