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L’APOLLONIDE (SOUVENIRS DE LA MAISON CLOSE)

Aux premières heures du XXe siècle à Paris, le quotidien de Julie, Clotilde, Samira, Madeleine et les autres, prostituées dans la prestigieuse maison close de Marie-France Dallaire. La répétition des jours et des nuits, les séances d’habillage entre filles, les manies des habitués du lieu. Dans cet univers familier, et presque familial, on se laisse aller à la douceur de l’autarcie, alors que la cruauté bouleverse pourtant fréquemment ce monde replié sur lui-même, sous la forme d’un sadique, d’une maladie, ou encore d’une étude scientifique arriérée. Dans la pénombre rougeâtre de cet hôtel particulier d’un autre temps, dont on ne peut plus discerner s’il est un refuge ou une prison pour ces femmes marginalisées, Bertrand Bonello filme les joies et les douleurs avec la grâce d’un froissement de robe, la nonchalance d’un corps épuisé. Porté par des actrices profondément émouvantes, L’apollonide est un film envoûtant et terrifiant à la fois, qui nous retient avec la même inertie que ses protagonistes. En choisissant une pratique de la prostitution sur le point de disparaître, Bonello rappelle que ce métier est éternel, et pose la question de son devenir. Un hommage à l’amertume d’une cicatrice en forme de sourire. – Apolline Caron-Ottavi

Pour le Polyscope : Un film cru et violent, mais magnifique, qui vous remue au fond de l’âme, tant il dépeint la tristesse et le renoncement.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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