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Débat : Pour ou contre la hausse ?

Comité Référendaire

Pour la hausse

 

Dans ce dossier, les premiers qui peuvent se sentir abandonnés par le gouvernement, ce sont les diplômés du secondaire. Selon une étude du ministère de l’éducation du Québec « Marius Demers, Taux de rendement du baccalauréat : pour les diplômés et pour l’État, Ministère de l’Éducation, décembre 2008 », ces personnes peuvent espérer gagner 1 288 438 $ au cours de leur vie alors que pour une personne qui aura obtenu un diplôme universitaire, ce montant sera de 2 166 948$. On voit bien que les contribuables moyens vont donc payer pour les études des futurs hauts salaires de notre société. Ceci est une vraie iniquité sociale flagrante pour la classe moyenne et la hausse des frais de scolarité permettrai alors de réduire la part d’investissement de ces contribuables dans l’éducation universitaire.

Une question qui préoccupe les étudiants qui on droit aux prêts et bourses du gouvernement, comment la hausse va se traduire pour eux? Et bien, la hausse des frais de scolarité va permettre au gouvernement du Québec d’avoir une plus grande marge de manœuvre en terme de financement de l’éducation et va se traduire par un réinvestissement de sa part dans l’Aide Financière aux Études, pour permettre aux moins nantis des étudiants de pouvoir accéder à l’éducation sans s’endetter dans des institutions privées. Ce réinvestissement de la part du gouvernement permettra également aux étudiants boursiers qui sont sous le régime des prêts et bourses de ne pas subire la hausse des frais de scolarité et donc de ne pas s’endetter plus (« L’éducation, une force économique » www.plq.org).

Des recherches démontrent que cette hausse n’aura aucun impact sur l’accessibilité à l’université au Québec. Selon l’Institut Économique De Montréal, qui a publié une note économique en Juin 2010 intitulé « La hausse des droits de scolarité réduirait-elle l’accessibilité aux études universitaires? », et qui conclut que le gouvernement doit faire des choix dans les dépenses de l’état et doit faire face à des augmentations de coût importantes, notamment dans le secteur de la santé. Il n’a donc pas le choix d’augmenter les frais de scolarité suivant la croissance des coûts, pour continuer de financer les universités québécoises efficacement. La note se termine par une question que l’on doit se poser à l’heure actuelle : « Qu’importe si tout le monde peut fréquenter l’université pour obtenir un diplôme qui n’a pas de valeur? ».

On le voit à l’École Polytechnique, mais encore plus dans les autres universités comme l’Université de Montréal ou l’Université du Québec à Montréal, les infrastructures sont désuètes et insalubre dans certains cas, et le plus important, on manque de place! Comment alors financer un nouveau bâtiment ou des travaux de réfection? Le gouvernement doit-il puiser dans des réserves d’argent inexistantes? Non, la dette du gouvernement du Québec augmente à chaque année et on ne peut pas se permettre de finir comme des pays en récession actuellement. En chercher des appuis financiers dans le privé? La chute boursière de 2008 est encore présente et les entreprises susceptibles de nous fournir des fonds pour des travaux sont peu nombreuses et elles préféreraient plutôt augmenter leur bénéfice pour rassurer les investisseurs et les actionnaires. Le gouvernement ou les entreprises seuls ne peuvent pas financer les travaux nécessaires dans les infrastructures des universités au Québec. Les étudiants sont appelés à faire leur juste part et à contribuer pour améliorer leur qualité d’éducation dans leur université, avec l’aide du gouvernement provincial, fédéral et des entreprises privées.

Actuellement, on a les frais de scolarité les plus bas au Canada et nous sommes dans la moyenne de fréquentation des universités au Canada. La dernière hausse des frais de scolarité du début des années 90 à même vu une augmentation du nombre d’inscrits dans les universités québécoises. La hausse ne va donc pas forcément diminuer la fréquentation dans les universités du Québec.

Pour obtenir un diplôme qui aura de la valeur sur le marché du travail, sa prend des professeurs de qualités et de renommés internationales. Or avec la moyenne des salaires des professeurs titulaires au Québec, on est loin de pouvoir concurrencer les universités de la province voisine, l’Ontario. D’après Statistiques Canada (2008-2009), le salaire moyen d’un professeur titulaire de l’Université de Toronto est de 156 013$ alors qu’il n’est de seulement 130 320$ à l’École Polytechnique et de 106 319$ à l’UQAM. Une partie de la hausse des frais de scolarité pourra être alors réinvestie dans les salaires des professeurs pour attirer les meilleurs d’entre eux et retenir nos professeurs-chercheurs au Québec. Une mesure qui va donc augmenter la qualité de nos diplôme.

Thomas Goyette-Levac

Contre la hausse

 

Septembre, la vie s’installe à l’École. Des nouveaux étudiants s’installent et paient leur appartement. D’autres se trouvent du boulot pour payer leurs études à temps plein. D’autres reviennent de stage et, malgré leur travail acharné dans l’industrie, ne verront pas la couleur de leur argent, comme mon ami Abdourahman qui a dû payer plus de 4000$ seulement en frais de stage en tant qu’étudiant étranger. Une hausse des frais de scolarité avec ça?

Démocratie oblige, mercredi et jeudi prochain les 28 et 29 septembre, vous devrez vous prononcer, par référendum à une question importante : pour ou contre la hausse des frais de scolarité. Importante, car votre association étudiante, l’AEP, prendra position sur la décision du Gouvernement du Québec de hausser les frais de scolarité de 1625$ par année, par étudiant, de 2012 à 2017. Donc, si vous votez oui, il n’y aura pas d’action contre cette hausse. Si vous votez non, nous ajouterons notre voix pour faire pression sur le Gouvernement et qu’il empêche la hausse de passer. Alors c’est à vous de choisir.

Pour faire un choix éclairé il faut déboulonner certains mythes véhiculé par le gouvernement libéral et d’autres porte-paroles de la droite :

Le référendum ne donnera rien

Au contraire, une masse critique d’étudiants votant NON nous permettra d’accomplir des actions citoyennes légitimées par un processus démocratique, le référendum.

La hausse des frais de scolarité ne réduira pas l’accessibilité aux études.

Se basant sur des exemples du reste du Canada, le Premier ministre du Québec, Jean Charest, a expliqué que le nombre d’étudiants dans les universités était toujours en hausse au Québec et lorsque d’autres provinces canadiennes (l’Ontario et la Nouvelle-Écosse) aussi lors qu’elles ont augmenté leurs frais.

Toutefois, la hausse de la fréquentation au Québec s’explique par la demande des employeurs pour une main d’œuvre plus qualifiée alors que les secteurs manufacturiers et de la foresterie sont en baisse et les secteurs de l’innovation (aérospatial, biotechnologie, logiciels, etc.) sont en pleine croissance.

En Ontario, la hausse de 2003 a été marquée par une hausse de fréquentation à l’université puisque la dernière année du secondaire a été abolie en même temps. En Nouvelle-Écosse, Halifax draine les étudiants des autres provinces maritimes ayant ainsi une hausse de fréquentation plus élevée. Partout ailleurs, une hausse des frais de scolarité engendre une diminution de son accessibilité.

La hausse des frais de scolarité entraînera une amélioration de l’enseignement.

Le budget gouvernemental 2011-2012 ne prévoit pas d’investissement massif dans le secteur universitaire. La hausse des frais de scolarité, de l’aveu même du Gouvernement, servira à atteindre ses objectifs de déficit 0 d’ici 2013. Personnellement, je pense que l’éducation est un droit et garantis le progrès social, il doit donc être garanti pour le bien de la société. L’argent pour combler le déficit est déjà à la disposition du Gouvernement, avec une meilleure gestion des fonds publics entre autres.

Je ne serais pas affecté par la hausse des frais de scolarité, même si je n’ai pas droit à l’Aide financière aux études, car j’ai une marge de crédit ou je reçois une bourse

L’augmentation des frais de scolarité est une barrière à l’accessibilité aux études pour les étudiants qui ont une aversion de l’endettement et les étudiants étrangers. L’endettement est un frein pendant nos études à cause du stress qu’il génère et nous empêche de bien nous concentrer. Seuls 35% des étudiants n’accumulent pas de dettes et ceux qui en accumulent ont des dettes provenant jusqu’à trois sources (familles et amis, AFE et le privé), les dettes de produits financiers n’étant pas clairement encadrées par les institutions financières.

(Pour les non-résidants) si je manifeste mon désaccord sur la hausse des frais de scolarité, je pourrais me voir refuser un emploi.

Ben non! Le Québec et le Canada sont des sociétés avec des débats de société démocratiques et non-violents. Aucune discrimination, ni officiellement ni officieusement, ne peut être faite sur la base d’opinions politiques et vos droits sont protégés dans les Chartes des deux juridictions. D’ailleurs, les étudiants étrangers seront davantage touchés par la hausse. En vivant ici, vous êtes des Québécois autant que les autres. Votre voix compte-t-elle autant?




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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