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Paris

ha mes petits loups, vous avez de la chance car ça n’arrive pas très souvent :   cette semaine, je suis de bonne humeur.

Et pour cause, je sors tout juste de relâche. Une bonne grosse relâche française et parisienne. Oh joie, oh félicité, Paris était vide, les parisiens en vacances avaient quitté la capitale. La semaine dernière, dans le métro, je n’ai pas eu à souffrir de la présence de ces hordes entières d’adolescents crasseux et idiots qui, en manque de sommeil, finissent leur nuit la joue et la bouche collées à la vitre du wagon en laissant couler un filet de bave au chocolat au lait sur les premiers poils d’une barbe contrariée par l’éruption permanente d’une acné aussi purulente que disgracieuse. Oui ! car c’est comme ça que voyage l’adolescent parisien, il dort en bavant dans les transport souterrains, ratant parfois sa station en manifestant sa colère par un cri animal s’apparentant plus souvent à un meuglement bovin et breton, en proie à la mue de sa voie ingrate et laide. Je me régale donc, assise confortablement sur mon strapontin, jouissant du luxe du silence et de l’espace du transport public, face à des vieux citadins qui me scrutent, le regard torve et inquiets parce que je souris bêtement. Je les entends penser: « Oh ! Une jeune fille qui sourit comme ça pour rien, c’est sûrement une droguée ou une provinciale. ».

PARIS SANS PARISIENS ! Mais quel confort ! Quelle idée de génie ! Mais où sont, me demanderez-vous, mes camarades ! Eh bien ils sont au sport d’hiver, ces cons-là ! Oui, quand le parisien en a marre de se cailler les fesses entre novembre et février, qu’est ce qu’il fait ? Il va à la montagne. Il va mettre une combinaison fluo et va payer 50 euros pour avoir le droit de se fracasser la tronche à volonté dans un sapin aussi savoyard que teigneux.

Au bout du troisième jour et grâce au soleil alpin, renforcé par la réverbération, le parisien sera reconnaissable sur les pistes grâce à la couleur de son visage présentant une étonnante ressemblance avec le cul d’un babouin, un joli rouge vif phosphorescent, lui permettant le quatrième jour, grâce à sa lotion après soleil de se déplacer dans le noir sans éclairage.

À l’heure de la pause, à la terrasse du resto d’altitude, sur les pistes, le vacancier parisien tentera d’esquisser un sourire de ses lèvres gercées, sourire qu’il perdra à la fin du dîner quand arrivera l’addition de ses deux saucisses frites et de vin chaud facturés 120 euros.

Le cinquième jour, il ira chercher son fiston à l’école de ski victime d’un accrochage avec un skieur autrichien ivre mort qui pesait plus de 130 kilos, il emmènera son gosse à l’hôpital en espérant que « ce n’est pas trop grave ce bâton de ski planté dans l’œil », tout en priant pour que le moniteur retrouve, avant leur départ, la rotule gauche perdue dans le choc et que pour l’instant on avait remplacé avec une pomme de pin.

Une fois rentré à Paris il sera heureux d’avoir respiré le grand air et arborera fièrement son bronzage alpin dont les brûlures sont oubliées et qui le font désormais ressembler à un joli tourteau.

Ah sainte patrie, si tu savais toutes les saloperies qu’on pense tout bas… On dira ce qu’on voudra, mais en tout cas, EN FRANCE, sur les pistes, il y a de la neige, du soleil et des nana, darladirladada !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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