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Petite histoire des coopératives scolaires

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Les coopératives en milieu scolaire sont aujourd’hui présentes dans presque tous les cégeps et les universités francophones du Québec. Évidemment, elles n’ont pas toujours existé. Le chemin a même été pour le moins cahoteux.

Les premières coops scolaires sont nées en 1940, pendant la
2e Guerre mondiale, dans des collèges classiques. Coopoly, la plus vieille coopérative scolaire encore en opération, est ainsi née en 1944. Leur nombre se multiplie rapidement, notamment sous l’impulsion des Jeunesses étudiantes catholiques : en 1945, elles sont 60. Elles se réunissent en fédération pour se donner un grossiste commun et améliorer la gestion financière, mais l’expérience tourne à l’échec : la fédération fait faillite après 4 ans, comme de nombreuses coops.

C’est avec la réforme du système scolaire québécois des années 1960 qu’un second souffle est donné. L’impulsion du développement vient, cette fois, des associations étudiantes, qui veulent obtenir un pouvoir économique au profit des étudiants. Tentant d’apprendre de l’échec des premières expériences, elles se rapprochent des autres organismes du mouvement coopératif. Le nombre de coopératives remonte jusqu’à un pic de 63. Mais, malgré un soutien financier du gouvernement, la seconde fédération fait faillite en 1973, entraînant encore avec elle une bonne part des coopératives. Déçu de ces échecs, le gouvernement décrète un moratoire sur toute nouvelle constitution de coopérative scolaire.

On étudie les raisons des échecs, et elles sont nombreuses : certaines tenaient plus de la fatalité, tel le taux de roulement élevé des administrateurs étudiants ou les difficultés générales du secteur de la librairie et de la papeterie ; d’autres étaient moins charitables, telles les erreurs de gestions, les conflits avec les institutions, la méconnaissance des règles d’action coopératives, la sous-capitalisation. Après cette réflexion, le gouvernement lève le moratoire, en 1980. Immédiatement, les représentants de 22 coopératives recommencent à parler de regroupement, et une troisième fédération a vu le jour en 1982. Celle-ci tient encore aujourd’hui. Tous n’y participaient pas nécessairement, mais la Fédération regroupe aujourd’hui presque toutes les coopératives en milieu scolaire. 67 nouvelles coopératives sont ainsi créées dans les années 1980.

Les coopératives, et particulièrement celle de Polytechnique, sont des pionnières dans l’informatique grand public au Québec. Au point où elles possèdent même, dans les années 1990, un fabricant d’ordinateurs, Cybernétique ! Elles ont toutefois de la difficulté à suivre la concurrence dans ce domaine, et la filiale est vendue. En 1995, les coopératives se donnent un nom commercial, « Coopsco », et un logo pour faciliter leur identification.

La nouvelle formule a prouvé sa stabilité : aucune coopérative membre de la Fédération n’a fermé depuis sa fondation (bien que dans certains cas, ce soit passé proche, tel qu’à Coopoly en 1990 – qui n’était toutefois pas, à ce moment, membre de la Fédération). Pour consolider leur place dans la chaîne du livre, les coopératives ont acquis un éditeur, les éditions Saint-Martin. Outre les secteurs traditionnels de la librairie-papeterie et une certaine présence en informatique, les coopératives sont aussi de plus en plus présentes dans le secteur des cafétérias et cafés étudiants.

Aujourd’hui, les coopératives en milieu scolaire québécoises, toujours propriété des étudiants et du personnel des institutions d’enseignement, totalisent 150 M$ de chiffre d’affaires. Proportionnellement à la taille du marché, on connaît un seul réseau équivalent dans le monde : celui des coopératives universitaires japonaises, avec 2,5 milliards $CAN en revenus.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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