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Manifester a un prix

«1625 $ de hausse ça ne passe pas!» génère des coûts supplémentaires pour la ville et le SPVM.

Par Anabel Cossette Civitella

La Ville de Montréal et la Service de police de la ville de Montréal (SPVM) ne peuvent pas donner de chiffres précis, mais les manifestations étudiantes des derniers mois ont utilisé des moyens additionnels qui apparaîtront dans le prochain budget.

«C’est plus de 1000 manifestations qui se passent à Montréal chaque année et le maire Tremblay chiffre les dépenses à au moins 25 millions de dollars», plaide le cabinet de Michael Applebaum, président du comité exécutif à la Ville de Montréal. Après l’important blocage du pont Champlain par les étudiants mardi le 20 mars, et dans la conjoncture où le gouvernement provincial se ferme à toute négociation avec les étudiants, le coût des manifestations ira en s’amplifiant après le 22 mars.

Avec des états financiers déjà précaires et des coupures de salaire qui s’en viennent, la seule source de revenu de la ville demeure les impôts. «Lors de manifestations comme celle de ce matin [20 mars, ndlr], ce n’est pas juste que ce soient les contribuables qui défraient les coûts», défend le cabinet. La Ville de Montréal demande donc une «prime à la métropole» de 35 millions de dollars au gouvernement du Québec pour renflouer ses coffres.

La mairie d’arrondissement Ville-Marie, qui regroupe les quartiers chauds en temps de manifestations, explique qu’«à cette période-ci de l’année, le remplissage de nids-de-poule et le nettoyage manuel de la neige en d’autres endroits que la manifestation, sont des tâches mises en bas des priorités des employés de la ville lorsqu’arrive une manifestation». Ainsi, lorsque les cols bleus sont appelés à nettoyer les lieux d’une manifestation, c’est d’autres tâches qui en souffrent.

Durant l’hiver, la Ville de Montréal a des cols bleus prêts jour et nuit à cause de la possibilité de neige, il n’y a donc pas de ressources supplémentaires mobilisées.

Pour ce qui est des montants totaux des manifestations de novembre et de mars, ni la Ville ni le SPVM ne peuvent chiffrer l’ampleur des coûts. Le SPVM ne fait pas de bilan à mi-parcours des manifestations. Il précise que «les coût supplémentaires surviennent avec l’implication de la cavalerie, les unités d’intervention, mais tout cela reste difficile à calculer et des bilans ne sont pas fait automatiquement après chaque événement ».

Les étudiants qui s’opposent à la hausse de frais de scolarité sont non seulement dans les rues, ils boycottent aussi les bâtiments universitaires. L’Université du Québec à Montréal (UQAM) doit elle aussi pallier aux activités des manifestants.

Les coûts engendrés par les manifestations sont de natures diverses et ceux de prévention, de sécurité et de nettoyage des pavillons vandalisés laisseront leur marque dans la nouvelle année budgétaire. «L’université devra aussi pallier aux coûts de la prolongation de la session, notamment les salaire des chargés de cours», prévoit l’UQAM.

Malgré le boycott d’une majorité de ses étudiants, l’UQAM fonctionne à plein régime, que ce soit au niveau du personnel d’entretien, du chauffage ou de l’éclairage. D’ailleurs, tous les pavillons continuent à être occupés, par le personnel administratif et par certains étudiants (dont ceux de l’ESG UQAM) qui ne sont pas en boycott.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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