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Les perles 2015

On vient de tirer le rideau sur une année 2015 riche en albums aussi mémorables que différents. Top 10. La domination reste malheureusement toujours anglo-saxonne et le Polyscope tient à s’en excuser. N’ayez crainte, nos élans nationalistes n’en sont point affectés. Par contre, la sélection risque de différer fortement de celle des Grammy Awards. On s’en excuse également. Mais sérieux : un gage d’excellence et de diversité garanti par votre journal chéri. Comme d’hab.

10- In Colour, Jamie xx (électronique)

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S’il y a un album purement électronique qui s’est particulièrement démarqué cette année, c’est bien In Colour. Une production riche et complexe qui reste toutefois très facile d’écoute. Tantôt planeur, tantôt accrocheur. On sent parfois l’expérimentation mais rien susceptible de perdre un auditeur peu aventureux. À la fois doux et puissant, l’album In Colour procure une entrée bien en jambes à notre top 10. Un favori au Grammy de l’album électronique de l’année : voyez, on a du goût!

Morceau coup de cœur : Gosh

9- Sound & Color, Alabama Shakes (blues rock)

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Le southern rock montre les dents! Des morceaux langoureux portés par une voix gutturale à la fois sexy et tourmentée, celle de Brittany Howard. Rares sont les chanteurs dont on peut sentir l’intensité et la hargne comme caractérielles dans le milieu des groupes rock. Alors quand c’est une femme qui se distingue dans ce domaine ultra-masculin, on ne peut que tirer son chapeau. On dit merci qui? Merci Alabama.

Morceau coup de cœur : Don’t Want to Fight

8- Black Messiah, D’Angelo (R&B / soul)

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Black Messiah triomphe sur plusieurs aspects dans cet opus mais ce qui le démarque le plus c’est l’originalité de l’agencement des chansons retenues et le climat de tension régnant dans l’album. Un son qui semble de prime abord brut, peu poli et qui donne un charme inné aux morceaux. Traduction : de la guitare qui gratte, des voix râpeuses, de la batterie axée sur les cymbales. Hochements de tête, fredonnements et claquements de doigts à prévoir.

Morceau coup de cœur : 1000 Deaths

7- The Beyond / Where the Giants Roam, Thundercat (soul fusion)

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Bon d’accord, c’est un EP mais sa qualité l’a forcé dans ce groupe d’élites. Stephen Bruner, lui habitué presqu’uniquement aux collaborations, a sorti une œuvre aboutie et singulière, son œuvre. Bien qu’il doit une partie de sa notoriété à Kamasi Washington et Kendrick Lamar, travaillant sur leurs albums respectifs, il nous prouve qu’il est à la fois un mélodiste inspiré, ultra-rythmé et un bassiste dément. The Beyond / Where the Giants Roam : un produit de pur musicien.

Morceau coup de cœur : Lone Wolf and Cub

6- Currents, Tame Impala (rock psychédélique)

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L’aspect psychédélique séduisant de Tame Impala reste en place et on y ajoute beaucoup de cœur. Kevin Parker déverse ses peines et échecs relationnels dans Currents et en fait une œuvre poignante de sensibilité mais à travers laquelle on plane, on s’oublie et on s’y perd avec grand plaisir. Le chant est toujours impeccable mais reste l’aspect qui ne change pas vraiment tout au long de l’album.

Morceau coup de coeur : Let It Happen

5- Get to Heaven, Everything Everything (pop)

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C’est en écoutant cette production travaillée et imprévisible qu’on se dit voilà à quoi devrait ressembler la pop moderne. Originale, accrocheuse avec un son travaillé et des instruments variés. Pas de merde en barquette pour radios populistes mais bien un arrangement sensible des plus sophistiqués. Le collectif le doit en grande partie un interprète extrêmement habile en la personne de Jonathan Higgs. Le groupe n’hésite pas à mêler les constructions de chansons, déstabilisant les oreilles de votre Polyscope à chaque nouveau morceau. On pourrait presque s’arrêter ici; l’album pop pur de l’année.

Morceau coup de cœur : No Reptiles

4- À Paradis City, Jean Leloup (folk-rock)

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Le retour du roi. C’est unanime, l’enfant terrible de la musique québécoise vient de sortir un album des plus puissants et a retrouvé sa flamme d’antan, brûlante et indomptable. Des paroles rêveuses et déconstruites portées par de simples mélodies terriblement efficaces. Leloup se balade dans ses tourments et ses rêves avec une aisance et un manque de pudeur déconcertants. Ça n’a pas toujours marché par le passé. Aujourd’hui, ça fait des flammèches! Sobre ou intoxiqué, il n’y en a qu’un qui sait le faire (avec ce panache) dans la belle province.

Morceau coup de cœur: Les flamants roses

3- The Epic, Kamasi Washington (jazz)

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Un album doux et symphonique ponctué par les chevauchées du saxophone incendiaire de Kamasi. Ce dernier réussit parfaitement son projet en livrant une musique jouée avec les tripes, c’est l’essence même du jazz et il nous le transmet bien. Vous avez bien lu, il s’agit bel et bien d’un album jazz. Dans le top 5! Qui plus est, un grand cru. Un cru toutefois jugé inférieurs aux critères des nominés pour l’album de jazz de l’année aux Grammys. Mais qu’est-ce donc qu’un Grammy?

Morceau coup de cœur : Henrietta Our Hero

2- VEGA INTL. Night School, Neon Indian (indie pop)

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Alan Polomo a défié l’excellence avec le dernier projet de Neon Indian. Un style pop funky qui donne le feu aux jambes. À mentionner : la première écoute est fabuleuse mais ne dénature pas l’expérience au fil des répétitions. C’est de loin le projet le plus abouti de Neon Indian. De la pop accrocheuse. De la pop multi-étagée. De la pop qui vire presqu’en techno! Amateurs de dancefloors, vous serez plus que servis! Même pas nominé aux Grammys. Faut-il leur pardonner une fois de plus?

Morceau coup de cœur : Slumlord

1- To Pimp a Butterfly, Kendrick Lamar (rap / hip-hop)

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LE classique 2015. Un sans-faute. Engagement politique, remise en question, retour aux sources musical et lyricisme du plus haut niveau. Le numéro un incontesté qui conforte davantage sa suprématie au firmament des étoiles du rap. To Pimp a Butterfly allie avec succès le funk, le jazz et le hip-hop faisant de lui un pur album black. La chanson Alright est même devenue l’hymne du mouvement libéral Black Lives Matter… Définitivement l’album qui aura le plus marqué les esprits en 2015. Macklemore va-t-il lui subtiliser une fois de plus le Grammy de l’album rap? À suivre!

Morceau coup de cœur : Wesley’s Theory

Mots-clés : Musique (217)



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