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Souvenirs d’une St-Valentin torride…

Ah, la Saint-Valentin, la fête de tous les amoureux, et pas seulement des célébrités du sexe comme Gunter, Dominique Strauss-Kahn, Samantha Ardente, CasanovaTutti fruti summer love.

À l’heure où les pintades de variété ayant des QI de miss France viennent polluer nos territoires de chasse , rose à la main, brushing parfait et bouche en coeur, susurrant des mots doux idiots aux oreilles de leur chum naïf, à l’heure où les vieilles nymphomanes bigotes prennent leur célibat forcé pour une punition divine, vous avez la chance de lire le témoignage d’une véritable castafiore du coït tonitruant.

J’en viens presque à envier ceux qui ont une vie érotique banale, voire médiocre…

Oui! J’aimerais retrouver les sensations enivrantes de mes débuts, à l’époque où je n’étais pas encore une légende érotique… Ah, je m’en souviens oui, j’avais 16 ans, j’avais la fougue d’un cabri autrichien et le regard brûlant d’un puma andalou.

J’étais folle amoureuse de Johnny, un gros routier-garagiste quinquagénaire et précoce dans sa consommation de viagra, rencontré l’été précédent dans les sanitaires d’un camping de la Grande Motte et avec qui j’avais connu la fièvre de l’accouplement brutal et sauvage. Quelle soirée! Et je le retrouvais pour la première fois depuis nos ébats estivaux, j’étais nerveuse, nerveuse comme une très jeune choriste face à un prêtre défroqué.

Oui j’étais nerveuse, anxieuse, presque angoissée. Allait-il me reconnaître? J’avais peur, je tremblais tel un enfant lépreux. L’heure tournait, il fallait que je me prépare. J’ai pris une douche glacée pour calmer mon émoi et ma lascivité farouche.

Je me suis aspergée de mon parfum préféré, «fleur de rut»: un mélange de jasmin et de papaye dans lequel on a ajouté une larme de pétrole pour l’ivresse et une once de viandox pour l’haleine. J’ai lavé toute mes dents et mis ma robe en faux cuir, celle qui fait de mes formes une promesse de soirée réussie et gagnante. Il est venu me chercher à la sortie de l’université et il m’a emmenée au Macdonald où je me suis régalée d’une délectable portion de nuggets aux déchets de poulet.

Plus tard nous sommes allés chez lui. Il avait donné une touche érotique à son intérieur et jonché le sol de pétales de roses et de préservatifs. Et dire que je pensais que le romantisme était chose surfaite!

Nous avons fait l’amour toute la nuit comme des chiens sauvages et le lendemain, il était mort. Saloperie de nuggets.

J’ai porté son deuil 48 heures avant d’aller me consoler dans les bras de Pedro, un éphèbe chilien, caissier au dollorama et pianiste à ses heures perdues, adepte des soirées cuir moustache où la sueur des corps rougis de coups ne forme qu’un avec la matière fauve du cuir de vachette bulgare indomptée.

Aujourd’hui je vais mieux, beaucoup mieux. Depuis cette époque, c’est la même rengaine à la Saint Valentin: je dois m’accoupler avec tous les célibataires de mon quartiers pour qu’ils goûtent au moins une fois dans leur vie à la passion amazonienne d’une femme à la croupe incandescente et aux facultés manuelles tout droit sorties d’un livre indien.

Ohhhh you touched my tralala…




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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