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Fashion Pop Montréal

Polyscope y était, premier rang, face à Denis Gagnon, dieu vivant dans cette chapelle de la mode, bref des stars. Pour l’occas’, j’avais ciré mes plus belles baskets, révisé les grandes lignes de la Semaine de la mode, misé sur l’accessoire plus que sur le vêtement (sacoche de cours, iphone ancienne génération, carte opus qui dépasse honteusement de la poche) et mis du mascara. Somme toute, l’entrainement basique d’un coureur d’événements dernier cri.

Fashion Pop, concours de mode lancé dans la veine du festival Pop Montréal, présente six nouveaux designers de la métropole et leur collection, lors d’un défilé, soumis à la critique d’un jury de professionnels présidé par Denis Gagnon. Autant vous dire que ce dernier, juge suprême de cette belle épopée nocturne, contribue à l’ivresse de la foule en délire fardée de ses plus beaux apparats. Effectivement, la paire de lunettes solide-oversized-triple foyer comme on n’en fait plus est visiblement l’accessoire phare de l’hiver 2012. Pour les fashionistas les plus aguerries, même les motifs à fleurs retrouvés sur la majorité des pièces du dernier défilé de la collection printemps-été 2012 de seigneur Gagnon, pointent déjà le nez, par-ci par-là, comme un clin d’œil de dévotion sacrée criant:
« We love you Denis! »

La Scène installée pour l’occasion à l’église Little Burgundy, 425 Beaubien est, transformée pour la circonstance en une sorte de bombonière underground, nous plonge tout de suite dans la tendance : pop night, pop mode, pop people, pop tout quoi. La bière retrouve sa place de boisson en vogue entre le chai latte et le sirop de grenadine et tout le monde semble attendre, dans la joie, les lunettes, les dents blanches et la bonne humeur, les nouvelles créations de demain.

La relève montréalaise semble pour le moins éclectique et audacieuse dans ce qu’elle donne à voir. En effet, dans l’ensemble, les participants ont fait preuve d’une grande inventivité, et d’une véritable exploration des matières, allant de la résille lainée au chemisier solide et métallique. Pas de panique, ces jeunes artistes auront de quoi vous rhabiller pour les hivers à venir.

Remy&mercy amorce le show en présentant des pièces confortables, aux motifs tribaux et féminins, une collection qui joue avec la subtilité des tons (kaki, bordeaux, moutarde) et qui reste très actuelle dans ses coupes fluides et standard ainsi que ses alliances de couleurs terreuses.

Marie-Ève Dion quant à elle détonne par l’esprit poétique qu’elle explore en opposant entres elles matières et couleurs. Elle cherche à suggérer «l’idée d’une perte de contrôle lors du processus créatif» en s’inspirant des démarches des auteurs surréalistes lors de l’exploration de l’inconscient (dixit l’artiste)…Hum, ça me parait flou comme ca, mais on comprend l’esprit au fil de la collection. En effet, la légèreté du tricot couleur crème résiste à la solidité et l’opacité du crèpe, mariage qui redonne toute ses notes de noblesse à la féminité moderne, à la fois assurée, ferme, délicate et rêveuse.

Le troisième participant, Jon Schmidt, tranche par le minimalisme direct qu’il offre aux spectateurs. En effet, on devine que les inspirations de designers comme Maison Martin Margiela ou Rick Owens, novateurs dans leur coupes grunges et avant-gardistes semblent avoir eu un certain impact dans ses créations. Certaines de ses pièces, imprévisibles, suscitent même une sorte de fragilité ne tenant parfois qu’à un fil.

Geneviève Savard, ayant suivi une formation dans le costume, joue quant à elle avec la transparence des vêtements. Du legging à la robe en passant par le chemisier, au diable les âmes prudes et sages, la suggestion d’un corps dévoilé et assumé est ici l’emblème du glamour de demain.

L’avant-dernière participante, Maude Nibelungen, rend hommage au savoir faire féminin en attirant l’attention sur le tricot revisité audacieusement et mis au goût du jour. Ses pièces rappellent la cotte de maille, et donnent un côté martial et conquérant à la collection. Elles sont toutes unisexes, suggérant l’évolution sans conteste de l’univers de la mode et de la société.

Le show se ferme sur la collection d’Isabelle Campeau, GRANDE GAGNANTE de l’événement Fashion Pop Montréal. La styliste met l’accent sur la double fonctionnalité du vêtement: la chaussure est interprétée comme un accessoire que l’on tient à la main et que l’on monte soi-même en trois gestes simples; la bombe d’équitation comme un chapeau quotidien et novateur et le manteau comme un essentiel aux multiples facettes que l’on peut moduler au gré de ses envies et des saisons. Elle offre dès lors une solution au dilemme infini de la mode: un vêtement confortable, modulable et syncrétique.

Sur ce, je me presse

Pour éviter la foule en liesse.

Surtout n’oubliez par leur noms,

Car peut être qu’ils auront

Le grand privilège de faire partie

De votre immense garde-robe Chérie.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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