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Profiter de la vie

Encore cette année, j’essaierai d’être assidu pour vous concocter hebdomadairement une chronique tout aussi incohérente que sociale ! Ayant la confiance de mes membres en tant que nouveau directeur, je devrai peut-être vous abandonner à l’occasion les 24 heures quotidiennes l’obligeant.

Ceci étant dit, je vous souhaite un heureux retour à la réalité et dites vous que la poly c’est comme une femme enceinte. Lorsqu’on pense à l’avenir c’est agréable mais lorsqu’on est dedans on a envie de vomir. Le seul avantage c’est que nous on peut boire pendant notre gestation qui est un peu plus longue que 9 mois mais moins douloureuse à la fin.

Trêve de plaisanteries, j’entame ma première chronique par un survol médiatique de l’été. Il se fera bref parce que je n’ai pas le câble, ce n’est pas une priorité, puisque je suis sur le généreux programme de prêts et bourses. J’ai dû faire le choix difficile tout l’été entre écouter Des kiwis et des hommes ou Call-TV. On ne parlera pas de Francis Reddy, définition même du manque d’objectivité.  « C’est merveilleux, je me trouve c’est un champ d’artichauta. Je suis tellement excité. Ça toujours été mon plus grand rêve de me retrouver dans un champ d’artichauts  ». Calvaire. Je change de poste. « On cherche un animal. Les lettres sont : ‘‘VALCHE’’. J’vais vous donner des petits trucs pendant la prochaine demi-heure pour que vous tentiez de trouver l’animal. Vous pouvez prendre un dictionnaire dans la section des animaux… ». Je ne sais pas si c’est moi, mais aux dernières nouvelles il n’y a pas de section des animaux dans le dictionnaire et de toute façon, est-ce qu’on a vraiment besoin de trucs pour résoudre cette énigme ? J’avoue que ceux qui ont un assez bas quotient pour s’amuser avec une telle émission ont peut-être besoin de trucs.

On peut voir d’ailleurs sur YouTube plusieurs banalités dans le genre : Normand qui vit en Ontario et qui répond « Toronto » à la question : Nommez une province qui n’a pas les lettres (énumération de lettres qui ne laisse aucun autre choix qu’ONTARIO). Juste à temps pour la fin de Call-TV où la pertinente animatrice nous dit : « profitez de la vie, elle est tellement belle. ». Ok, je suis sur le cul. Est-ce qu’il y a quelque chose de plus incohérent qu’une animatrice de Call-TV qui me dit de profiter de la vie ? Non, mais tu veux ne plus avoir d’auditeurs pour jouer à ton jeu d’arriéré mental ? C’est ceux qui n’ont pas de vie qui t’écoutent et t’appellent. Ne leur dit pas de profiter de la vie.

C’est peut-être loin déjà, mais nous avons terminé la session d’hiver 2010 au début des séries éliminatoires de la coupe Stanley. Go Halak go ! Oui mais. Durant les deux semaines de la série contre Pittsburg, le poids médiatique du CéHache était de 26 % (ce qui équivaut à un Tsunami médiatique). On peut comparer au désastre en Haïti qui a eu une couverture de 25 %. On a parlé en deux semaines de Halak, seulement d’Halak, autant que de la santé (et ce n’est pas comme si on n’avait pas de problème), quatre fois plus que de la souveraineté du Québec en un an, plus que le poids médiatique pendant un an de l’Afrique et autant que des ainés, des enfants, des ados, de la pauvreté, de la violence et des autochtones tous rassemblés. Pendant ce temps, Bachand nous annonce un mois plus tard que les tickets modérateurs dans le système de santé étaient simplement une proposition de discussion. Pendant ce temps aussi, Charest est content parce qu’on ne parle plus de l’affaire Bellemare et de la commission d’enquête Bastarache. Mais ça, des nominations partisanes et des faveurs de contact ça se passe partout… même à l’école!

Que ce soit un ancien ministre de la justice qui nomme des amis comme juge, une ministre de la justice qui donne des permis d’armes, un ministre de la famille qui donne des permis de garderie ou quelqu’un qui dépasse dans la ligne pour la foire aux livres c’est du pareil au même. C’est tous des gens sans principes, sans valeurs et sans respect.

NDLR : cet article a été écrit au début de l’été alors que l’auteur se clanchait une ou deux p’tites bières (ou trois) sur son balcon regardant le coucher de soleil et en se disant: « calvaire qu’on est bin en vacances… »




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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