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Pour ou contre la grève à Polytechnique

NDLR : Les fautes de français n’ont pas été corrigées par notre équipe afin de respecter l’intégrité du texte original.

 

Comité référendaire

Pour la grève

Les étudiants au baccalauréat de l’École Polytechnique de Montréal auront à voter lors d’un référendum tenu du 14 au 16 mars prochain. Officiellement, nous sommes tous invités à voter pour ou contre une grève de 3 jours, reconductible au besoin. Officieusement, la grève a de fort risque de ne durer que trois jours. Alors, la vraie question à se poser est: êtes-vous prêts à retarder votre session de 3 jours afin de garder l’éducation accessible à tous ?

Tout d’abord, avant de se rendre aux urnes, il est important de comprendre le débat dont il est question.

Premièrement, les études s’accordent pour dire que la hausse des frais de scolarité empêchera l’accès à plusieurs milliers d’étudiants aux études universitaires. Et si pour vous la théorie n’est pas suffisante, basons-nous sur des exemples historiques : lors du dégel des frais de scolarité du début des années 90, le taux de fréquentation universitaire au Québec est passé de 40% à 35% en seulement quelques années!

Deuxièmement, il est faux de prétendre que nos universités manquent d’argent. Au Québec, selon les documents du MELS, l’investissement total par étudiant s’élève à 29 242$. Lorsqu’on se compare avec l’Ontario (26 383$ par étudiant) et avec le reste du Canada (28 735$ par étudiant), il devient clair que nous assistons plutôt à une piètre gestion des budgets universitaires. Quand un organisme dépense mal son argent, le reflexe est-il de lui en donner plus ?

En fait, loin d’améliorer le niveau de nos universités, la hausse des frais de scolarité est simplement un désengagement de l’État dans l’éducation. J’en convient, le Québec est à l’heure des choix et ne peut plus se permettre de vivre au-dessus de ses moyens, mais il y a d’autres coupures possibles à faire dans les dépenses sans toucher au budget de l’éducation.

De plus, nous entendons souvent les partisans de la hausse des droits affirmer que l’investissement des universitaires dans leurs études leur permettra de meilleures conditions de vies monétaires. Il serait donc juste de les faire payer plus, puisque les salariés qui n’ont pas fréquenté l’université n’ont pas à payer pour eux. Cet argument est irrecevable sur le plan économique et ignoble sur le plan moral. D’abord, les étudiants universitaires ne sont pas tous issus de milieux aisés et ceux qui le sont ont des parents qui paient déjà plus d’impôts que les autres. Les diplômés universitaires paieront plus d’impôts durant toute leur vie que s’ils ne s’étaient pas instruits. Ils rembourseront ainsi au centuple le coût de leur formation à l’État, alors que s’ils sont endettés, ils engraisseront plutôt les banques. Un diplômé universitaire ne fait pas que s’enrichir individuellement. Il enrichit toute la société sur les plans économique et humain. Nous avons besoin de médecins, d’enseignants, d’ingénieurs et de sociologues bien formés. Ils améliorent, par leurs compétences, la qualité de vie de tous.

Ainsi, il faut bien comprendre que le dégel des frais de scolarité n’est pas inévitable et l’éducation n’est pas un bien de consommation qui doit suivre bêtement le niveau de l’inflation. Je dirais même plus : les frais de scolarité peu élevés du Québec ne sont pas une tare dont on doit avoir honte et qu’il faut absolument éradiquer, mais une richesse collective qu’il faut préserver.

Pour revenir à notre sujet principal, je crois que personne ne souhaite être en grève mais malheureusement, il n’y a aucune autre solution puisque le gouvernement refuse de discuter avec les étudiants. Après la multitude de manifestations et d’actions étudiantes des deux dernières années, on ne pourra pas accuser le mouvement étudiant de ne pas avoir tout essayé pour convaincre le gouvernement. Aussi, personne ne peut se targuer d’être contre la hausse et contre la grève, car si cette dernière ne gagne pas la faveur d’une majorité d’associations étudiantes, nous aurons la garantie que la nouvelle hausse sera appliquée! N’oublions pas qu’historiquement, la grève générale est le seul moyen d’action qui ait permis de contrer d’importantes décisions gouvernementales qui auraient autrement dégradé la condition étudiante. Depuis 1968, sept grèves sur neuf ont mené à une victoire complète pour le mouvement étudiant. neuf grèves étudiantes générales ont eu lieu au Québec, parmi lesquelles sept ont mené à une victoire complète ou au moins satisfaisante pour le mouvement étudiant. De plus, il n’est jamais arrivé qu’une telle grève entraîne l’annulation de la session de qui que ce soit au Québec. Ce serait impensable pour le gouvernement, de même que pour le marché du travail qui attend les diplômés. Une grève générale illimitée doit donc déboucher sur des négociations, ce qui constitue sa force particulière.

Nous endossons le choix de prendre conscience de notre rapport de force, mener le combat et pousser nos dirigeants à retourner à la planche à dessin. Il est très important que vous preniez conscience de l’importance de votre appui à la cause! Les étudiants de la Polytechnique feront partis de l’élite de demain, et il est de notre devoir de supporter une cause si juste socialement et économiquement. La voix de futurs ingénieurs aura un poids énorme médiatiquement, ne laissons pas tomber les 130 000 étudiants déjà en grève ainsi que les milliers d’autres qui s’y rajouteront d’ici la fin du mouvement!

Le combat se jouera dans les prochaines semaines, et j’espère que vous voudrez tous en faire partie! Mais, d’ici là, je vous invite à aller voter cette semaine quelque soit votre décision.

Position : contre la grève

Nous avions offert une place au comité référendaire pour que les étudiants pour et contre la grève puisse s’exprimer afin de faire valoir leurs opinions. À l’heure ou nous allons envoyer le journal (18h34) nous n’avons toujours rien reçu de la part des étudiants contre la grève.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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