Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Le dilemne d’Israël

Benjamin Netanyahou, le premier ministre israélien est dans une position bien délicate ce matin, en équilibre sur une corde où d’un côté se trouve le gouffre d’une grave crise avec la Palestine et la communauté internationale et de l’autre côté une crise interne en Israël qui l’amènerait à ne plus être en position d’avoir une majorité à la Knesset (parlement israélien).

Depuis quelques jours, l’accord de gel de la colonisation israélienne a pris fin, alors que toute la communauté international, dont Obama et Sarkozy, demandait une prolongation. En effet Israël et la Palestine étaient dans une dynamique de pourparlers pour essayer de trouver un compromis et signer un accord de paix. La pression s’est accentuée ces dernières semaines lorsqu’à l’assemblée de l’ONU, Barack Obama s’est déclaré en faveur d’un état Palestinien d’ici un an. Alors pourquoi Netanyahou a-t-il refusé de continuer de geler cette colonisation provocatrice envers la population palestinienne ? Hé bien tout simplement parce qu’il doit montrer à la droite israélienne qu’il a la main sur le dossier.

En Israël, la politique intérieure est assez complexe ; il y a 12 partis qui siègent au sein du parlement, et, pour devenir 1er ministre, Netanyahou avait du s’allier avec le parti d’extrême droite Isral Beytenou (qui prône entre autre l’expulsion des arabes israéliens vers les territoires palestiniens) en prenant comme Ministre des Affaires Étrangères son leader Avigdor Lieberman. Tout abandon de ce parti au gouvernement provoquerait indéniablement de nouvelles élections et sans doute une défaite de Netanyahou (centre-droit) face à Tzipi Livni (centre-gauche).

Alors, quelle sera maintenant la réaction palestinienne face à cette fin de non recevoir des israéliens ? Pas de troisième intifada, Mahmoud Abbas, président de l’autorité Palestinienne, a d’ores et déjà exclu une reprise des combats et attentats palestiniens en disant qu’elle n’apporterait rien de plus à son peuple que les deux précédentes. Aujourd’hui (8 octobre), il se rend à une nouvelle réunion de la Ligue arabe, au cours de laquelle Mahmoud Abbas et l’ensemble des gouvernements arabes vont décider ensemble de la conduite à tenir. L’hypothèse la plus probable est que la Palestine prépare son indépendance et décidera comme le Monténégro (ancienne région de la Serbie qui a déclaré son indépendance en 2006) de proclamer unilatéralement la souveraineté de sa nation au pays auquel elle appartient (Israël) en espérant que la communauté internationale soutienne ce geste. Cela poserait un sérieux problème à l’état Israélien, garder l’intégrité de son territoire quitte à se mettre un grand nombre de nations à dos, ou accepter et mettre fin à un conflit qui dure depuis trop longtemps. Israël fait face à son destin.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.