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L’Écosse

Par Laura Beauchamp-Gauvin

Un peu plus de 690 ans se sont écoulés depuis la déclaration au pape John XXII de Robert the Bruce qui s’était autoproclamé roi d’Écosse grâce à plusieurs victoires obtenues aux côtés de William Wallace. La Déclaration d’Arbroath (1320) se voulait un plaidoyer au pape et lui demandait de l’aider à faire la paix avec le roi Edward II d’Angleterre qui refusait de voir Robert comme le véritable roi d’Écosse. Malheureusement pour Robert, la paix avec l’Angleterre n’a duré qu’un an, suite à quoi le pape a excommunié (pour la troisième fois, si je me souviens bien. Ça semble être un hobby) l’Écosse.

Plus tard, ce fut la mort d’Elizabeth I en 1603 qui, laissant l’Angleterre sans héritier, a forcé les deux nations à s’unir sous la même couronne : celle de James I, fils de Mary reine d’Écosse (exécutée en 1587 par Elizabeth), qui devient alors roi d’Écosse, d’Angleterre, de France et d’Irlande. Tout un programme. Cependant, grave problème en vue sur l’île de Grande-Bretagne : les différences religieuses. C’est suite à plusieurs tribulations sous fond de « catholicisme vs protestantisme » qu’en 1692, sous les ordres du roi William d’Orange, le clan écossais des MacDonald de Glencoe était attaqué au beau milieu de la nuit (on l’appelle le massacre de Glencoe) par des soldats, dans une tentative de rétablir l’ordre dans ce pays si rebelle. Sans grand succès. En effet, les Écossais continuèrent de se rebeller contre la monarchie anglaise jusqu’en 1746 où leur armée d’Highlanders fut finalement vaincue par l’armée anglaise. S’ensuivit une répression majeure des us et coutumes des clans écossais, un véritable génocide culturel dont les répercussions se font encore sentir en nos temps modernes.

Aujourd’hui, en 2010, les écossais ont toujours la volonté de s’affranchir de l’Angleterre et de devenir une nation indépendante. Du moins, certains écossais l’ont toujours. Et parmi ceux-ci, les membres du parti indépendantiste SNP (Scottish national party). En effet, le parti qui existe depuis 1934 (représenté au parlement depuis l’élection de 1967) a comme but principal l’obtention de l’indépendance totale de l’Écosse face à l’Angleterre et son entrée dans l’Union européenne afin de « créer une société juste, bienveillante et entreprenante en libérant le plein potentiel de l’Écosse en tant que nation indépendante au sein de l’Europe moderne. » Le SNP est devenu, à l’élection de 2007, le parti ayant le plus grand nombre de sièges au parlement écossais, sans pour autant obtenir la majorité. Néanmoins, il s’agit bel et bien d’une victoire, puisqu’elle met fin à cinq décennies de domination du parti travailliste. De plus, depuis 2009, le parti détient 2 des 6 sièges de l’Écosse sur le parlement européen, manquant d’en obtenir un troisième par moins d’un pourcent.

C’est bien beau, mais qu’est-ce que ça fait tout ça ? Eh bien, le SNP a été élu en 2007 avec la promesse de tenir un référendum sur l’indépendance en 2010 (probablement au 30 novembre étant donné que c’est la fête de St-Andrew, le patron de l’Écosse, et donc une date importante pour la nation et ses gens). Le projet de loi qui devrait être présenté par le parti comporterait deux questions : la première demandant si les citoyens acceptent de donner plus de pouvoirs au parlement écossais, et la deuxième, s’ils veulent étendre les pouvoirs du gouvernement afin de permettre l’indépendance.

Cependant, le 6 septembre dernier, le vice-premier ministre, Nicola Sturgeon, a annoncé le retrait de cette promesse. Il est vrai qu’en tant que gouvernement minoritaire, les probabilités que les autres partis siégeant au parlement laissent passer le projet de loi sont très faibles, surtout étant donné qu’ils ont déjà manifesté leur opposition au projet. C’est en partie pourquoi Sturgeon a affirmé que le SNP désirait attendre les prochaines élections de 2011 afin d’obtenir une majorité et de pouvoir passer au vote. Le projet de loi devrait tout de même être présenté avant les élections, sans être voté.




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