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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

L’archaisme dimensionnel des États-Unis

Nous sommes en 2011. Les ordinateurs sont plus puissants que jamais, les machines sont de plus en plus perfectionnées, les pensées évoluent à un stade que l’on n’aurait jamais pu imaginer. On n’a plus besoins de toucher les toilettes, les lavabos : l’automatisation nous entoure. On contrôle une puissance de calcul formidable du bout des doigts grâce à nos tablettes électroniques, la médecine peut guérir des maux considérés incurables il y a 50 ans… et puis j’en passe!

Énormément de choses ont évolué dans les sociétés industrialisées. Et pourtant, j’ai l’impression que chaque percée géniale est automatiquement compensée par une connerie monumentale. Ça doit être ça, l’équilibre naturel des choses. À chaque génie, il y a un gros con.

Eh bien, quelquefois, le gros con peut être un pays, et le génie… eh bien le reste du globe. Détrompez-vous, je ne vais pas vous parler d’enjeux politiques de l’actualité. Je ne suis pas devenu cynique envers la race humaine à cause des génocides, des guerres, de la pauvreté, de l’esclavage, de la censure et de toutes ces belles choses… Ce qui me donne vraiment l’impression de me rapprocher du paléolithique et qui me donne l’envie de ne plus voter et d’aller écrire « anarchie » sur tous les murs… c’est de voir le mot « pouce » utilisé comme gabarit dans notre société technologique. C’est l’utilisation du système impérial de mesure.

Quand j’entends quelqu’un me dire une dimension en système impérial, j’ai toujours l’impression qu’il me parle de se bâtir une remise… Cela a bien beau être le patron de Bombardier, le directeur de la NASA ou Albert Einstein en personne; ils vont me dire « pouce » et je vais leur répondre : « Aah! ok, tu me parles de ton nouveau patio! ». Comment ça pourrait être autrement? Comment quelqu’un de sain d’esprit peut volontairement concevoir un appareil avec des dimensions aussi archaïques!

Comment se fait-il que l’on accepte encore rationnellement de baser les mesures des engins les plus technologiques sur la grandeur d’un pouce humain moyen. Où est le bon sens quand la conversion entre deux ordres de grandeur du même système d’unités est de 1/12 et que ce facteur ne soit aucunement le même pour les autres grandeurs? Qui, en dehors des institutions psychiatriques, veut se rajouter une constante « slug » dans ses équations déjà assez saturées de constantes?!

Si ça continue comme ça, il va y avoir des accidents parce qu’une bande d’écervelés auront décidé que leur système était vraiment trop supérieur au reste de la planète… Pas surprenant que ce soit déjà arrivé lorsqu’on utilise les outils élaborés il y a un millénaire pour construire une saloperie de fusée! C’est comme si je vous disais d’envoyer des hommes sur Mars, mais que vous n’avez droit qu’à la fonte, le bois, un peu de garnotte et un forgeron d’expérience. Tout ça sous le prétexte du respect de l’héritage culturel. Et de toute façon, cela a toujours fonctionnement de cette façon. Le progrès, c’est pour les faibles.

En fait, il 95% de la population mondiale utilise officiellement le système métrique. Par contre, le Canada se fait tirer vers le bas par son compagnon d’enfance retardé. Même le Royaume-Uni a compris et accepté la désuétude du système impérial. Les États-Unis sont les seuls qui n’acceptent pas ce système. L’unique argument ne tombant pas dans la paranoïa schizoïde du patriotisme américain serait les coûts que la conversion en métrique impliquerait. Je ne suis pas certain qu’ils sont au courant des sommes titanesques brûlées par l’économie mondiale pour les accommoder.

Devant un choix aussi banal et logique, ne pouvant qu’améliorer le sort de la civilisation à long terme, comment espérer mieux de l’humanité dans les cas où les enjeux seront teintés de gris et qu’ils impliqueront des vies humaines?




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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