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Un nouveau pont? Oui mais…

À moins que vous n’ayez passé l’été la tête plongée dans une dune de sable sur une plage paradisiaque (auquel cas je vous envie profondément), vous avez sans doute eu vent de la (très légère) polémique entourant la question du transport et des embouteillages à Montréal. Tout cela a commencé par la fermeture partielle des ponts Mercier et Champlain qui, ajoutée aux travaux habituels de la saison estivale, ont considérément alourdi la situation dans la métropole.

Ce qui m’a intéressé dans cette saga médiatique, ce n’est pas tant le débat sur l’état des infrastructures existantes, mais plutôt la réflexion autour du futur du réseau de transports montréalais. Si, dans les premières semaines, on a plus entendu parler les automobilistes frustrés réclamant à grands cris de nouveaux ponts, le débat s’est rapidement orienté vers une véritable piste de solution: le transport en commun.

Mise en situation

Plongeons nous un instant dans le fantasme le plus fou d’un automobiliste montérégien (note: ça fonctionne tout aussi bien avec un Lavallois). Cinq nouveaux ponts relient maintenant la Rive-Sud à l’île de Montréal (cinq!, je niaise pas avec la puck moi!) À ces ponts s’ajoutent allégrement des autoroutes aux voies doublées et des milliers de places de stationnement à bas prix au centre-ville. Dans les premiers mois, tout va bien. On peut maintenant partir de Candiac et aller travailler en ville en moins de trente minutes! Et après, que se passe-t-il? N’est-ce pas une situation parfaite? Et bien non… Tout d’abord, Montréal ressemble maintenant à Détroit (et ca, c’est pas super). Ensuite, ce répit dans les bouchons ne serait, justement, qu’un court répit. La vérité, c’est que des embouteillages, il y en aura toujours aux heures de pointe à Montréal.

La triste vérité

Offrez aux gens la possibilité d’avoir un énorme terrain, un château au cinquième du prix de ceux présents à Outremont en plus d’assez d’autoroutes pour se rendre au travail rapidement et vous obtiendrez une merveilleuse migration. Bonjour l’étalement urbain et surtout, rebonjour les bouchons!

Vous ne me croyez pas? Soit! Prenons le merveilleux exemple de Houston, Texas. Avec ses deux millions d’habitants (sans compter sa monstrueuse agglomération), Houston a la particularité d’avoir choisi l’automobile de façon claire. À Houston, on avait de la place. Résultat: la ville est trois fois moins dense que Montréal et près de huit fois moins dense que New York. Plus d’espace et plus d’autoroutes? La ville de Houston serait-elle exempte d’embouteillages monstres? Je vous laisse deviner la réponse… En plus de ses légendaires bouchons, Houston est une des ville ou il coûte le plus cher de se déplacer, coût de l’essence et quasi-inexistence des transports collectifs obligent.

La solution

Concevoir notre réseau de transport et nos plans d’urbanisme autour de l’automobile nous amène directement dans une impasse. Nous devons revoir la façon dont nous construisons nos infrastructures pour faire de la place au transport en commun. Ce n’est pas simplement une question d’écologie et de développement durable (qui ne sont pas souvent les premières préoccupations de nos élus…), c’est aussi une question d’efficacité. L’automobile est un moyen de transport inefficace si l’on considère le prix des infrastructures routières. Une voie réservée pour un tramway permet le transit de beaucoup plus de personnes qu’une voie d’autoroute où s’entassent les automobilistes assis seuls derrière leurs volants.

Alors allez-y, je vous en conjure, reconstruisez-moi ce pont Champlain, mais mettez-y ces deux voies réservées au transport en commun que réclame à grand cris le réseau de transport de Longueuil. C’est un projet autrement plus intelligent que la construction d’un pont à péage qui peine à accélérer la circulation… Ça par contre, c’est une autre histoire.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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