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Un plaisir coupable totalement légitime: Yu-Gi-Oh!

Vous avez lu le titre, je vous l’avoue sans préambule. J’aime, j’adore la série Yu-Gi-Oh! de Kazuki Takahashi. C’est peut-être une autre indication qu’il existe au fond de moi un p’tit cul de neuf ans non assumé. Par contre, vous seriez surpris d’apprendre à quel point cette série est plus profonde que dans vos souvenirs, qui se résument probablement à «un dude avec des cheveux bizarres qui invoque des gros monstres avec un jeu de carte». Pas faux, maisil y a plus!

Depuis sa première publication dans le magazine Shonen Jump en 1996, la série a fait du chemin : deux adaptations en anime, rééditions des mangas et créations de plusieurs spin-offs : Yu-Gi-Oh GX (High School Musical sans chanson, avec plus de jeux de cartes et de voyages dans le temps), Yu-Gi-Oh 5Ds (on joue aux cartes à moto et les lignes de Nazca deviennent vivantes) et Yu-Gi-Oh Zexal (On joue aux cartes avec les scouters de Dragonball pour essayer de sauver une civilisation extraterrestre). La réaction attendue et normale de tout être humain confronté à ces synopsis est un «WTF»bien senti. Mais ces séries, même si elles ne battent pas l’originale, sont très créatives. Parfois jusqu’au point où les fans commencent à se questionner sur la nature des substances consommées par les scénaristes.

La première série, la plus connue internationalement, est connue sous le nom de Yu-Gi-Oh! ou Yu-Gi-Oh Duel Monsters au Japon. Le héro de l’histoire est Yûgi, un adolescent timide passionné pour les jeux de toute sorte. On le rencontre alors qu’il tente de résoudre le «puzzle millénaire», étrange artéfact d’origine égyptienne, sur lequel il travaille depuis huit ans! Suite à une série d’incidents, Yûgi se fait battrepar un étudiant plus âgé et beaucoup, beaucoup plus fort : sous l’effet du stress, et grâce à l’aide de son nouvel ami Jounouchi, le puzzle sera finalement complété, et l’entité qu’il emprisonnait, libérée.

Au sein du puzzle était enfermée depuis 3000 ans l’âme de celui qu’on appellera «l’autre Yûgi». Débutent les ‘Qui?’,‘Comment?’ et ‘Pourquoi?’ qui nous accompagnerons pendant une bonne partie de la série; cet autre Yûgi, qui se révèlera être un ancien pharaon, a perdu tous ses souvenirs d’avant son enfermement. L’être sorti du puzzle est un justicier sans pitié pour ceux qui osent s’en prendre à Yûgi ou à ses amis; les premiers tomes du manga, plus sombres que l’anime, comprennent leur lot de personnages mutilés ou brûlés vifs suite aux «jeux des ténèbres» auxquels les a défiés l’ex-pharaon.

Éventuellement, Yûgi et son double se confronteront : suite à un duel tendu où l’esprit du puzzle semblait prêt à sacrifier la vie de Seto Kaiba, son principal rival, afin de remporter la victoire, Yûgi se forcera à reprendre le contrôle de son corps et avouer à ses amis à quel point cette présence le terrifie parfois. C’est finalement au cours d’un duel contre Pegasus, le créateur du jeu de cartes Duel Monsters, que nos protagonistes se rencontreront face à face pour la première fois. Ensemble, ils réussiront à vaincre l’œil millénaire de Pegasus, capable de lire dans les pensées. Ce sont les premiers moments d’une amitié unique, où règnent confiance absolue et loyauté indéfectible.

Dans les mois qui suivront ces évènements, Yûgi fera de son mieux pour aider son double à retrouver ses souvenirs. Ensemble, ils feront face à des adversaires plus sinistres et plus fous les uns que les autres. On découvrira que deux autres garçons renferment dans leurs items millénaires des entités semblables à l’autre Yûgi, en plus maléfiques. Ryoû Bakura porte l’anneau millénaire, au sein duquel se trouve celui qui a juré la perte du pharaon. Malik Ishtar provient d’une famille de gardiens du tombeau; il possède la hache millénaire ayant permis la création de son double maléfique, né de sa douleur et de sa colère le jour où son père lui a marqué le dos au fer rouge pour préserver le secret de la mémoire du pharaon. En tout, il existe sept items millénaires que Yûgi devra récupérer afin de retourner dans le passé et retrouver la mémoire de son double. Cette fois, le pharaon sera-t-il capable de vaincre les forces des ténèbres qui ont forcé son emprisonnement?

Plusieurs aspects de cette série me fascinent : le jeu Duel Monsters, si inutilement compliqué, l’absurdité de ce monde où les gangs de rues s’entre-déchirent en jouant aux cartes, les designs un peu BDSM sur les bords (et les coupes de cheveux!) des personnages, de même que leur évolution psychologique. Le Yûgi du début de la série n’a plus grand-chose à voir avec celui du dernier chapitre, et on peut dire la même chose pour plusieurs des membres de son cercle social. Ce désir de toujours se dépasser, de devenir meilleur, je le comprends et je l’apprécie, même chez ces personnages fictifs. Le dernier chapitre/épisode vous surprendra, et, si vous êtes comme moi, ce dont je doute mais bon, vous verserez peut-être une larme, ou mille. La fin de cette série est déchirante, d’une manière inattendue pour une histoire tournant autour d’un jeu de cartes et de monstres holographiques!

Pour finir, si vous êtes curieux, mais pas au point de commencer à écouter la série au complet, je me permet de vous recommender Yu-Gi-Oh!: The Abrdiged Series, une parodie qui raccourcit un ou plusieurs épisodes en un vidéo d’environ 5 minutes. C’est drôle, ça vous évite de vous taper les duels qui peuvent rapidement devenir ennuyeux, et ça vous donnera une bonne idée de ce qu’est l’histoire. En fait, c’est grâce à cette parodie que mon intérêt pour cette série est passé de modéré à ridiculement élevé. Vous voilà prévenu, alors vite, tous sur Youtube entre deux heures d’étude!

TL;DR

Série: Yu-Gi-Oh!

Longueur: 224 épisodes, seulement pour l’original; Yu-Gi-Oh GX, 5Ds en font respectivement 180 et 154; Zexal est en cours de diffusion. 2 films ainsi qu’une première version de l’anime datant de 1997 sont également disponibles.

On aime: Les situations qui, peu importe leur gravité, se résolvent à l’aide d’un jeu de carte; les personnages ultra-charismatiques; la musique de la version originale; le doublage américain si horrible et censuré qu’il faut en rire; la version sous-titrée de Hong-Kong, à peu près aussi compréhensible que le japonais parlé; les émotions fortes et la fin prenante.

On aime moins: Les jeux de cartes qui s’éternisent.

Verdict: Je ne vous dirai pas d’aller vous taper les 224 épisodes, même si vous devriez. Vraiment. Essayez-vous avec ‘The Abridged Series’, c’est plus drôle et tout aussi charmant.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.