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La fin de semaine où je n’ai pas écrit d’éditorial

les débuts de session sont des périodes fourbes. Alors que nous assistons volontiers à nos cours, fringants comme des gazelles et aussi excités que des élus montréalais devant une enveloppe brune, notre motivation s’éteint dès notre retour à la maison, alors que nous tentons de prolonger un peu la décadente paresse des vacances d’hiver. Tout ça pour dire que j’écris ces lignes un mercredi soir avec un retard terrible et que cela est plus dû à une procrastination bien sentie qu’à un horaire surchargé. Le vrai problème n’est pas tant ce retard inexcusable, c’est le fait que je suis aussi près de trouver un sujet d’éditorial pertinent que Justin Bieber de la découverte de sa virilité. Qu’à cela ne tienne, à défaut de discourir sur un sujet précis, je vais survoler cette fin de semaine où, justement, je n’ai pas écrit d’éditorial…

Le Salon de l’auto, ou « comment un écolo anti-voiture s’amuse comme un petit fou au milieu des carrosseries rutilantes »

Bon l’expression « écolo anti-voiture » est sans doute un peu exagérée mais il reste que j’aimerais bien, si possible, vivre sans voiture. Malheureusement, je sais bien que cela ne sera pas nécessairement possible. Dans tous les cas, j’ai développé cet étrange loisir qui consiste à aller au Salon de l’auto pour y dénicher les automobiles les plus écologiques et réprimander sévèrement mon paternel lorsqu’il ose tourner les yeux vers un véhicule utilitaire sport.

Première constatation : il y a du monde, beaucoup de monde à ce salon. Cependant, une fois les premières bouffées d’agoraphobie passées, la situation est gérable. Certes, il y a certains attroupements devant les Ferrari et autres voitures qui valent plus que quize ans de salaire mais les grandes salles d’exposition où les véhicules accessibles au commun des mortels parviennent tant bien que mal à contenir le flot de visiteurs amateurs de belles mécaniques. Parlons-en, de ces énormes voitures de sport aux prix faramineux. J’ai de la difficulté à comprendre la fascination qu’elles exercent. On ne peut pas les sortir l’hiver, les coffres ont la capacité d’un sac à main, on passe sa vie dans une station service et je fais des cauchemars à l’idée d’en stationner une en parallèle…

Deuxième constatation: parfois, j’aimerais bien être plus petit. Les concepteurs d’auto doivent nourrir une haine perverse pour les gens de plus de six pieds. Je pleure en pensant au xgens plus grands que moi (je ne fais après tout que 6 pieds 2). Le pire, c’est que ma tête touche parfois au plafond dans certaines grosses voitures… alors que la Smart est d’un confort irréprochable ! Côté électrique (le principal attrait pour moi dans ce salon), la Chevrolet volt offre un espace correct, la i-MiEV de Mitsubishi me donne l’impression d’être une sardine alors que sa cousine pourtant presque identique, la Nissan Leaf, est surprenamment spacieuse. D’ailleurs les voitures à essence n’ont pas encore dit leur denier mot. Je n’aurais jamais imaginé, il y a deux ans dans le même salon, voir autant de véhicules affichant des consommations dessous les 6 litres aux 100 km alors qu’ils poussent maintenant comme des champignons.

Brice de Nice reçoit son Golden Globe

C’est décidément la fin de semaine de tous les vices. À ma honteuse visite à la Mecque de la pollution atmosphérique, on peut rajouter ma non moins douteuse écoute du gala des Golden Globes. J’avais une bonne raison cependant, j’espérais voir l’équipe du film The Artist être couverte d’honneur et je n’ai pas été déçu. Émouvante scène que ce défilé de Français prodiguant leurs remerciements dans un anglais des plus douteux ! Si vous n’avez pas encore vu The Artist accourez ! C’est excellent et vous verrez que le talentueux Jean Dujardin n’a pas volé son prix du meilleur interprète masculin dans une comédie. On lui souhaite toutes les chances du monde pour les Oscars…

Fumer un joint avec la Reine

Parce que les voitures et les blagues grivoises d’animateurs de gala ne doivent pas nous faire oublier la bonne vieille politique, revenons sur le congrès du parti Libéral du Canada (PLC) qui avait lieu en fin de semaine. La position adoptée par les membres qui a fait le plus jaser est bien sûrl’idée de décriminaliser et de réglementer la vente de cannabis. Je dois avouer qu’on ne l’avait pas vraiment vu venir (vous vous imaginez Jean Chrétien complètement gelé ? Ah c’est vrais ça doit pas faire une grande différence…). Je doute toutefois sérieusement de voir apparaître cette position dans le futur programme. Pour le PLC, le but évident est de s’opposer directement à l’idéologie conservatrice et de courtiser les jeunes qui ont plus tendance à se tourner vers la voie orange. Les membres ont cependant voté à majorité contre la proposition de couper les liens entre le Canada et la couronne britannique. Cela me déçoit car ca aurait été un autre bon moyen de s’opposer aux frasques conservatrices en matière d’adoration royale…

Des vœux pieux

Voila donc ce qui a peuplé cette fin de semaine où je n’ai pas écrit d’éditorial. Souhaitez-moi meilleure chance pour cette fin de semaine où je tenterai de trouver un sujet plus pertinent… Ou pas.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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