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The Planet Smashers (en français !)

Entrevue avec Matt Collyer, le vocaliste du groupe

 

Dans les dernières semaines, The Planet Smashers, un groupe de ska Montréalais, a décidé d’essayer quelquechose d’inhabituel: Le groupe a traduit ses chansons de leur anglais habituel vers le français. The Planet Smashers ont ensuite prit ces transpositions et les ont interpretées aux Francofolies de Montréal et aux célébrations de la St-Jean sur les Plaines d’Abraham à Québec. Dans ces concerts, ils ont aussi donné un avant goût de leurs dernières chansons qui se retrouveront sur leur nouvel album Descent into the valley of the Planet Smashers. L’album est en magasins depuis le 12 Juillet 2011. Le Polyscope a rencontré Matt Collyer, le chanteur du groupe, dans les bureaux de Stomp Records à Montréal afin de discuter de l’actualité du groupe. Matt Collyer a discuté de l’idée que le groupe a eu de chanter en français, il nous a donné des détails sur le nouvel album et a laissé savoir ses impressions sur la scène de ska actuelle.

Bonjour The Planet Smashers et merci d’accorder cette entrevue au Polyscope. Récemment, vous avez décidé de reprendre vos chansons en français au lieu de l’anglais habituel. Qu’est ce qui vous a soudainement donné l’envie d’essayer ceci?

L’idée nous est venue pour la première fois à l’automne passé lorsqu’on a signé the Sainte-Catherines au label Stomp Records. Ils ont fait leurs chansons en français et nous avons pensé qu’il serait intéressant pour nous de faire de même. On s’est informé si le projet était viable et nous avons reçu une réponse positive. Les Francofolies étaient réceptifs à l’idée et les organisateurs des célébrations de la St-Jean à Québec nous ont ensuite demandé de jouer à Québec. Le processus a été naturel et spontané.

Dans les deux dernières semaines, vous avez joué ces deux concerts en français. Comment vous êtes vous préparés pour ces concerts et comment s’est déroulé le processus de traduction des chansons?

Notre but était d’être très bien préparé mais on ne l’était vraiment pas! [rires] Les choses finissent toujours comme ça avec the Planet Smashers! Nous avons choisi environ quinze chansons qu’on voulait interpréter en français. Ensuite, plusieurs de nos amis nous ont aidé à les traduire. Alex du groupe the Beatdown qui jouait auparavant dans One Night Band a fait un paquet de chansons. Eric, l’ancien chanteur d’Arsenic 33 en a aussi fait une grande partie. Honnêtement, ce gars là en a fait vraiment beaucoup et ses traductions étaient impreccables. Je lui ai donné les chansons plus laborieuses parce qu’il est traducteur de métier. René du groupe the Brains en a aussi traduit une. Finalement, il y avait deux ou trois vieilles chansons qu’un gars appellé René Lavitesse, un DJ de la radio CKUT, a traduit.

On dirait que toute la scène ska/punk montréalaise y a participé!

Ouais, c’était vraiment une collection de travaux. Nous avons pratiqué les pièces et on a fait de grands aides mémoires pour que je puisse me souvenir des paroles. Je me suis souvenu d’une grande partie mais c’est inévitablement difficile pour moi de chanter en français. C’est spécialement difficile de le faire devant une foule lorsque t’es un peu nerveux et que c’est la première fois que tu fais ça. C’était doublement bizarre parce que je chantais aussi des chansons que je venais tout juste d’enregistrer en anglais. On venait de sortir du studio où on travaillait sur notre nouvel album The Descent Into the Valley of the Planet Smahers. En somme, je crois qu’on s’en est assez bien sorti!

Est-ce que vous avez reçu des commentaires des fans après les concerts? Quelles étaient leurs impressions?

Nous n’avons pas spécifiquement demandé au monde qui y était ce qu’ils en ont pensé mais on a vu des réactions en ligne. Certains gens sur les forums internet écrivaient des trucs du genre “Le show d’hier soir était hilarant. Meilleure chance la prochaine fois!”. Je crois que beaucoup de personnes ont apprécié l’effort qu’on a mit à chanter en français. Ils nous ont vu essayer quelque chose de différent et ils ont trouvé ça cool. Nous sommes le seul band anglophone qui a fait ce qu’on a fait aux Francofolies. Je crois que les gens respectent le geste même si je n’ai pas réussi toutes les parties… ou même une partie! [rires] Le monde trouvait ça drôle.

À un certain moment pendant votre concert sur les Plaines d’Abraham, vous avez dit: “Well that was our short set.” Est-ce que cela veut dire que vous aviez deux performances, une courte et une longue, de préparées au cas où le concert était mal reçu par les spectateurs francophones?

Ouais! C’est pas mal ce qu’on s’est dit! On a préparé le show en pensant: “Ok, peut être qu’on en aura assez fait. On verra si les spectateurs sont encore debout à ce stade de la soirée”. S’ils ne l’étaient pas, on aurait terminé le concert. Par contre, vu que tout le monde s’amusait, nous avons décidé de continuer. On s’est dit: “Ok, on continue!”.

Est-ce que vous pensez qu’un jour on vous verra chanter une de vos chansons originales en français dans un concert où le choix de la langue ne sera pas imposé?

Ouais! Bien sûr! Je crois que je me suis peut être tiré une balle dans le pied avec ces chançons en fraçais. [rires] Je suis sûr qu’un jour je vais commencer à chanter une chanson en français dans un concert en anglais et me dire: “Nooon!”. Je crois que je vais peut être commencer à oublier les paroles des chansons en anglais.[rires] (NDLR: dans l’entrevue, Matt Collyer a utilisé le mot français “paroles” au lieu du mot anglais lyrics. Le déclin de son anglais a déjà débuté!) Une des chansons que j’ai préféré chanter en français était J’aime ta femme. Je chante habituellement quelques couplets de celle là en français de toute façon alors ouais, je chanterai sûrement en français dans l’avenir. Par contre, je ne crois pas qu’on fera tout un concert en français. C’était une bonne expérience mais on ne va pas changer notre modus operandi. La prochaine fois on le fera peut être en espagnol! [rires]

The Planet Smashers ont un nouvel album qui est sorti le 12 juillet. À quoi les fans peuvent ils s’attendre sur A descent into the valley of the Planet Smashers?

C’est le premier disque studio qu’on sort depuis 6 ans. Pendant un certain temps, nous ne travaillions pas très fort dans le studio parce que nous avions arrêté de faire des tournées. On a fait d’autres choses avec nos vies pendant ce temps là. Nous avions essayé d’écrire un album en 2007 mais les pièces qu’on composait n’étaient simplement pas à la hauteur! On a fait 5 ou 6 chansons et on s’est dit “Ok les gars. En ce moment, ça roule vraiment pas!”. Après cette pédiode de manque de d’inspiration, Scott, Dave et moi avons finalement réussi à écrire un nouvel album qui avait de l’allure. Nous avons écrit des chansons dans le style farceur classique des Planet Smashers. Nous avons invité Alex du groupe Arsenic 33 à se joindre au groupe en tant que tromboniste. Nous sommes très fier de ce qu’on a accompli avec cet album; c’est un album joyeux et amusant et je crois que n’importe quel fan des Smashers va l’apprécier. Je crois que personne ne sera déçu de l’album sauf pour une exception: Les critiques de musique. Ceux là peuvent en manger de toute façon! Manger quoi? Je le dirai pas! [rires]

Dans le vidéo promotionnel pour votre nouvel album où tous les membres du groupe sont déguisés en hommes des cavernes, il n’y a pas d’instruments à vent. J’espère que vous pouvez assurer à vos fans qu’il y aura bel et bien des cuivres sur l’album!

Je suis désolé: L’album ne consiste que de death métal Suédois. [rires] Non, je rigole bien sûr. Ce vidéo est une introduction qui a été originalement proposée par Dave. Il n’était même pas supposé contenir de paroles. Nous avons enregistré quelques “riffs” hardcore et nous les avons mis dans un vidéo. Le vidéo ne dure que 38 secondes. Dave voulait déstabiliser un critique de musique avec ce vidéo ridicule. Ouais, les fans ne devraient pas s’en faire avec ça; il y aura plein de trompettes et de trombone sur l’album. Il y a une chanson sur l’album qui n’a pas d’instruments à vent mais toutes les autres en ont en abondance. Une autre chose que cet album a de particulier est l’abscence d’une pièce instrumentale. Je crois que c’est une bonne chose parce qu’on en avait une sur chaque album précédent. Ça fait plaisir de ne pas en avoir pour une fois.

Est-ce que vous innovez sur ce nouvel album? Que faites vous différemment sur ce disque?

La pièce qui n’a pas d’instruments à vent est quelque chose que nous n’avions pas fait dans le passé. Je crois qu’on s’est vraiment rendu à la limite du territoire des Planets Smashers avec celle là. Je crois que les critiques de musique qu’on a tenté de déstabiliser avec le vidéo promo pourraient réellement l’apprécier tandis que les vrais fans des Smashers un peu moins. C’est correct; je sui sûr qu’ils y prendront éventuellement goût. Sur cet album, on fait aussi une pièce plus hardcore appellée Food Fight. Je crois que le fan moyen des Smashers adorera celle-là même s’il n’y a pas d’instruments à vent et que ce n’est même pas du ska. C’est vraiment une chanson hilarante! À par ce que je viens de mentionner, l’album ressemble beaucoup à du Planet Smashers classique.

Avez vous des projets de prévu pour l’avenir approché dont vous voulez nous faire part?

Nous serons au Vans Warped Tour à Montréal le 16 juillet. En ce moment, nous sommes aussi en train de planifier des concerts pour le mois de septembre. On peut pas encore annoncer les détails de ceux-ci mais beaucoup de groupes excellents y seront présents. Nous allons aussi enregistrer un nouveau video pourHippopotamus. Scotty sera en charge du vidéo. Le vidéo sera aussi sympathique que la pièce.

Est-ce qu’il y aura un hippopotame dans le vidéo clip?

Ouais bien sûr! Tu peux même le voir ici derrière moi. Il ne sera pas vivant par contre! Le hippo sera omniprésent et ce sera un clip humoristique. Tu sais, on n’essaye pas de changer le monde avec notre musique! On fera aussi deux autres vidéos, pour Food Fight et My Obsession. Les vidéos seront tous des petites productions peu dispendieuses. Finalement, on va partir en tournée!

J’ai une dernière question avant de mettre fin à l’entrevue. Dans une entrevue avec Rebecca Braden de WatchMojo.com, vous avez mentionné que vous étiez étudiant en génie lorsque vous avez fondé The Planet Smashers. Pourriez vous nous parler de ceci?

Ouais, bien sûr! Regarde mon petit doigt! J’ai la bague de l’ingénieur! J’ai étudié le génie à l’université Mcgill et j’y suis resté assez longtemps parce que je jouait dans le groupe en plus d’étudier. Le groupe était supposé seulement être un loisir; j’étais sensé devenir un ingénieur! Le premier bassiste du groupe est devenu un ingénieur et a ensuite quitté le groupe pour travailler! [rires] Je n’utilise pas vraiment les aspects techniques de ma formation d’ingénieur, mais je crois que j’approche les problèmes avec la façon de penser de l’ingénieur qu’on m’a enseigné à l’école. Par contre, ça ne me dérangerait pas de me faire rembourser une partie du 40 000 $ que ma formation m’a coûté! [rires]




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.