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Whiskey et moteur à explosion

Le mouvement éco-énergétique a toujours eu beaucoup de misère à s’attirer les sympathies des gros rustres dans mon genre. N’en déplaise aux différents verts qui me lisent, j’aime le moteur à explosion (principalement à cause de la composante « explosion » de la chose), je conduis comme un véritable iroquois et je suis, vous vous en douterez bien, un véritable cauchemar pour hippies et ainés. Pourtant, il se pourrait que je me mette bientôt à épouser des pratiques « eco-friendly » sous peu. En effet, pour vous dégriser de votre 3 mois et demi de grosse gueule de bois brutale (ça, où je généralise ma situation à vous tous), je vais aborder l’utilisation du whiskey pour faire fonctionner votre carriole. En tant que poivrot notoire, vous pouvez imaginer à quel point un tel concept me ravit.

Renforçant les stéréotypes nationaux à leur égard, ce sont des écossais de l’université Napier, à Édimbourg, qui ont trouvé la recette miracle. Les résidus de distillation et les grains restant après la création du moût sont mélangés afin de produire du butanol, beaucoup plus énergétique que l’éthanol conventionnellement mélangé avec l’essence. Les implications sont énormes : alors que l’éthanol nécessite des plants dédiés, le butanol ainsi créé recycle ce qui serait autrement considéré comme de vulgaires déchets. De plus, le mélange essence-butanol ne requiert aucune modification sur la voiture elle-même. Fait cocasse, ces scientifiques portant le kilt se seraient inspirés de certains explosifs datant de la première guerre mondiale. Ça ne me semble pas louche du tout.

C’est sûr que tout ça, ça excite beaucoup la communauté écolo. Moi, ce que je trouve génial, c’est d’imaginer que d’ici quelques années, les sans-abris risquent de commencer à siphonner allègrement les réservoirs d’essence partout où un tel mélange sera commercialisé. Ça, et le fait qu’on risque de se retrouver avec une augmentation massive de la production de whiskey, étant donné qu’elle s’avèrera encore plus profitable.

Album métal de la semaine

Titre : The Obsidian Conspiracy

Artiste : Nevermore

Année : 2010

Genre : Thrash Progressif

Les inimitables musiciens de Nevermore nous ont gâtés cet été avec leur nouvel opus : The Obsidian Conspiracy. Leur précédent album, This Godless Endeavor, avait mis la barre très haute pour le quintet américain. Caractérisé par la guitare surexcitée de Jeff Loomis, le son de Nevermore ne surprendra aucun des amateurs du groupe : les grooves hypnotisants ainsi que les leads forcenés sont à couper le souffle. Pour peu qu’on soit capable de faire abstraction du chant souvent très moyen de Warrel Dane, les textes révèlent de petits bijoux d’imagination et de créativité, bien au dela du « Je vais te casser la tronche » standard du thrash. Bon après, on peut reprocher à Nevermore de ne pas assez explorer leur espace sonore, mais comme disent nos voisins du sud (avec un gros accent sudiste malpropre, idéalement) : If it ain’t broken, don’t fix it.

Mots-clés : Chronique barbare (22)



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