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Amour et animation cosmiques

Il existe des animes qui, quelques années après la fin de leur parution, acquièrent une réputation presque mythique. Neon Genesis Evangelion. Death Note. Dragon Ball. J’imagine que la majorité de mes lecteurs connaissent au moins une de ces séries, ne serait-ce que de nom. Cette semaine, je vous balance un titre qui pourrait bien se retrouver prochainement dans la liste des incontournables du monde de l’animation japonaise: Puella Magi Madoka Magica.

Avant d’aborder cette série, il peut être pertinent de se familiariser avec le concept des « magical girls », qui est l’idée de base d’animes tels Sailor Moon et Cardcaptor Sakura: l’histoire typique consiste à présenter une adolescente ordinaire qui se retrouve au cœur d’évènements qui lui permettront d’acquérir des pouvoirs magiques, qu’elle emploiera pour protéger le monde de diverses forces maléfiques. Ces séries sont généralement assez légères, parfois humoristiques, souvent empreintes d’une touche de romantisme: le public ciblé est plus qu’évident…

Début 2011, Puella Magi arrive sur les ondes. Durant les deux premiers épisodes, on découvre nos personnages principaux, absolument adorables et fortes lors des combats. L’animation impressionne et surprend, et l’ensemble est plutôt sympathique, mais sans plus. Ce n’est qu’au troisième épisode que cette série se révèle être plus qu’une simple histoire de «magical girls». Sans vouloir vous vendre de punchs, la fin de l’épisode 3 est aussi inattendue que tragique. Ces instants donneront le ton aux épisodes futurs. L’histoire devient de plus en plus sombre à mesure que la vérité éclate sur l’origine des pouvoirs des Puella Magi et des sorcières qu’elles combattent.

Le monde dans lequel se déroule l’histoire est magnifiquement illustré; il s’en dégage des airs de science-fiction et de fantasy, tout en restant suffisamment crédible pour qu’on puisse croire que l’action se déroule dans le futur. Le design plutôt simple des personnages contraste avec des arrière-plans détaillés, souvent vibrants de couleurs et de lumière, ou parfois sombres et remplis de formes semblant sorties tout droit d’un film de Tim Burton. Le résultat est, je le répète, très impressionnant. Les séquences d’animation les plus originales se trouve surtout dans les dimensions parallèles dans lesquelles se cachent les sorcières: ces scènes se déroulent dans des environnement qui semblent provenir de cauchemars d’enfants. Chaque sorcière a droit à un style différent, certains plus inquiétants, d’autres oh-si-faussement rassurants. Ajoutez à l’image une bande sonore originale de première qualité, et vous obtenez, dans le cas de cette série, un support parfait pour une histoire sombre, mais durant laquelle on ne perd jamais espoir.

Cette série ne comporte que 12 épisodes. On en voudrait davantage, surtout à cause de la fin semi-ouverte, triste, mais quand même belle. Là où les fans se déchaînent et s’en donnent à cœur joie, c’est dans l’interprétation des symboles et des références qui se retrouvent un peu partout. Les sorcières, par exemple, sont souvent créées à partir de créatures imaginaires: que ce soit l’hydre des légendes grecques ou un monstre qui semble sorti des Looney-Tunes, on ne peut vraiment pas se plaindre d’un manque de variété. Les références ne s’arrêtent pas qu’au design de ces créatures. Religions, runes et nombres d’autres éléments se cachent dans ces arrière-plans si détaillés. La quantité d’analyses et d’interprétations existantes est déjà impressionnante, et cette série n’existe que depuis un an!

Les jeunes filles qui choisissent de devenir des puella magi ont pour tâche de combattre des sorcières; c’est une drôle de créature nommée Kyubey qui leur offre ce travail, en échange de la réalisation d’un souhait. On peut d’abord croire que c’est un échange assez juste. Cependant, comme le découvrira Madoka, la protagoniste de cette histoire, ce genre de contrat s’apparente d’avantage au contrat faustien qu’au conte de fée.

Pour conclure, Puella Magi Madoka Magica est une excellente série. Animation? Enlevante. Musique? Envoûtante. Histoire? Captivante. Personnages? Attachants, inquiétants, effrayants, au cas par cas. Le seul reproche que j’aie à lui faire est son démarrage un peu lent, vite pardonné. Lors d’une rediffusion en ligne de la série sur le site japonais Nico Nico Douga, c’est près d’un million de personnes qui se sont assises pour regarder ces petites filles à jupe courte déconstruire le genre des « magical girls ». Bref, un réel succès! Bonus pour ceux d’entre vous qui décideront de regarder cet anime pendant leur cours de thermodynamique: la scène où Kyubey parle de conserver l’entropie de l’univers grâce à l’énergie provenant de la mort des sorcières devrait bien vous faire rire… Ou vous fournir une réponse originale à utiliser dans un examen en cas de blanc de mémoire.

TL;DR

Série : Puella Magi Madoka Magica

Longueur : 12 épisodes

On aime : L’animation à couper le souffle, la trame sonore magnifique, l’histoire grave qui ne tombe pas dans le mélodramatique, des concepts de thermodynamiques liés à la magie, ce qui explique tout.

On aime moins : Les deux premiers épisodes qui ne donnent pas nécessairement envie de continuer… Jusqu’à ce qu’on arrive à la fin du troisième et qu’on pleure du fait qu’il n’en reste que neuf autres.

Verdict : Ai-je vraiment besoin de le confirmer? À voir absolument, et venez donc me donner votre interprétation de la sorcière Charlotte, je vous attendrai au local du Polyscope!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.