Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Au revoir, Major Tom

Aperçu article Au revoir, Major Tom
Cliquer pour agrandir
 (lien ouvrant dans une nouvelle fenêtre)
Les nombreux visages de David Bowie. Dessins © Helen Green

Cette semaine, un génie est mort. Lundi, apparemment entouré de sa famille, paisiblement, David Bowie a rendu l’âme.

Comme on pouvait s’y attendre, la nouvelle a ébranlé le web et la planète musique tout particulièrement. Les témoignages viennent de partout dans le monde et de toutes les générations, signe de la portée de l’art du Britannique. Car effectivement, peu de musiciens peuvent se vanter d’avoir été aussi influents pendant aussi longtemps. À l’ère des réseaux sociaux, on assiste souvent à des poussées de popularité instantanées pour mademoiselle ou monsieur Quelque-Chose mais rarement voit-on des artistes qui réussissent à laisser leur marque à long terme.

Elle a été riche et longue la carrière de David Bowie, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas manqué de rebondissements. Débutant par le mouvement glam-rock avec le maintenant célèbre astronaute Major Tom en 1969, puis poursuivant son voyage cosmique dans la peau de la rockstar alien Ziggy Stardust en interprétant Suffragette City en 1972, Bowie finit l’année 1974 en dandy roux au style rock avec l’album Diamond Dogs. Le milieu des années 70 marque ensuite la venue de « The Thin White Duke », personnage emblématique d’une période plus sombre du chanteur en prise avec une addiction à la cocaïne. Mais les années 76 à 79 passées à Berlin sont une véritable cure pour David Bowie qui se débarrasse du cynisme qui affligeait sa musique. Par la suite, la décennie 80 est synonyme de renouveau, alors qu’il atteint de nouveaux sommets avec Let’s Dance en 1983 et remplit littéralement des stades entiers. Plus populaire que jamais, le Britannique entre dans les années 90 en formant le groupe rock Tin Machine et, côté solo, poursuit l’expérimentation dans l’électronique. Mais comme un dur retour de balancier, les années 2000 amènent certains problèmes de santé au rockeur qui se retire progressivement en 2006. Bowie est alors plutôt silencieux pendant plusieurs années, jusqu’au 8 janvier 2013, jour où il fait paraître The Next Day, album surprise, déclarant « Here I am, not quite dying »… « not quite dying », cette phrase paraît presque prémonitoire maintenant. Très exactement 3 ans plus tard, le 8 janvier 2016, Blackstar paraît, dernier album aux touches jazz, assez expérimental, loin d’un album d’adieux, mais une rétrospective parfaite d’une carrière qu’on ne peut qu’admirer maintenant.

En fait, David Bowie en est venu à un point où il est impossible de qualifier son art par un simple mot, à un point où « rock » était pour lui un amalgame de musique, d’art, de mode, de style et d’identité sexuelle et de conscience sociale. Et cet amalgame, Bowie l’incarnait et l’a enrichi tout au long de sa vie pour former ce pour quoi il est aujourd’hui si reconnu.

Parlant d’identité sexuelle, c’est justement un sujet qui a été au cœur de la vie de l’artiste. Posant en femme dès les premières années de sa carrière, Bowie était un symbole du mouvement LGBT, voir une véritable rampe de lancement quand le mouvement était encore jeune. Déclarant officiellement en 1972 sa bisexualité, brisant les tabous, l’homme n’était pas seulement une icône du rock, mais aussi une icône de sexualité avant-gardiste.

Bref, prétendre faire une rétrospective sur une telle carrière en un seul article relèverait de l’insulte, raison pour laquelle je ne m’éterniserai pas à en faire le tour inutilement. Disons seulement que l’homme a laissé une trace indélébile sur le monde artistique dans son entièreté. Une trace qui inspirera encore les générations à venir, que ce soit en vinyle, cassette, CD ou digital. Une trace qui pavera la route pour bien des jeunes musiciens partout dans le monde, et pour longtemps.

Au revoir Major Tom, Ziggy, Duke et tous les autres. Au revoir M. Bowie, vous nous manquerez.

Les nombreux visages de David Bowie. Dessins © Helen Green

Les nombreux visages de David Bowie. Dessins © Helen Green

Les nombreux visages de David Bowie. Dessins © Helen Green

Les nombreux visages de David Bowie. Dessins © Helen Green

Les nombreux visages de David Bowie. Dessins © Helen Green

Les nombreux visages de David Bowie. Dessins © Helen Green

Les nombreux visages de David Bowie. Dessins © Helen Green

Les nombreux visages de David Bowie. Dessins © Helen Green

Les nombreux visages de David Bowie. Dessins © Helen Green

Les nombreux visages de David Bowie. Dessins © Helen Green




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+

Dans la même catégorie

Smashing Pumpkins

30 octobre 2002

Par Luc Tétreault 1991. Gish, premier album de The Smashing Pumpkins, avec Billy Corgan aux voix et guitare, James Iha à la guitare, Jimmy Chamberlain à la batterie et D'Arcy Wretzky à la basse. La même année : Nervermind de Nirvana. Comme Cobain et son grunge sont déjà connus à l'époque (principalement à Seattle), les Smashing auraient très bien pu passer inaperçus. Mais leurs rythmes punk rebels, les riffs déchaînés d'Iha, la voix métallique...

Dévoilement de la programmation 2010 de l’Igloofest !

1 décembre 2009

Amis Pikniqueurs aguerris, allez porter vos habits de neige chez le nettoyeur parce que la programmation de l'édition 2010 de l'Igloofest sera dévoilée demain ! Repassez vos mitaines, brossez vos pantalons de neige, coiffez vos tuques et portez vos lunettes de ski, parce que vous allez devoir être équipés pour rester au chaud pour les trois dernières fins de semaine de janvier. N'ayez crainte, puisque vous pourrez toujours profiter d'une savoureuse ration de caribou...

Montréal en lumière

22 février 2013

La 14e édition du festival Montréal en lumière aura lieu du 21 février au 3 mars 2013 avec comme ville d’honneur : Buenos Aires.   Cette année, durant les 11 jours du festival Montréal en Lumière, vous trouverez certainement une activité pour vous, car il y aura des spectacles, des soupers gastronomiques et des activités gratuites pour tous les goûts, à faire en famille ou entre amis. L’influence culturelle de Buenos Aires, capitale du...