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Le dernier Édito de la session

sentez-vous dans l’air l’enivrant parfum du printemps? (On parlerait plus d’été que de printemps en voyant la température qui sévit actuellement, mais parfois la météo est aussi cruelle et imprévisible que le correcteur d’un examen de Calcul; je préfère éviter de m’avancer). Ce sera mon premier printemps à la Poly et un petit quelque chose me dit que les occasions de profiter du beau temps seront limitées par une incroyable angoisse de fin de session et que chaque moment perdu à me prélasser sous le soleil viendra enrichir l’incroyable culpabilité provoquée par ma légendaire procrastination. L’étude ne sera toutefois pas de tout repos : ceux qui me connaissent savent mon amour démesuré pour les chauds rayons du soleil et la calme plénitude apportée par la contemplation de la nature en éveil… Bon OK, l’été c’est surtout bien à cause des mini-shorts. Tsss ne me jugez pas, même Jean Leloup est d’accord. Ce long préambule n’avait pour but, autre que d’avouer mon penchant pour l’admiration des jambes féminines, mais aussi de vous annoncer une bien triste nouvelle : vous tenez dans vos mains le dernier Polyscope régulier de la session. Ciel! Ne paniquez pas, il reste toujours notre spécial « Kapoté » de fin d’année qui arrivera dans trois semaines et qui devraient réjouir les petits comme les grands.

Que donc faire dans un dernier éditorial? Certains pourraient, sans cœur, faire comme si de rien n’était et discourir comme à leur habitude, sans même vous accorder un petit au revoir. D’autres se tourneraient vers l’avenir et discuteraient de la suite des choses ou de ce que l’été pourrait bien nous offrir. Les plus nostalgiques pourraient verser une larme et revenir sur la session passée dans une rétrospective des plus pertinente. Quand à moi, je vais profiter de ma lâcheté proverbiale et discuter encore une fois de tout et de rien…

Retour sur la semaine dernière : changement de cap de la direction

J’écrivais la semaine dernière sur la réaction de la direction à la levée de cours votée pour le 22 mars, trouvant déplorable le manque de collaboration dont elle semblait faire preuve dans sa communication avec les étudiants. Cependant, j’ai eu l’agréable surprise d’apprendre ce mardi que la direction avait changé d’idée et avait décidé d’annuler elle-même les cours en échange de la promesse qu’il n’y aurait pas de piquetage. Voilà qui est sage : comme je le disais la semaine passée, le but d’une levée de cours est de participer à une manif et non de bloquer des portes. Chapeau à l’administration donc! Reste que mon article s’est retrouvé à être complètement dépassé pendant trois jours. Je vous ai dit à quel point je déteste devoir écrire pour un hebdomadaire?

Line Beauchamp m’énerve

royalement

Le sous-titre se suffirait par lui-même, mais l’apparition de la ministre à Tout le monde en parle m’a tellement énervée que je vais me permettre un ou deux commentaires (ne faites pas semblant d’êtres étonnés). Tout son discours est douteux, on y est habitué, mais deux choses m’ont fait dresser les cheveux sur la tête : premièrement lorsqu’elle a affirmé qu’elle avait déjà essayé de discuter avec les étudiants lors d’un sommet sur l’avenir des universités à la fin 2010 mais que ceux-ci avaient décidé de claquer la porte. Ce que la ministre a oublié de dire (par erreur sans doute) c’est que ladite rencontre devait permettre de trouver des solutions au

« sous-financement universitaire », sans remettre en question l’existence de ce sous-fincancement et, surtout, sans discuter des frais de scolarité dont la hausse était déjà inévitable aux yeux du gouvernement Charest. Beauchamp ment donc carrément en affirmant qu’elle a discuté de la hausse avec les regroupements étudiants : elles les a invité à une réunion stérile où ils n’ont pas pu s’exprimer sur la question. En second lieu, Beauchamp m’a énervé lorsqu’elle a affirmé avec condescendance ne pas être surprise par l’étendue de la mobilisation étudiante, affirmant que c’est une réaction prévisible qu’elle et son administration ont le courage d’ignorer. En fait, Beauchamp a affirmé dès l’année dernière qu’elle ne croyait pas que la mobilisation atteindrait le niveau de 2005 et que les étudiants actuels ne débraieraient pas en masse. Je suis persuadé qu’elle a été aussi surprise que nous tous par l’ampleur de ce mouvement qui ne semble pas vouloir s’essouffler. Voilà qui en bouche en effet un coin à ceux qui affirment que notre génération est égoïste et a-politisée.

Aux lecteur du Polyscope

Ah, cher lecteurs! Sachez d’abord que vous n’êtes pas seul! N’en déplaise aux mauvaises langues, j’ai eu à quelques reprises durant la session la preuve que notre journal est bel et bien lu, ce qui fait toujours du bien considérant l’effort que nous y investissons. J’espère que le Polyscope de cette session vous a plus, même s’il a trop souvent été concocté par une équipe réduite et qu’il a certainement, en de pas si rares occasions, fait retourné d’effroi un dictionnaire entreposé sur sa tablette poussiéreuse. Mes excuses aux rétines qui auraient pu êtres écorchées par la lecture de notre prose. J’en profite pour vous rappeler que le Polyscope est votre journal (j’aurais bien mis le « votre » en majuscule mais je trouve que ca manquait d’originalité… enfin, passons) et qu’il a besoin de collaborateurs pour continuer à exister. Si notre contenu ne vous satisfait pas, c’est à vous de l’étoffer en parlant d’absolument tout ce qui vous fait vibrer, de la culture à la politique en passant par la rédaction de blagues douteuses. On m’a fait remarquer que le Polyscope ne parlait pas assez de la culture interne de la Poly. Qu’à cela ne tienne! J’attend avec impatience qu’un collaborateur plus au fait que moi vienne discuter avec ferveur de son amour pour notre vie étudiante. Au début de la session prochaine, alors que vous ne vous êtes pas encore rendu compte que vos temps libres ne sont que procrastination illusoire, venez donc nous voir, on vous attend!

C’est donc tout pour cette session, je vous donne rendez-vous en septembre prochain où je devrai encore remplir cette ingrate page éditoriale surdimensionnée à moins que a) On m’offre le poste de gérant d’une boutique de lingerie, b) Un républicain ou un néo-libéral exaspéré ne me fasse taire à jamais ou que c ) je trouve quelqu’un d’assez fou pour reprendre ce poste pour que j’aie finalement un peu de temps libre.

Bonne fin de session et, dans un futur lointain coupé de nous par une perfide session d’examen, bonnes vaccances!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.