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La guerra contra el narcotrafrico, cinq ans plus tard

Par Philippe Prévost

le jour suivant son inauguration, le nouveau président du Guatemala, Otto Perez Molina, a appelé l’armée à combattre le crime organisé. Ainsi, le Guatemala emboîte le pas au Honduras et au Mexique qui, ne faisant plus confiance à leurs forces policières (qui de toute façon, ne font simplement pas le poids face aux puissants cartels de la drogue), ont ordonnés à leurs forces armées de combattre ces organisations criminelles qui exécutent, torturent et décapitent des dizaines de personnes par jour et ce, en presque toute impunité. Selon des responsables du gouvernement guatémaltèque, le nord du pays aurait été complètement infiltré par Los Zetas, redoutable cartel mexicain formé dans les années 90 par des déserteurs des forces spéciales mexicaines et guatémaltèques. À l’instar du Mexique, le Guatemala est un pays de transit, c’est-à-dire par lequel passe la drogue produite au Pérou et en Colombie pour atteindre le plus grand marché de consommation de drogue au monde, les États-Unis.

Jusqu’à récemment, la violence reliée au contrôle des principales zones de transit se limitait principalement au nord du Mexique, surtout dans les villes frontalières de Juarez et Nuevo Laredo qui, avec Tijuana, sont les trois grandes routes par lesquelles est acheminée aux États-Unis la drogue en provenance des Andes. Toutefois, la propagation de la violence aux États du sud, comme celui de Guerrero où se trouve la station balnéaire d’Acapulco, ainsi que l’utilisation de l’armée au Guatemala pour combattre ce fléau, nous force à réévaluer l’ampleur de la guerre que se livrent d’une part les cartels entre eux, et d’autre part les cartels et les différents gouvernements de la région. En fait, on pourrait identifier une grande zone d’instabilité causée, directement ou indirectement, par le trafic de drogue qui s’étend du Mexique à la Colombie, à l’exception peut-être de Belize, du Costa Rica et de Panama, et en incluant peut-être le Venezuela, dont la capitale, Caracas, détient l’un des plus haut taux de criminalité au monde.

En décembre 2006, le président mexicain, Felipe Calderon a déclaré la guerre aux cartels. C’est l’armée qui, depuis, patrouille dans les rues, effectue des perquisitions et tente de démanteler les principaux cartels. Pourtant, on estime à 50 000 le nombre de morts depuis, chaque année étant plus meurtrière que la précédente. De plus, l’armée commettrait de nombreuses violations de droits de la personne. Peut-on alors parler d’échec de la part de l’armée et du gouvernement Calderon? C’est n’est pas aussi clair que cela puisse paraître. Premièrement, il est difficile de dire s‘il y aurait eu plus ou moins de morts sans l’intervention de l’armée. La corruption au sein de la police mexicaine est bien rependue et les policiers honnêtes sont souvent intimidés, voire simplement assassinés. L’armée semble être moins corrompue (cela est probablement dû à de biens meilleurs salaires) et le visage des soldats est très souvent couvert, ce qui leurs assure une certaine sécurité. Donc, face à une police corrompue et une situation qui frôle la guerre civile, le recours à l’armée par le gouvernement était pratiquement la seule option restante. Deuxièmement, si l’on se fit aux chiffres du gouvernement mexicain, le crime serait, malgré tout, en baisse dans plusieurs villes, dont Juarez. Il est cependant difficile de dire si cette baisse est le résultat de la répression effectuée par l’armée. Un cartel pourrait effectivement commencer à prendre le contrôle de la ville, ce qui expliquerait la baisse du nombre d’homicide. N’en demeure pas moins que les morts s’accumulent et que les régions touchées par cette violence s’agrandissent. Cinq ans plus tard donc, c’est néanmoins un bilan plus négatif que mitigé que le gouvernement Calderon devra défendre devant les électeurs mexicains, qui se prononceront dans 6 mois lors d’élections présidentielles et législatives. Il serait toutefois injuste d’imputer la responsabilité de la situation uniquement au gouvernement mexicain. Le problème est régional et plusieurs pays doivent assumer leur part de responsabilité, à commencer par les États-Unis, plus grand consommateur de drogue au monde. À cela s’ajoute le fait que la grande majorité des armes utilisées par les cartels proviennent des États-Unis.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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