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Asian Power: d’une certaine façon…

N ous mortels, avons tendance à succomber dans les méandres de l’alcool et de la beuverie plus facilement que d’autres. Mais surtout, c’est dans ces moments que notre résistance à l’éthanol nous définit : notre capacité à continuer à faire le party ou notre incapacité à tolérer un dernier jeu d’alcool; on aurait tendance à se croire au secondaire, ou même au cégep, car, soyons sérieux, les universitaires ont depuis longtemps dépassé ce stade. Mais tout de même, malgré la grande maturité dont nous faisons preuve chaque vendredi (ou pour presque chaque jour pour certains), que ce soit au Pub ou partout ailleurs, il est intéressant de comprendre le mécanisme de digestion de l’alcool qui, est certainement, est quelque peu déficient.

Pour ceux qui désirent un petit éclaircissement sur les facteurs affectant la digestion de l’alcool dans le corps humain, ou pour ceux qui veulent vérifier leurs connaissances sur le sujet… et bien que ceux qui m’aiment me suive.

L’absorption de l’alcool

L’absorption de l’alcool par le sang dépend de plusieurs facteurs tels que la quantité d’alcool consommée, ainsi que la vitesse de consommation, la physiologie de la personne ainsi que son sexe, mais aussi l’état psychologique et l’ingestion préalable de nourriture.

Le processus par lequel l’alcool est absorbé est semblable à celui par lequel passe les aliments au niveau des organes utilisés. En effet, les aliments doivent être modifiés à différents niveaux de l’organisme pour pouvoir être digérés, puis absorbés par le système sanguin, ainsi, il y a apport d’énergie et de nutriments essentiels. La digestion débute dans la bouche, passe par l’estomac, l’intestin, le foie etc. Pour la digestion de l’alcool, c’est surtout dans le foie et l’estomac que le cœur de l’action se déroule, le reste de l’alcool non transformé se rendant au cœur.

En effet, c’est dans ces organes que les enzymes qui sont responsables de la transformation de l’alcool en énergie agissent: l’alcool-déshydrogénases, le cytochrome p450 2E1 et la catalase. Les deux premières ont pour objectif la transformation de l’alcool en acétaldéhyde, qui est responsable des effets ressentis suite à la consommation. Cette substance est par la suite transformée en acétate (forme inoffensive) par l’acétaldéhyde déshydrogénase. La première enzyme est présente pour faibles consommateurs et fonctionnent tel qu’environ une demi-once d’alcool, à son état pur, peut être transformée à chaque heure. Par contre, la deuxième agit pour les consommateurs réguliers. Finalement, la troisième enzyme, active dans les peroxysomes (structures cellulaires), et donc dans tout le corps, mènerait à la dépendance à l’alcool.

Mais, si tous possèdent les mêmes enzymes, comment se fait-il que certains d’entre nous, tout particulièrement les Asiatiques, Amérindiens et Inuits, ne semblent pas pouvoir aussi bien supporter l’alcool? La réponse à cette question réside dans la première enzyme, soit l’acétaldéhyde-déshydrogénases. En effet, ces ethnies possèdent une enzyme quelque peu différente, efficiente à seulement 8% en comparaison à l’originale. Par contre, pour les Indiens et les Asiatiques de l’Est, une autre variété d’enzyme, celle-ci beaucoup plus efficace que l’originale, tend à être utilisée. Ceci mène à des effets plus dévastateurs de l’alcool sur l’organisme, tels que des maux de tête, vomissements, rougeurs, palpitations cardiaques etc. De plus, la gente féminine tend à posséder moins de ces enzymes fonctionnelles dans l’estomac.

Bouffées de chaleur

La raison pour laquelle la force musculaire ainsi que le rythme cardiaque diminuent après la consommation d’éthanol est que celle-ci réduit la force de pompage de l’organe, menant donc à une diminution de la quantité de sang acheminée aux muscles. De plus, puisque l’alcool se propage par le flux sanguin, il se rend également dans les poumons, expliquant l’odeur d’alcool présente dans l’haleine. Il est également intéressant de démystifier la raison pour laquelle on tend à rougir et à ressentir des bouffées de chaleur suite à l’absorption d’alcool: les vaisseaux sanguins se dilatent, menant à la diffusion facilitée du sang vers l’épiderme. La circulation du sang est aisée, ce qui permet le réchauffement du corps. Finalement, pourquoi notre jugement semble-t-il obscurci après absorption d’alcool? Puisque l’alcool emprunte le chemin du sang, il se rend également au cerveau, ayant pour conséquence une diminution de la vitesse de transmission des impulses nerveux, donc de la vigilence intellectuelle.

Mais finalement, pourquoi Asian Power ? Power premièrement : parce qu’une personne reconnaissant que sa tolérance à l’alcool est très faible devrait être plus alerte par rapport à sa consommation et donc pouvoir mieux anticiper les effets néfastes. Mais aussi parce que la quantité d’alcool requise pour atteindre le niveau d’absence psychologique voulu est inférieure à la moyenne, conséquemment, l’argent à débourser est moindre. De plus, considérant la très grande supériorité numérique des Asiatiques sur les peuples natifs, généralisons donc à Asian Power!

Il est important de comprendre que cet article présente le métabolisme, les effets et les différentes conséquences ethniques de l’alcool de façon générale, les effets pouvant varier pour chaque individu.




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